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A la poursuite des rêves en Bolivie

Après presque trois mois à sillonner l'Argentine et le Chili le long de la cordillère des Andes, il est temps de grimper sur cette immense chaîne de montagne en rejoignant l'Altiplano Bolivien.

Pour quitter le désert d'Atacama dans le Nord du Chili, nous effectuons une expédition de trois jours à travers la région bolivienne désertique du Sud Lipez. L'occasion d'apprécier les fantastiques paysages de cette région et notamment le grandiose Salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel au monde. Notre voyage est également l'occasion d'échanger avec Irineo notre chauffeur bolivien aux rêves nombreux qui a vécu le développement du tourisme dans cette région si inhospitalière pour l’homme.

Après une courte escale à Uyuni, nous prenons la route de Potosi, l'une des plus importantes villes minières du monde. C'est ici que les plus grandes quantités d’argent ont été extraites par le Royaume d’Espagne et qui ont notamment permis l'émergence du système capitaliste en Europe dû à l'abondance de ce métal précieux. Nous nous plongeons dans le quotidien des mineurs qui occupent toujours la mine et avec qui nous entrons sous la montagne dénommée "Cerro Rico", une expérience glaçante quand on pense aux milliers de personnes qui sont mortes ici. Nous réalisons à Potosi le portrait de Grover un mineur d'une quarantaine d'années atteint de la silicose, la maladie respiratoire des mineurs. Son histoire poignante permet d’illustrer la dureté de ce métier et le fait que même à l’heure actuelle des gens continuent de mourir à la mine.

Nous reprenons ensuite la route en direction de Sucre, la capitale politique du pays. Là nous passons une semaine durant laquelle nous effectuons une mission de bénévolat auprès d'une école pour les jeunes enfants des familles pauvres de la ville. Nous faisons la rencontre de nombreux enfants avec lesquels nous partageons notre projet. Nous organisons même un atelier de plusieurs heures avec une quarantaine d’entre eux durant lequel nous les faisons dessiner leurs rêves pour le futur avant de les faire parler un par un sur ce sujet. Mais le moment le plus marquant de notre semaine à Sucre restera notre journée avec Gladys, une bolivienne ayant dédiée sa vie au soutien des enfants les plus pauvres vivants en périphéries des villes et étant complètement délaissés par leur famille et l’Etat bolivien. Chaque jour avec un minibus appelé l’école mobile, elle se rend dans un quartier différent et propose un temps d’éveil et de soutien scolaire dans la rue pour de nombreux enfants. Notre rencontre avec José-Manuel et Alejandro, deux de ces enfants est un moment riche en émotion.

Après cette semaine à Sucre, nous prenons la route pour La Paz, la capitale du pays. Là nous sommes accueillis chez Sergio, un jeune bolivien d’une trentaine d’années que nous avons rencontré grâce au service d’échange de maisons GuesttoGuest. Nous passons une petite semaine à La Paz avec notre hôte qui nous partage ses rêves et son quotidien de jeune entrepreneur puisqu’il vient d’ouvrir un restaurant gastronomique dans la ville. Nous apprenons donc quelques recettes et faisons la rencontre sur les marchés de El Alto de Norma, Rosmery et Benita des vendeuses ambulantes qui nous partagent leurs rêves et leurs histoires.

Après un rapide passage à Tiwanaku, capitale d’une des plus importantes civilisations pré-Incas de la région, nous nous rendons à Copacabana sur les rives du lac Titicaca, le plus grand lac en altitude du continent. Il est notamment connu comme étant le berceau de la civilisation Incas puisque selon la légende, c’est d’ici que serait sorti le premier roi Inca. Nous visitons la fameuse « Isla del Sol » où nous faisons la rencontre de Luz-Clara, une toute jeune maman aux rêves très pragmatiques.

Notre séjour en Bolivie touche déjà à sa fin. Après presque un mois à sillonner le pays, nous retiendrons bien plus que la beauté des paysages boliviens. En effet, les multiples rencontres que nous avons réalisées nous ont permis de mettre des histoires sur les nombreux visages souvent fermés que nous avons croisés. En Bolivie, la vie est rugueuse et le niveau de développement du pays reste très bas malgré les efforts du gouvernement Morales pour améliorer la situation. En quittant la Bolivie, nous sommes envahis par l’idée de revenir dans quelques années visiter de nouveau ce pays afin de constater son évolution qui nous l’espérons sera positive.