Return to site

Un voyage à travers les rêves chiliens !

Retour sur notre périple du sud au nord du Chili, le long de la cordillère des Andes, durant plus d’un mois et demi, en stop et chez l’habitant avec GuesttoGuest

Après notre escapade en Terre de feu argentine, nous arrivons au Chili par le sud aux alentours de mi-février avec l’ambition de remonter le pays le long de la cordillère des Andes jusqu’au nord, un voyage de plus de 4000 kilomètres. Il nous faut d’abord traverser le fameux détroit de Magellan, que le grand navigateur portugais découvrait il y a plus de 500 ans et qui lui permettait de réaliser son pari fou, faire le tour du monde. A croire que nous ne sommes pas les premiers à avoir ce genre de rêve..

Nous arrivons alors à Punta Arenas, le tout premier comptoir chilien en Patagonie. La ville est cependant toute jeune, comme l’ensemble des villes patagoniennes, puisqu’elle date seulement du début du XIXème siècle. Nous sommes accueillis par notre contact GuesttoGuest, la famille de Louis et Stephany (retrouvez leur portrait), un jeune couple dont leur rêve de vie commune à dépasser les frontières d’Amérique du Sud et les problèmes géopolitiques au Venezuela. Notre passage à Punta Arenas est également l’occasion de recueillir des premiers avis sur la dictature militaire de Pinochet qui s’est terminée au début des années 90 au Chili. A notre grande surprise, plusieurs personnes semblent regretter cette époque et vouent un réel culte envers la personnalité du général.

Nous prenons ensuite la route en direction de Puerto Natales, comme en Argentine, nous décidons de voyager à l’aide de notre pouce afin de pouvoir observer les paysages, de rencontrer des locaux et surtout de vivre une aventure différente. A notre arrivée dans cette petite ville du sud de la Patagonie chilienne, nous sommes agréablement surpris par le charme que celle-ci dégage. Nous résidons dans une famille, l’occasion de goûter le Curanto, un plat typique chilien à base de différents types de viandes, de fruits de mer et de patate, c’est délicieux ! A Puerto Natales, nous faisons également la connaissance d’autres voyageurs dont 3 français, Florian, Anaïs et Clara avec qui nous allons faire par la suite un bout de chemin à différents endroits au Chili et en Argentine. Mais Puerto Natales, c’est surtout la porte d’entrée vers l’un des parcs nationaux les plus connus au monde, le Torres del Paine.

Nous faisons donc en stop la centaine de kilomètres qui nous séparent du parc national pour entamer ce qui doit être un grand moment de notre séjour en Patagonie chilienne sur les chemins du trek du W. Malheureusement, les choses vont être plus compliquée que prévu : un système de réservation obligatoire pour camper dans le parc national vient d’être mis en place et il est impossible de dormir sur place sans réserver plusieurs mois à l’avance. Avis aux amateurs, prenez vos dispositions... De plus, comme souvent dans le parc, le beau temps n’est pas vraiment au rendez-vous. Nous décidons de nous lancer tout de même dans l’ascension des Torres et après quelques heures de marche et quelques minutes de négociations avec un garde-parc nous pouvons camper près de celle-ci. Néanmoins, le mauvais temps ne nous permettra pas d’entrevoir les fameuses Torres. Sur ce camp, nous faisons la rencontre d’un couple d’espagnol, Laura et Xavi, que nous allons retrouver à de nombreuses reprises lors de notre séjour en Patagonie.

Après cette péripétie nous mettons le cap sur la Patagonie argentine et profitons bien plus facilement du fantastique Parc national des glaciers où se trouve le fameux Fitz Roy. Nous voilà de retour au Chili, cette fois plus au nord, sur la fameuse carretera austral à Chile Chico, une charmante petite ville près du lago General Carrera, le deuxième plus grand lac d’Amérique du Sud. Nous faisons la rencontre de Victor (retrouvez son portrait) qui avec sa famille a ouvert un camping aux valeurs écologiques qui nous intéressent beaucoup.

Le lendemain, nous décidons de poursuivre notre route en stop sur la carretera austral. Néanmoins, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l’idée de faire du stop sur ces routes de terre où les bus sont quasi inexistants. Malgré le fait que nous soyons les premiers d’une longue file d’auto-stoppeurs, il nous faudra attendre plus de cinq heures avant d’embarquer à bord d’une voiture. Cela nous laissera le temps d’observer une magnifique éclipse de lune visible uniquement depuis la Patagonie. D’ailleurs, le hasard faisant bien les choses, nous embarquons ensuite dans une voiture pleine d’astronomes où nous faisons la connaissance notamment de Santiago (retrouvez son portrait), qui nous partage sa passion pour les étoiles, le long de la route autour du lago General Carrera qui nous mène à Puerto Rio Tranquilo.

Après, ce long voyage, nous trouvons un camping dans cette toute petite ville de 600 habitants du fin fond de la Patagonie, mais la chance n’est pas avec nous et nous avons le droit à trois jours de pluie. Cela ne nous empêche tout de même pas d’aller visiter les magnifiques grottes de marbres qui se trouvent sur le lac General Carrera, un phénomène naturel dû à l’érosion de la roche, qui remonte à plusieurs milliers d’années.

Au moment de quitter Puerto Rio Tranquilo, nous décidons de faire appel à nos amis astronomes. En effet, les conditions climatiques et surtout les files d’auto-stoppeurs que nous avons vues la veille, nous ont découragé de poursuivre seul notre chemin. Par chance, ces derniers partent le même jour que nous et remontons en direction de Coyhaique la capitale de la Patagonie Chilienne. Là nous sommes accueillis par José-Manuel (retrouvez son portrait), sa femme Sandra (retrouvez son portrait) et leurs enfants Paola (retrouvez son portrait) et Emilia (retrouvez son portrait) que nous avons rencontrés grâce à GuesttoGuest. Nous passons plusieurs jours dans cette adorable famille qui nous partage sa passion pour la musique et l’art chilien, l’occasion pour nous de découvrir des artistes complets comme Violeta Parra ou Victor Jarra.

Nous continuons ensuite notre remontée du Chili jusqu’au petit port de Puerto Cisnes où après trois jours de camping de nouveau sous la pluie, nous embarquons dans un bateau qui pendant plus de douze heures remonte les fjords pour nous amener sur l’île Chiloé. Cette île, grande comme deux fois la Corse possède sa propre histoire et sa propre culture et nous comptons bien essayer de la découvrir. A l’arrivée du bateau à Quellon, nous décidons de remonter directement en stop à Castro la capitale de l’île, où nous attend Claudia, un contact obtenu via GuesttoGuest. Cette dernière nous explique la mythologie de l’île et nous apprend que la totalité de l’économie de celle-ci dépend exclusivement de l’élevage du saumon qui fait des ravages sur l’écosystème local. Nous explorons pendant quelques jours l’île où nous sommes notamment marqués par les magnifiques églises coloniales en bois que l’on trouve un peu partout.

Nous regagnons ensuite le continent à Puerto Montt, la plus grande ville du sud chilien, c’est un peu un retour à la civilisation après plus d’un mois en Patagonie. Lors de notre voyage en stop, nous avons tour à tour embarqué avec un chauffeur de camion transportant des moules destinés à l’exportation puis un dirigeant d’une grande entreprise d’exportation de moules, l’occasion de vivre en direct la mondialisation et surtout d’avoir des points de vus différents très intéressants sur ce qui constitue un des piliers de l’économie du Chili, la pêche.

A Puerto Montt, nous sommes accueillis comme des rois par Sandra (retrouvez son portrait) qui nous fait découvrir le vin chilien, le fameux cépage carménère disparu en France que nous dégustons avec de délicieux fruits de mer. Après nous avoir partagé ses rêves d’entrepreneuriat, elle nous prête même sa voiture pour que nous explorions la région du lac llanquihue. Nous découvrons donc les petites villes coloniales allemandes de Puerto Varas et Frutillar et les volcans Osorno et Chacabuco, le temps d’une journée, c’est magnifique, même si encore une fois le soleil n’est pas de la partie.

Après un nouveau passage en Argentine, nous retrouvons le Chili à Pucon, une petite ville touristique qui se trouve dans la région des lacs au sud du pays. Nous sommes accueillis par Alvaro (retrouvez son portrait), un chilien qui partage sa vie entre Santiago et le calme de Pucon que nous avons rencontré via GuesttoGuest. Nous profitons de cette superbe ville au bord du lac et surtout près du volcan Villarrica que nous avons la chance d’escalader jusqu’à son sommet, à plus de 2847 mètres où nous observons le magma en fusion, un spectacle unique dans une vie ! Nous partageons également un déjeuner avec Rosario (retrouvez son portrait ici), une mapuche qui nous fait découvrir la culture ancestrale des premiers habitants du sud du Chili. Après une journée de trekking et dans les thermes de la région avec notre hôte, il est déjà l’heure de poursuivre notre voyage vers le nord.

Cette fois un voyage de plus de 14 heures nous attend à bord notamment d’un camion transportant plus de 40 vaches qui se rend à l’abattoir à Santiago, et autant vous dire que dans ces conditions le voyage est long et vous fait réfléchir sur les conditions de vie des animaux ! En arrivant de nuit à Santiago, nous sommes reçus chez Esteban notre hôte GuesttoGuest dans la capitale chilienne.

Le lendemain nous prenons de nouveau la route pour Valparaiso, une ville portuaire située sur l’océan Pacifique qui ressemble étrangement à Marseille. Nous profitons de l’ambiance bohème des Cerro Alegre et Conception et nous retrouvons un ami marseillais, Guillaume qui lui voyage du nord au sud de l’Amérique latine. Lors de notre séjour à Valparaiso, nous sommes accueillis par Helga que nous avons rencontré grâce à GuesttoGuest. Valparaiso est encore une fois un exemple de l’importance de l’économie maritime du Chili, un pays coincé entre la cordillère des Andes et l’océan.

Après quelques jours, nous sommes de retour à Santiago chez Esteban (retrouvez son portrait ici). Ce dernier travaille en tant que représentant syndical pour le ministère et nous parle de ses rêves et de l’influence de la dictature sur sa vie professionnelle et personnelle. Nous faisons par ailleurs la rencontre de Raul (retrouver son portrait ici), un chef d’entreprise, fils d’un ancien ministre opposant à Pinochet qui est aujourd’hui engagé dans une communauté de soutien aux plus démunis qui aide par exemple à construire des maisons pour ces derniers. C’est par exemple le cas de Erika (retrouver son portrait ici) avec qui nous partageons un moment très agréable. A Santiago, nous faisons également la rencontre de la sœur Karolina Meyer qui a dédié sa vie à combattre la pauvreté et qui est considérée comme la mère Teresa de l’Amérique du Sud. Tout au long de notre séjour au Chili et plus particulièrement à Santiago, nous sommes frappés par le rôle central qu’a joué la dictature dans la vie de nombreux chiliens.

Toujours à Santiago, nous changeons ensuite de quartier puisque Courtney, une de nos amies des Etats-Unis nous a rejoint pour partager quelques jours de notre aventure au Chili. Nous nous rendons donc chez Karola (retrouver son portrait ici) et Andres (retrouver son portrait ici), un incroyable couple avec qui nous passons des moments extraordinaires. Ces derniers habitent une magnifique demeure dans le Barrio Yungay, un quartier bohème et où nous nous sentons comme à la maison mais il faut tout de même repartir. Avant cela, nous faisons la rencontre Rakel (retrouvez son portrait ici) une jeune immigrée Vénézuélienne qui est pleine d'énergie.  

Après un passage par le nord de l’Argentine, nous faisons une dernière incursion au Chili à San Pedro d’Atacama, le passage de la frontière argentine ne se fait pas sans difficultés (cf. article sur l’Argentine) mais nous arrivons finalement dans la petite ville du désert Chilien qui est l’endroit le plus sec du monde à une altitude d’environ 2500 mètres. Nous explorons à vélo les merveilles naturelles de cette région dont notamment la quebrada del diablo, el tunnel ou encore la vallée de la muerte.

Voilà, il est l’heure de faire nos adieux au Chili, nous avons été marqués par la gentillesse et par l’accueil des locaux qui souhaitent partager leurs cultures. Notre pari de remonter le pays en stop est réussi et c’est la tête remplie de souvenir que nous prenons la route pour le fameux altiplano Bolivien où notre chasse aux rêves va se poursuivre… à suivre !

Nous avons particulièrement aimé :

Les paysages à admirer :

- La carretera austral en patagonie

- La région des lacs et ses volcans

- Les quartiers bohèmes de Valparaiso

- Le barrio Yungay de Santiago

- Le désert d’Atacama

Plats à déguster :

- Los Mariscos, les fruits de mer : moules, huitres, oursins, etc.

- Ceviche, poisson blanc ou saumon cuit au jus de citron

- Manjar, le dulce de leche

- Les multiples empanadas au boeuf (carne), au poulet (pollo) ou au queso (fromage)

- Curanto, ragout de viandes, fruits de mer et différentes sortes de pommes de terre

- Le Carménère, vin rouge chilien

Films à voir :

- Machuca

- Neruda- Gracias Márquez Clandestino en Chile

- Violeta se fue a los cielos

- Historia del fútbol

- Nostalgia de la luz

- Subterra (mina de carbón)

- Mi mejor enemigo

Musiques à écouter ou sur laquelle danser :

- Illapu - Sobreviviendo
- Vicentico - Los caminos de la vida

- Mon Laferte - Amarrame

- Violeta Parra

- Victor Jarra
- Los Jaivas

Livres à lire :

- Patricia Verduro, Los zarpazos del puma

- Isabelle Allende, La casa de los espiritus

- Luis Sepulveda, Le vieux qui lisait des romans d'amour
- Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu

- Gabriela Mistral,

Vous pouvez également retrouver les différentes vidéos que nous avons réalisées et publiées sur notre page facebook :

- Le Sud du Chili
- Volcan Villarrica
- Le Nord du Chili

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly