• Portraits de rêveurs chiliens

    Raul - Santiago – Chili
     

    "Je suis né en 1959 à la campagne près de Santiago du Chili et suis l’ainé d’une fratrie de 5 enfants. Mon père a toujours eu une vocation politique, il était très engagé sur la scène nationale. Il a été ministre à partir de 1964 dans le gouvernement progressiste d’Eduardo Frei jusqu’à ce que Salvador Allende soit élu en 1970. J'avais 13 ans lors du coup d’Etat militaire de Pinochet en 1973 et j’en avais 30 lors de la fin de la dictature en 1990. Comme toute ma génération mon histoire est très liée à l’histoire politique et sociale du Chili des cinquante dernières années. Mon rêve d’enfant était de participer à une société plus juste. Cela vient probablement de l’éducation catholique que j’ai reçue dans un environnement où toutes les classes sociales se mélangeaient. En 1976, je suis entré à l’université où j’ai étudié l’économie. Après avoir été diplômé, j'ai travaillé deux ans dans le secteur bancaire au Chili mais ça ne me plaisait vraiment pas, ce n’était pas en adéquation avec mes valeurs. A la fin je suis tombé dans une profonde dépression qui m’a obligé à tout arrêter. Entre temps, j’ai rencontré ma femme et nous nous sommes mariés en 1983. L’année suivante à nos 24 ans, nous avons décidé de quitter le Chili pour aller vivre en Espagne où j’ai effectué un MBA à Barcelone. C’était une période très intéressante en Espagne car c’était la fin de la dictature de Franco et le pays vivait une profonde transformation. Là-bas, je suis devenu enseignant et j’ai eu le premier de mes quatre enfants. En 1987, nous sommes rentrés au Chili où j’ai continué à donner des cours à l’université. A cette époque, une partie du pays menait un combat très intense contre l’ère Pinochet en faveur de la démocratie. Moi, je n’ai pas choisi le combat politique comme mon père mais je me suis fortement engagé dans la société civile. Je sentais que la façon de faire bouger les lignes de mon pays était d'aider les entrepreneurs car j’étais convaincu que l'esprit d'entreprise était un moteur pour notre société. J’ai donc commencé à développer un fond de capital risque pour aider les petits entrepreneurs et j’ai créé une fondation pour favoriser le développement de l’entrepreneuriat au Chili. J’ai toujours eu une forme de lutte intérieure avec mon père, j'ai exactement le même prénom que lui et le fait qu’il ait été un des personnages politiques les plus importants du pays ne m’a pas aidé à me construire ma propre identité. Mais mon engagement auprès des entrepreneurs a révélé ma vocation : être un pont entre des mondes différents, entre la politique et la société civile, entre l’économique et le social, entre les riches et les pauvres. J'ai désormais 57 ans, je suis membre Fondacio, une communauté chrétienne qui lutte contre la pauvreté au Chili. Je suis également toujours à la tête de ma fondation pour développer l’entrepreneuriat au Chili. Aujourd’hui, mon rôle est d'accompagner le nouveau et de faire place à la nouvelle génération. J'aime beaucoup les entrepreneurs sociaux qui émergent, car ils ont une vision très forte, de très bonnes idées et des outils très puissants pour résoudre des problèmes de société. Chaque année, je vais dans un monastère pour m’arrêter et penser. Mon rêve pour l'avenir est d’approfondir mon service pour les autres en me battant contre les inégalités dans mon pays. Pour cela, je vais bien évidemment continuer mon engagement auprès des entrepreneurs, dans la communauté catholique mais je pense aussi à m’engager plus comme facilitateur dans le domaine politique."

    Erika - Santiago – Chili

     

    "Je suis née à Santiago dans une famille modeste qui n’avait pas beaucoup de ressources financières mais qui avait beaucoup de valeurs. Lorsque j’étais petite, mon père a dû s’exiler au Vénezuela pour fuir la dictature de Pinochet car il risquait sa vie. A cette époque, mon grand rêve était d'être heureuse en ayant ma famille réunie mais ce n’était pas possible. J’ai alors décidé de tout faire pour améliorer ma situation en partant de zéro. J’ai étudié jusqu’au lycée, puis j’ai commencé à travailler en tant que vendeuse. A mes 21 ans, j'ai eu mon premier enfant, puis j’en ai eu deux autres par la suite. Aujourd’hui j’ai 50 ans, je travaille beaucoup pour permettre à mes enfants d’étudier et de grimper sur l’échelle sociale. Depuis plusieurs années, je rêve d'avoir une maison digne car je ne vis plus avec mon ex-mari. Je suis donc entrée en contact avec la Fundació, une communauté de bienfaisance qui aide les plus démunis à Santiago et dans d’autres endroits du monde. Ils ont cru en moi et ont accepté de m’aider pour me construire un logement dans lequel je puisse avoir une vie paisible. Mon rêve pour l’avenir est d’être en paix avec moi-même et je rêve par dessus tout, que mes enfants soient heureux, et suivent leur propre chemin."

    Rakel - Santiago – Chili
     

    "Je suis née à San Juan de los Morros au Venezuela. Lorsque j’étais petite je vendais des accessoires de mode à toutes mes copines, j’étais très créative ! A 17 ans j’ai commencé à rêver de découvrir le monde, je pense que c’était lié à la situation compliquée du Venezuela, j’avais besoin de voir quelque chose d’autre. Alors, avec des amies, nous avons décidé d'aller en Argentine pour découvrir Buenos Aires. Pour payer le billet qui était très cher, j’ai utilisé tout l'argent que j’avais gagné de la vente de mes accessoires de mode. Ce voyage c’était comme un rêve et en rentrant je n’avais qu’une envie : repartir ! Ce n’est pas commun pour une venezuelienne de voyager car la situation économique et politique de notre pays ne nous le permet pas. Mais j’ai travaillé dur et au bout de quelques mois, je suis repartie sur la route. Cette fois au Pérou, en Bolivie et au Chili. Mon séjour au Chili a été un coup de cœur, j’ai adoré la culture et les gens que j’ai rencontrés. J’ai donc commencé à rêver de m’installer là-bas avec mes proches. Quand je suis rentrée au Venezuela j’ai obtenu une bourse qui m’a permis de faire un échange de six mois en Asie, c’était une expérience fantastique. En revenant au début de l’année 2015, la situation politique du Venezuela s’était encore dégradée et nous avons décidé avec mes parents et ma sœur de partir vivre au Chili, j’avais 22 ans. En arrivant à Santiago, il y a 8 mois, nous avons ouvert notre propre restaurant de cuisine vénézuélienne pour faire découvrir notre culture aux chiliens. Nous sommes désormais neuf personnes à travailler dans ce restaurant. Chaque jour je me réveille et je réalise la chance que j’ai de pouvoir vivre mon rêve dans un pays dans une situation stable. Mon rêve pour l'avenir est de continuer à voyager dans le monde, j’aimerais aller en Afrique notamment. Pour ce qui concerne notre entreprise familliale, mon rêve est que nous ayons plusieurs restaurants dans tout Santiago et que nous soyons reconnus pour notre travail."

    Karola - Santiago – Chili

     

    "Quand j'étais jeune mon rêve était d'être architecte parce que j'adorais faire des plans et créer de nouvelles choses. À l'université j'ai été orientée vers le design graphique par mes professeurs. J'ai travaillé plusieurs années dans ce domaine avant que mon père ait besoin d'aide dans la gestion de l'entreprise familiale d'importation de produits culinaires. En 2004, j'ai donc décidé d'aller vivre à Santiago pour travailler avec mon père. En arrivant ici, j'ai tout de suite rêvé de restaurer une maison patrimoniale, je pense que ça doit être lié à mon rêve d'enfant d'être architecte. Avec mon compagnon, nous avons donc acheté il y a 3 ans une maison dans le barrio Yungay, l'un des plus anciens de Santiago. On a appelé notre maison Amanda comme le titre d'une chanson qu'on adore. Elle fait 220 mètres carrés et dispose de 3 chambres et 2 terrasses. C'est comme une île au milieu de la ville. En allant voir les plans en mairie pour les travaux on a appris qu'elle avait été bâtie en 1920 par un architecte très reconnu à Santiago, ça a donné plus de valeurs à notre travail. Ca va faire deux ans que nous avons emménagé dans cette maison et on adore le quartier même si au début nos amis ne comprenaient pas pourquoi nous venions vivre ici. C'est un endroit multiculturel où les vieilles maisons côtoient les graffitis et surtout où tout le monde se connaît. Mon rêve pour l'avenir est que le quartier continue à être restauré pour qu'il retrouve son charme d'antan et qu'on en profite le plus longtemps possible."

    Andres - Santiago – Chili

     

    « Mon rêve lorsque j'étais enfant était d'avoir une vie pleine d'aventures, j'adorais lire, je m'identifiais aux héros de mes livres préfèrés qui avaient des histoires remplies de rebondissements. Je suis né à Vina del Mar en 1973, l’année du coup d’état millitaire au Chili. Mes parents se sont rencontrés très jeunes et ont eu 2 enfants avant de se séparer lorsque j’avais 13 ans. Mon père est parti vivre en Europe puis aux Etats-Unis et je ne l’ai pas revu pendant plus de 30 ans. A l’université, j'ai étudié l’art, mais au Chili il n'y a pas de qualification reconnue pour ces études. Alors, j’ai commencé à travailler dans la vente. Ca m’a rapidement plus et j’étais plutôt bon pour cela. J’ai vendu des livres, des lunettes et tout un tas d’autres choses. Il y a douze ans j’ai rencontré Karola, l’amour de ma vie. Nous rêvions d'avoir une vie indépendante et pleine d’aventures. Nous nous sommes installés à Santiago et le temps et passé vite. Nous n’avons pas eu d’enfants ensemble, c’était notre choix. Lorsqu’on n’a pas d’enfants, la vie de couple est complètement différente, il faut apprendre à connaître l’autre et vivre avec lui et personne d’autre. Depuis quelques mois, avec un ami, nous sommes en train de créer notre propre entreprise d’optique. Après avoir travaillé de nombreuses années pour d'autres, j’ai compris que je devais faire quelque chose pour moi. Mon rêve pour le futur est de toujours avoir une vie pleine d'aventures mais j’ai désormais compris que la plus grande aventure c’est la vie, il faut profiter de chaque instant. »

    Esteban - Santiago – Chili

     

    « Lorsque j’étais petit je rêvais de savoir ce qui se cachait derrière la cordillère des Andes, j’ai toujours été très curieux, je voulais tout savoir, tout comprendre. Je suis né en 1966 dans une famille de classe moyenne, mon père m’a transmis cette curiosité et l’envie de gravir sur l’échelle sociale en faisant des études. J’avais 7 ans lors du coup d’Etat militaire de Pinochet, toute mon enfance et mon adolescence a été grandement influencée par la dictature. En 84, je suis entré à l’université du Chili pour étudier l’administration publique car j’avais envie de faire carrière dans le domaine public. Le problème c’est que le pays était toujours entre les mains des militaires. A cette époque, mon rêve était que Pinochet quitte le pouvoir et je me suis fortement engagé pour cela. A l’université, c’était une période d’effervescence, toute une génération d’étudiants n’avait qu’une idée en tête lutter contre Pinochet. Je me rappelle de la joie que j’ai ressentie après la victoire du « No » au plébiscite de 89 qui a entrainé le départ de Pinochet de la présidence du Chili. Après cela, ça a été un peu difficile parce que toute mon énergie était dédiée à la résistance contre Pinochet, il a donc fallu que je me réinvente. J’ai commencé à travailler pour le ministère de la défense, je me suis marié et j’ai eu deux enfants. Ma vocation a toujours été de servir les autres, c’est pour cela que j’ai choisi de travailler dans le domaine public. Depuis 3 ans j’ai commencé à m’impliquer dans le monde syndical et je suis aujourd’hui le représentant de tous les employés du ministère de la défense. J’aime faire cela car je me sens utile, je peux défendre les droits de mes collègues et faire avancer les choses. Mon rêve pour l'avenir est d’avoir un certain équilibre entre mon engagement en faveur des autres et le temps que je consacre à mon développement personnel. Je suis toujours aussi curieux que quand j’étais petit et j’essaie de nourrir cette curiosité grâce à la lecture, le cinéma, ou en recevant des gens du monde entier chez moi avec GuestToGuest. »

    Rosario – Pucon - Chili

     

    "Je suis née en 1951 dans la communauté Mapuche « Manuel Huaiquivil » qui se trouve sur l'île Quelhue près de Pucon. Lorsque j'étais petite mon rêve était d'avoir ma propre maison pour être autonome et vivre loin de mes parents. Mon père a toujours été très strict avec moi, lorsqu'il avait décidé quelque chose je ne pouvais pas faire autrement. Moi, j'étais très différente de mes frères et sœurs, j'étais curieuse, je voulais tout comprendre, je passais mon temps à parler avec les anciens de la communauté... J'avais 15 ans quand mon père a offert ma main à une personne beaucoup plus âgée que moi que je ne connaissais pas. Ca a été un énorme choc lorsque je l'ai appris, comme je ne le voulais pas, j'ai décidé de m'enfuir et d’aller me réfugier à Pucon. Ce fut une époque très difficile, je parlais très peu espagnol et les gens n'aimaient pas les Mapuches. J'ai alors vécu avec une famille, je m'occupais des enfants et des tâches ménagères, c'était beaucoup de travail mais ça m'a permis de survivre. Mon père était très en colère, il ne m'a jamais cherché et ne voulait plus me revoir. A mes 18 ans, après 3 ans hors de la communauté, je suis allée voir le "Lonco", le chef de la communauté, pour lui proposer mes services. Je parlais bien l'espagnol et je connaissais la vie en ville ce qui était rare pour une Mapuche. J'ai donc commencé à aider le « Lonco » et en retour il est allé parler à mon père pour que je puisse revenir à la maison familiale. Grâce à cela, j’ai pu retourner chez mes parents, mais c’était très difficile, ma mère est tombée malade et mon père ne m’a jamais pardonné. En 1971, le volcan Villarrica est entré en éruption, c’était un signal de la nature que ma vie allait changer. Cette année-là, je continuais à travailler à Pucon. En faisant les allers retours entre la ville et l’ile j’ai rencontré mon futur mari. Il était « Botero » celui qui manoeuvre le bateau pour traverser la rivière. Il est tombé amoureux de moi et a demandé ma main à mon père. Nous nous sommes mariés en 1972, j’avais 21 ans. Son grand-père nous a offert un terrain pour notre mariage. Au bout de 3 ans, nous avons eu notre premier enfant. Cela fait maintenant 44 ans que nous sommes mariés, nous avons eu 7 enfants et désormais 14 petits-enfants. Durant toutes ces années, nous avons beaucoup travaillé, nous avons construit notre maison, élevé nos enfants et cultivé la terre. Dans la culture Mapuche, la nature est très importante, nous la célébrons et l’aimons. Nous vivons à 100% de ce que nous offre la terre, nous n’achetons rien au supermarché. En 1975 nous avons commencé à vendre nos produits sur un marché local. Une quinzaine d’années plus tard, j’ai commencé à voir beaucoup de touristes sur ce marché qui nous posaient beaucoup de questions sur notre culture. Je sentais que le regard des gens sur les mapuches avait changé. J'ai commencé à rêver de recevoir des touristes dans notre maison pour leur faire découvrir nos rites et nos coutumes. Je suis alors allé voir le « Lonco » pour lui parler de mon projet, mais il ne voulait pas d’étrangers dans la communauté. Après plusieurs tentatives de le convaincre, j'ai décidé de le faire tout de même sans son accord. Désormais, je mets tout mon cœur à recevoir des gens à manger ou dormir chez moi, cela nous permet de faire découvrir notre culture.
    Tout au long de ma vie, j’ai eu beaucoup de rêves, on les appelle « Peumas » en mapuche. Désormais, avec le mode de vie des jeunes de la communauté, une grande partie de notre identité se perd. Mon rêve pour l'avenir est que cette identité se perpétue, que les jeunes connaissent notre langue, notre histoire. C’est pour cela que je vais parfois à l'école pour enseigner nos traditions à tous les enfants qu’ils soient mapuche ou non."

    Sandra – Puerto Montt – Chili

     

    "Lorsque j’étais petite je n’avais pas conscience qu’il était important de faire des études pour avoir une bonne situation sociale. J’ai grandi dans une famille modeste de Puerto Montt, la plus grande ville du sud du Chili dans la région des lacs. Après le lycée, j’ai rapidement arrêté les études car ma famille n’avait pas les moyens de payer les frais de scolarité. Au Chili les études supérieures coûtent très chères et à mon époque il n’y avait pas de bourses pour étudier. Entre mes 22 ans et 29 ans j’ai fait beaucoup de petits boulots, je me suis marié et j’ai eu ma fille, l’amour de ma vie. Pendant toute cette période, je rêvais d’améliorer ma situation économique mais ce n’était pas possible sans diplôme. Alors à 29 ans, j'ai décidé de prendre des cours du soir en commerce extérieur. J’ai étudié pendant six ans avant d’être diplômée en 2007. C’était l’aboutissement de mon rêve, je pouvais enfin postuler pour un travail plus stable. A Puerto Montt le commerce maritime est très développé, alors j’ai rejoint une entreprise d'exportation de saumon pour gérer la partie administrative. Grâce à ce nouveau travail et à l’aide de mon mari, nous pouvons désormais financer les études de médecine de notre fille à l’Université du Chili de Santiago, c’est l’une des meilleures de tout le pays. Je travaille environ 45 heures par semaine et un week-end sur trois mais j’estime que j’ai de la chance car j’ai de bonnes conditions. Mon rêve pour l'avenir serait de pouvoir créer ma propre entreprise car j’ai toujours voulu créer quelque chose qui m’appartienne. J’ai plusieurs idées, lorsque nous aurons terminé de payer les études de ma fille, je pense que ça sera le bon moment pour me lancer."

    Alvaro – Pucon - Chili

     

    « J’ai eu la chance d’avoir une enfance heureuse à Conception dans le sud du Chili. Mes parents m’ont toujours accompagné dans mes choix et m’ont ouvert la voie vers le bonheur. Lorsque j’étais petit je rêvais d’être heureux comme eux. Ce qui me rendait heureux c’était le sport et la nature. Je suis ensuite allé à l’université à Santiago pour étudier la géographie et devenir cartographe. Pendant 15 ans, j’ai analysé les mouvements de la terre dans tout le Chili afin de mettre à jour les coordonnées GPS. Entre-temps, je me suis marié et j’ai eu deux filles, c’était la réalisation de mon rêve d’enfant car j’ai toujours voulu avoir une famille. J’ai très vite compris que les choses les plus simples de la vie sont les meilleures. J’ai toujours tout fait pour être heureux quoiqu’il se passe. Désormais, j’essaye d’éduquer mes filles par l’exemple, je ne leur dis pas ce qu’elles doivent faire mais je leur montre ce qui me semble être le meilleur selon moi. Il y a quelques années, j’ai décidé de quitter Santiago pour m’installer à Pucon, une petite ville touristique de la région des lacs du Chili. La vie ici est beaucoup plus tranquille et je suis près de la nature, des montagnes, des volcans, des lacs… Mon rêve pour l'avenir est de continuer à être heureux, vivre en bonne santé et profiter de mes filles et de mes futurs petits-enfants. »

    Santiago – Carretera Austral – Chili
     

    "Quand j'étais petit mon rêve était d'être astronaute, j'avais envie de voyager loin pour vivre une aventure et voir la terre depuis l'espace ! Cette envie d’aller le plus loin possible me vient peut-être du fait que j’ai beaucoup voyagé pendant mon enfance : après être né en Colombie, j’ai vécu en Belgique, puis en Allemagne avec mes parents avant de retourner en Colombie. Lorsque j'étais au lycée en Allemagne j'adorais la physique. J'ai donc décidé de faire des études en physique à l'université à mon retour en Colombie. À la fin de mon master, j’ai travaillé dans un accélérateur de particules à Chicago, aux Etats-Unis. Pendant toute cette période, j'ai toujours regardé les étoiles et je pense que mon rêve d'enfant s'est peu à peu transformé. En 2006, à 26 ans, j'ai décidé de faire un doctorat en astronomie à Toronto au Canada. À la fin de mes études j'ai commencé à travailler comme chercheur en astronomie au Chili. Ici l'astronomie est très active car on peut observer les étoiles d'une manière très précise car il y a des conditions exceptionnelles pour cela. La première fois que je suis allé dans un grand observatoire chilien et que j'ai observé les étoiles j'ai ressenti un sentiment incroyable ! Je me suis rendu compte de l'immensité de l'univers en observant la Voie Lactée et les autres galaxies qui nous entourent. Aujourd'hui encore, je suis toujours stupéfait par toutes les innovations qui sont au service de l'astronomie. Parfois je me demande quel est le sens de toutes ces recherches pourquoi utilise-t-on toutes ces ressources alors que dans certains endroits du monde les besoins primaires ne sont pas satisfaits. Et puis je me rends compte que l'espace est un rêve collectif pour l'humanité, c'est quelque chose de très importants qui nous permet d'aller vers le progrès. Il y a beaucoup de travaux qui sont essentiels comme par exemple la recherche de la vie extra-terrestre qui pourrait être une solution au réchauffement climatique. Dans mon métier, ce qui me passionne, c'est l'éducation, la transmission du savoir au grand public car il y a beaucoup de curiosité sur nos sujets. Aujourd'hui il y a eu une éclipse visible depuis la Patagonie, et je pense qu'il est important d'expliquer aux gens le mouvement des astres et c'est pour ça que je suis ici. Mon rêve pour l'avenir c'est d'approfondir cette partie de la transmission du savoir dans mon métier. J'ai envie en tant que scientifique de permettre aux êtres-humains de se rapprocher de la nature. Dans 3 mois, je déménage au Portugal avec ma compagne qui est également astronome après avoir vécu 5 ans au Chili. On commence un nouveau travail à l'université de Lisbonne. C'est une nouvelle étape de notre vie, on va devoir tout reconstruire là-bas mais ce qui est sur c'est que je ne cesserai pas de regarder les étoiles."

    Emilia – Coyhaique - Chili
     

    "Je m'appelle Emilia, j'ai 7 ans, je vis à Coyhaique dans la capitale de la Patagonie chilienne près de la Carretera Austral. Mon rêve est d'être une danseuse quand je serai grande. J'adore danser, surtout la K-pop, une danse coréenne que j'ai découvert cet été. Mes parents aiment vraiment la musique et écoutent toujours des chansons à la maison alors moi ca me donne envie de danser."

    Paula – Coyhaique - Chili
     

    "J'ai toujours aimé dessiner. Lorsque j'étais petite mon rêve était d'être styliste car je dessinais les vêtements de mes poupées. Depuis toujours j'ai été attirée par l'art sûrement parce que mes parents m'ont toujours ouvert sur plein de choses. J'adore peindre, écrire ou encore faire du théâtre. Depuis peu j'ai commencé le cirque, je suis trapéziste. En fait, l'art c'est un peu ma façon de communiquer avec le monde. Je suis très inspirée par Violeta Parra une des plus grandes artistes chiliennes qui a eu une grande carrière dans la musique, la poésie ou encore la peinture. J'ai 15 ans et suis actuellement au lycée. Mon rêve serait d'étudier l'art mais je crains qu'il n'y ait pas beaucoup de débouchés dans ce domaine au Chili. Je pense que je vais donc aller à l'université d'architecture car ça me permettrait d'avoir un travail en lien avec le dessin tout en ayant une bonne situation. Par la suite je pourrais alors me consacrer à mes passions. Mon rêve est surtout d'arriver à avoir un travail où je ne sépare pas ma passion pour l’art et ma vie professionnelle. Je veux arriver à faire quelque chose qui me plaise et qui ait du sens pour moi !"

    José Manuel – Coyhaique - Chili
     

    "Je suis né à Santiago, la capitale du Chili. Lorsque j’avais 15 ans, mes parents ont déménagé dans le sud du pays, mon père était policier et ma mère travaillait dans un petit magasin. Lorsque j'étais petit, j'avais beaucoup de rêves, je voulais être astronaute, aviateur, policier ou encore avocat mais je pense que le lien entre tous ces rêves c'était que je rêvais de faire des études pour apprendre un maximum de choses ! Malheureusement j'ai quitté l'école à la fin du lycée parce que j'avais besoin d'argent en raison de la réalité économique au Chili. J'ai travaillé pendant 10 ans dans divers petits boulots avant de devenir agent d'accueil dans une banque. En 1997 j'ai rencontré ma femme Sandra, en 2002, nous avons déménagé à Coyhaique, la capitale de la patagonie chilienne. En arrivant ici, j'ai décidé de réaliser mon rêve d'enfant et de retourner sur les bancs de l'école en plus de mon travail pour être diplômé en administration publique. Il m'a fallu 11 ans pour obtenir ce diplôme en suivant des cours du soir. Être diplômé a été l'aboutissement d'une étape importante de ma vie. Depuis quelques mois, je fais un travail temporaire en attendant un emploi dans l'administration. Mon rêve pour l'avenir est de vivre tranquillement avec mes deux filles, ma femme et d’avoir une stabilité professionnelle. Pour cela, la première étape, c'est l'obtention de ce nouveau travail. Ensuite, je voudrais voyager avec ma famille et découvrir une autre partie du monde, c'est d'ailleurs pour cela que je me suis inscrit sur GuestToGuest."

    Sandra – Coyhaique - Chili
     

    "Mon rêve a toujours été d'être maman. Évidemment, j'ai eu d'autres projets, mais avoir des enfants a toujours été mon unique rêve. Je suis née dans le centre du Chili, mon père et ma mère tenaient un petit magasin de quartier. Ils travaillaient énormément et nous ne sommes partis qu'une seule fois en vacances ensemble. Alors, enfant mon rêve était de pouvoir passer du temps en famille. Après le lycée, j'ai étudié deux ans le droit mais je ne suis pas allée au bout. En 1998 à mes 24 ans je me suis mariée, c'était un moment important car ça voulait dire que j'allais bientôt réaliser mon rêve d'être maman. Mais nous avons attendu 4 ans pour cela car nous voulions avoir une bonne situation. Je travaillais dans le système judiciaire en tant que greffière des audiences criminelles quand j'ai eu Paula ma première fille. Ce fut un moment très spécial et tout était fantastique. Quelque temps plus tard, lorsque avec mon mari, nous avons voulu être parents de nouveau, c'est là que tout s'est compliqué. J'essayais de tomber enceinte mais rien ne se produisait. Nous sommes alors allés voir un médecin, j'ai suivi un traitement et malheureusement j'ai fait 3 fausses couches d'affilées. Ce fut une période extrêmement difficile. Paula, notre fille nous demandait tout le temps d'avoir une petite sœur mais c'était impossible. Un beau jour alors que nous avions abandonné l'idée d'avoir un autre enfant, je suis tombée enceinte. Je ne m'y attendais vraiment pas, je venais de reprendre des cours pour être diplômée et avec mon mari on venait de lancer une petite entreprise pour arrondir nos fins de mois. La grossesse a été très difficile et jusqu'au bout, on ne savait pas si le bébé serait en bonne santé. Mais au final un petit ange, Emilia, est née en 2010. Mon rêve pour l'avenir est d'avoir une maison à la campagne et de pouvoir recevoir mes filles et mes petits-enfants."

    Víctor – Chile Chico - Chili
     

    "Je suis né dans un petit village de la Patagonie chilienne qui s’appelle Chile Chico près de la carretera austral. Ma famille est de la région, mon grand-père est venu il y a plus de 50 ans pour travailler dans les mines. Depuis tout petit, j’ai toujours aimé la nature, grimper des sommets, aller à la pêche, faire du kayak sur le lac. Aujourd’hui, j'ai 24 ans j'étudie la biologie à Valdivia, une ville au nord de la Patagonie. Chaque année il y a de plus en plus de touriste en été qui passe à Chile Chico. Alors avec mes parents, nous avons développé depuis 4 ans un camping dans le jardin de la maison familiale. C’est un projet génial, qui nous permet de rencontrer beaucoup de monde. Malheureusement, il y a de nombreux déchets qui sont produits avec tous les gens qui passent par ici. Avec ma famille, nous voulons avoir une entreprise responsable et en Patagonie la nature est la chose la plus importante dont nous disposons. Alors pour gérer nos déchets, nous avons décidé d'élaborer un plan de recyclage pour tous les produits en plastique, en verre et en aluminium, nous avons même créé un compost collectif. Ce compost produit de l’engrais pour les plantes du jardin dont j’adore m’occuper. Mon rêve pour l'avenir est de continuer à cultiver la terre et de travailler dans le tourisme de manière responsable. Ce que je voudrais c’est vivre en saison, une saison où je sème, une saison où j’accueille des touristes, une saison où je récolte et enfin une saison où je voyage."

    Camping : Kon-Aiken Turismo

    Stephany et Louis – Punta Arenas - Chili
     

    "Je suis née à Valencia au Venezuela dans une famille de classe moyenne. Lorsque j’étais enfant mon rêve était d'être gynéco-obstétricienne parce que je voulais participer à l’accouchement, le plus beau moment de la vie d’une famille. Quand j'avais 16 ans, j’ai un peu changé mes plans car ce métier demandait un trop gros investissement personnel et je voulais avoir du temps pour fonder ma propre famille. J’ai alors décidé d'étudier la psychologie à l'université. En avril 2015, j’ai rencontré Louis sur un site internet de rencontre. Louis est né à Punta Arenas, la ville la plus au sud de la Patagonie chilienne. Il a étudié pour devenir infirmier et à toujours rêver d’être docteur en ontologie. Il a un fils de 5 ans qui s’appelle Benjamin. Deux mois après nos premiers échanges en ligne, Louis est venu au Venezuela pour me voir et découvrir mon pays durant trois semaines. C’était un moment superbe où nous sommes devenus de très bons amis. En novembre de la même année je suis allée à mon tour à Punta Arenas pour trois semaines et nous avons commencé à sortir ensemble. Un mois plus tard, Louis me demandait en mariage. Pendant six mois, nous avons préparé le mariage à distance qui s’est déroulé le 23 juillet au Venezuela. C’était le plus beau jour de notre vie et la réalisation de notre rêve. Louis m’avait rejoint au Venezuela quelques semaines avant le mariage pour qu’on y vive ensemble et que je puisse terminer mes études de psychologie. Malheureusement la situation politique au Venezuela est devenue très mauvaise. Là-bas, il y a beaucoup de problèmes d’insécurité et il est très difficile de trouver les produits de base pour se nourrir. Au bout de quelques mois, nous avons donc décidé de venir vivre au Chili et de nous installer dans la maison de ses parents. Louis travaille à nouveau à l'hôpital de Punta Arenas, et moi j’attends l’an prochain pouvoir terminer mes études. Notre rêve pour l'avenir est de découvrir le pour quoi nous sommes sur cette terre. Cette question existentielle, on se la pose tous les deux probablement parce que nous sommes très croyants. Pour y répondre nous avons plusieurs rêves intermédiaires. D’abord celui d’être indépendant en ayant notre propre maison, ensuite celui de fonder notre famille, et enfin dans les prochaines années celui d’avoir ensemble notre propre entreprise de tourisme."

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