• Portraits de rêveurs chinois

    Lucía – Changsha - Chine

     

    "Je viens de Changsha, la capitale de la province du Hunan dans le centre de la Chine. Quand j'étais petite, mon rêve était d'être une princesse comme dans les contes de fée. À l'université, j'ai étudié la finance car mes parents m'y encourageaient et que cela permet d'avoir une bonne situation en Chine. Après avoir obtenu mon diplôme, je suis partie vivre et travailler pendant deux ans en Afrique du Sud, c'était une très belle expérience que je n'oublierai jamais. Aujourd'hui, j'ai 28 ans, je travaille pour une société financière chinoise mais je n'aime pas vraiment cela. C'est un travail ennuyeux qui n'a pas de sens pour moi. En fait mon rêve a toujours été d'être fleuriste, j'adore faire de belles compositions florales et faire de nouvelles créations. Je me sens détendue et en contact avec la nature lorsque je fais des bouquets de fleurs. J'ai donc décidé il y a peu de me lancer, j'enseigne l'arrangement floral à temps partiel. Mon rêve pour le futur est d'ouvrir mon propre magasin de fleurs et de vivre de ma passion."

    Moon - Pékin - Chine

     

    « Je suis née à Xi'an dans une famille modeste du centre de la Chine. Mes parents étaient ouvriers dans une usine de production. Je n'ai malheureusement pas de frères ou sœurs à cause de la politique de l'enfant unique en vigueur lors de cette époque. Quand j'étais petite je rêvais de devenir artiste car j'ai toujours aimé l'art chinois. J'apprécie particulièrement la peinture et la littérature de mon pays. J'ai fait des études de journalisme à l'université. Depuis maintenant neuf ans je travaille pour une agence d'information, j'adore mon travail. Je ne suis pas artiste mais je peins pendant mon temps libre et j'écris des poèmes. L'an dernier pendant ma grossesse j'ai publié mon premier recueil de poème, c'est une grande fierté pour moi ! Mais ce qui m'a rendu la plus heureuse c'est la naissance de Katarina, ma petite fille. Je suis une jeune maman comblée, j'aime beaucoup ma vie telle qu'elle est aujourd'hui et je mesure la chance que j'ai. Mon rêve pour le futur est de profiter au maximum de ma fille et de peut-être avoir un autre enfant maintenant que la politique de l'enfant unique n'est plus en vigueur. »

    Qiao Dan - Pékin - Chine

     

    « Je suis né à Pékin la capitale chinoise. Je suis fils unique mais j'ai des cousins et cousines qui sont comme des frères et sœurs pour moi. En Chine c’est très commun de considérer les enfants de ses oncles ou tante comme ses frères et sœurs car à cause de la politique de l’enfant unique on ne peut pas en avoir. Mon père est professeur de maths et ma mère est comptable pour une grande entreprise. Quand j'étais enfant mon rêve était de devenir scientifique je voulais toujours faire de nouvelles expériences. Aujourd'hui, j'ai 24 ans et j'étudie la physique chimie à l'université de technologie de Pékin pour réaliser mon rêve. J'aime ma vie ici à Pékin, c'est une ville chargée d'histoire et très agréable à vivre même si il y a d'importants problèmes de pollution. La situation semble d'ailleurs s'être améliorée depuis une dizaine d'années mais il reste beaucoup à faire et je pourrais peut-être un jour contribuer à trouver une solution quand je serai diplômé. Mon rêve pour le futur est de gagner beaucoup d'argent pour offrir une belle vie à ma famille. J'aimerais avoir des enfants et pouvoir faire en sorte qu'ils ne manquent de rien. »

    Siqin - Pékin - Chine

     

    « Je suis fille unique d'une famille de classe moyenne du sud de Pékin. Depuis toute petite j'adore dessiner, c'est quelque chose qui m'apaise et me rend heureuse. C'est pourquoi mon rêve a toujours été de devenir professeur de dessin. J'aime beaucoup la peinture chinoise et l'art de mon pays m'inspire beaucoup. J'ai 18 ans, je viens de terminer le lycée et j'entre dans quelques jours à l'université des Beaux-arts de Pékin pour réaliser mon rêve. »

    Zhangran - Pékin - Chine

     

    « Je suis née dans le sud de Pékin dans une famille de classe moyenne. Quand j'étais enfant mon rêve était de devenir professeur comme mon père. J'ai désormais 18 ans et je viens de rentrer à l'université. Mon rêve pour le futur a finalement changé depuis mon enfance car je souhaite désormais devenir mannequin et gagner beaucoup d'argent. »

    Wa - Pékin - Chine

     

    « Je suis né à Pékin en 1950 un an après la proclamation de la république populaire de Chine par Mao Zedung. À cette époque la Chine sortait d'une violente guerre civile et était en pleine révolution culturelle. Pékin n'était pas encore l'énorme ville qu'elle est devenue aujourd'hui. Quand j'étais petit mon rêve était d'être professeur. J'ai étudié à l'université de Pékin, l'une des plus prestigieuses de Chine. A l'adolescence mon rêve était de découvrir le monde mais je n'ai jamais eu l'opportunité de quitter la Chine. Alors j'ai décidé d'apprendre des langues étrangères pour voyager à travers les mots. Je parle un peu d'anglais, de français, d'allemand, de russe et de japonais. J'ai enseigné à l'université de Pékin pendant plus de 30 ans comme j'en rêvais lorsque j'étais enfant. Je n'ai pas fondé de famille car je n'étais pas d'accord avec le régime politique chinois. J'ai toujours était en faveur de plus de liberté individuelle et d'une société ouverte sur le monde. Dans les années 80, la Chine s'est finalement ouverte à l'économie de marché et a connu un important développement depuis lors. Mais le Parti communiste chinois dirige toujours le pays et la Chine reste une dictature. Mon rêve pour le futur est que la Chine devienne enfin une démocratie et que nous puissions être libres. »

    Zhangjie - Pekin - Chine

     

    « Je suis né en 1994 dans la province d'Anhui. Quand j'étais petit je rêvais de devenir un homme d'affaires car ma famille était très pauvre, je rêvais donc d'être riche afin de leur donner une meilleure qualité de vie. Lorsque j'ai eu 8 ans mes parents ont décidé de partir s’installer à Pékin, la capitale, afin d’améliorer les conditions de vie de notre famille. Rapidement, mon rêve d'enfant se réalisait car mon père s’est mis à gagner beaucoup d'argent. En 2008, lorsqu'il y a eu la crise économique internationale je me suis demandais comment je pouvais contribuer à changer l'économie. J'ai donc décidé d’étudier l’économie à l’université, j’ai effectué ma scolarité aux Etats-Unis car le niveau des universités est bien meilleur qu’en Chine. Je viens tout juste d'être diplômé et suis rentré depuis une semaine des États-Unis. Après ces quelques années à l’étranger, je ne sais plus très bien ce que je veux faire et si c’est toujours l’économie qui me passionne. J’ai donc décidé de prendre du temps pour moi et de voyager à travers mon pays afin de faire le point. Mon rêve pour le futur est de trouver ma voie et de faire un métier qui me plait et me rapporte de l’argent. »

    Xiao - Chengdu - Chine

     

    « Je suis né près de Chengdu la capitale du Sichuan dans une famille de quatre personnes. Mon père était chef d'entreprise et ma mère comptable. Depuis tout petit j'adore la musique classique, c'est quelque chose qui m'apaise. J'ai commencé le piano à l'âge de 6 ans et depuis je prends des cours au conservatoire. Mon rêve lorsque j'étais enfant était de devenir musicien professionnel. Malheureusement je n'étais pas assez talentueux pour faire carrière. Comme j'étais plutôt doué en mathématiques, j'ai étudié la comptabilité à l'université. Durant mes études j'ai eu la chance d'effectuer un échange pendant deux semestres en France où j'ai appris le français. J'adore étudier de nouvelles langues étrangères, je parle maintenant 5 langues différentes. En 2013, j'ai été diplômé et j'ai commencé à travailler pour une entreprise chinoise. J'aime bien mon boulot et je profite de mes quatre semaines de congés payés pour voyager. Mon rêve pour le futur est de fonder ma famille, j'aimerais avoir une fille, peut être même deux maintenant que la politique de l'enfant unique est terminée en Chine. Dans tous les cas je ferai tout pour être un bon père de famille. »

    Viviane - Xi'an - Chine

     

    "Je suis née en 1990 à Weinan, une petite ville à côté de Xi'an. Ma mère avait déjà trois filles alors je n'aurais normalement jamais du voir le jour à cause de la politique de l'enfant unique mais elle se cachait lorsqu'elle était enceinte car elle risquait d'être obligée d'avorter et c'est comme ça que je suis née. Moi et mes sœurs nous n'avons pas été déclarées à l'état civil tout de suite car mes parents pouvaient avoir une grosse amande. Quand j'étais plus jeune mon rêve était de faire le tour du monde, je voulais connaître des étrangers et des cultures différentes. J'étais surtout passionnée par deux pays : la France et le Japon. J'ai lu beaucoup de livres concernant ces deux pays et cela m'a permis de mieux les connaître. J'ai étudié le français à l'université dans la province de Guangzhou dans le sud de la Chine. En 2012, je suis partie vivre en Afrique, au Cameroun, où j'ai travaillé deux ans en tant qu'interprète. En 2014, je suis revenue en Chine, et je me suis installée à Xiamen en face de Taïwan avec mon futur mari. En octobre dernier nous nous sommes mariés et nous sommes partis en voyage de noces en France, mon rêve de découvrir ce pays se réalisait enfin ! Pour le futur mon rêve est de toujours aller au Japon et de voyager dans le monde entier avec comme compagnon de route : mon mari."

    Kai - Xi'an - Chine

     

    "Je suis né en 1980 à Xi'an, dans la province du Shaanxi. Xi'an était la première capitale de l'empire chinois et j'ai toujours été très fier de l'histoire de ma ville. Malheureusement pour moi, je n'ai pas de frères et sœurs à cause de la politique de l’enfant unique, j'ai toujours détesté cette politique. Quand j'étais enfant mon rêve était de devenir un joueur professionnel de NBA mais je n’avais pas pris en compte le fait que comme tous les chinois je ne suis pas très grand. Plus tard, à l'école, j'étais très intéressé par la géographie. Mon rêve était alors de devenir professeur de géographie, mais j'ai échoué deux fois à l'examen national. En 2007, j'ai donc rejoint l'école de police car c’était un métier que je trouvais intéressant. Je suis désormais capitaine de brigade, j'ai 8 personnes dans mon équipe. Mon travail consiste à enquêter sur les crimes, j'aime vraiment ça ! Il y a quelques années, j'ai rejoint le parti communiste de ma province pour servir ma communauté. Je suis un fervent soutien du président actuel Xi Jinping, il est l'un des meilleurs présidents que la Chine n’ait jamais eu. En plus de venir de Xi’an, il travaille ardument pour développer le pays, lutte contre la corruption, essaye de combattre la pollution et pour finir il a mis fin l'an dernier à la politique de l'enfant unique. Il est désormais possible pour les couples chinois d’avoir un second enfant. Si cette politique était toujours en vigueur, la population de la Chine aurait été divisée par deux en seulement une génération. Nous serions rapidement devenus un pays de personnes âgés comme le Japon. Et l’élément le plus dramatique de cette politique est que dans ma génération il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes car les cas d’interruption de grossesse ont été très nombreux. Les chinois représentent un cinquième de la population mondiale et nous avons un grand rôle à jouer dans les années à venir. Je me sens très patriote, d'ici 2050, nous serons la première économie du monde et nous retrouverons notre place de superpuissance comme nous l’avons été dans notre glorieuse histoire. Mon rêve pour le futur est de me marier et d'avoir des enfants. Je pense aussi à repasser le concours pour devenir professeur de géographie parce je suis persuadé qu’il ne faut jamais abandonner ses rêves. "

    Guting - Xi'an - Chine

     

    « Je suis née cinq minutes après ma sœur jumelle à Xi'an dans la province du Shaanxi. Quand j'étais plus jeune je rêvais de devenir professeur car c'est un métier très respecté en Chine. J'ai fait des études dans le commerce pour avoir un emploi qui me permette de bien gagner ma vie. Je travaille désormais dans la vente de produits automobiles pour une entreprise chinoise. Il y a 4 ans j'ai eu mon premier enfant, j'étais très heureuse et depuis j'en ai eu un deuxième qui a un an et demi. J’étais l’une des premières personnes en Chine à avoir un second enfant depuis la fin de la politique de l’enfant unique en janvier 2016, c’est une grande fierté. Mon rêve pour l'avenir est d’offrir une bonne éducation à mes enfants pour qu'ils réussissent au mieux leur vie. »

    Daniel - Xi'an - Chine

     

    "Je suis né en 1988 dans un petit village près de Chengdu dans la province du Sichuan. Quand j'étais petit mon rêve était de voyager à l'étranger mais ce n'était pas très réaliste car je venais de la campagne et ma famille n'avait pas beaucoup d'argent. J'étais curieux et passionné par les langues étrangères alors j'ai décidé d'étudier l'anglais. J'ai ensuite travaillé en tant que professeur durant deux ans avant de reprendre mes études en cours du soir. Cette période de ma vie était très excitante, je me sentais en accord avec moi même et je gagnais beaucoup d'argent. Après avoir obtenu mon second diplôme, j'avais envie de réaliser mon rêve d'enfant en allant travailler à l'étranger. J'ai alors trouvé un poste en tant qu'interprète au Mozambique, mais malheureusement, j'ai finalement été refusé au dernier moment car j'ai eu un problème de santé. À ce moment là, le ciel m'était tombé sur la tête et je suis alors entré dans une violente dépression. J'étais très mal, je pensais même mettre fin à mes jours. C'est à cette époque que ma vie a pris un tournant et que je me suis raccroché à dieu. Après 6 mois de dépression, j'ai rencontré une étudiante brésilienne qui m'a proposé de lire la bible avec elle. Elle m'a beaucoup appris et m'a fait changer de façon de penser. Quelques temps après un pasteur m'a proposé d'étudier la bible pendant un an. À cette époque j'étais intéressé par la religion mais je ne croyais pas vraiment en dieu. J'étais vraiment curieux et je voulais savoir ce qu'était l'amour inconditionnel. J'ai alors quitté mon emploi et me suis dédié pleinement à l'étude de la bible. C'est à ce moment que mes parents ont eu un grave accident de la route. Ils ont eu besoin d'argent pour l'opération et j'ai donné sans hésiter tous les sous que j'avais pour qu'ils puissent être soignés. Je priais tous les jours pour que dieu me vienne en aide en sauvant mes parents et en me permettant de vivre alors que je n'avais plus d'argent et plus de travail. C'est alors que la vie m'a aidée à plusieurs reprises, mes parents ont rapidement retrouvé la santé et j'ai reçu de l'argent de mon ancien travail ainsi que d'une personne que je ne connaissais pas. Je pense que c’est à ce moment que j'ai réellement commencé à croire en dieu. À l'été 2016 après un an à étudier la bible, j'ai repris mes activités de professeur d'anglais et de chinois. Pour le futur, j'ai deux grands rêves, le premier est de toujours découvrir le monde et d'aller notamment en Europe. Le second est d'aider les autres et de partager mon amour de dieu, je veux aider ce qui comme moi à un moment de leur vie traversent une passe difficile pour qu'ils sentent qu'ils ne sont pas seuls et qu'ils se sentent aimés."

    Bi Chi Qiang - Shanghai - Chine

     

    "Je suis né à Shanghai en 1952, trois ans après la proclamation de la république populaire de Chine. J'ai grandi dans le quartier de la concession française de la ville. Lorsque j'étais enfant mon rêve était de devenir ingénieur. En 1966, j'étais à l'école primaire lorsque Mao Tse Tung a lancé la révolution culturelle. Comme de nombreux petits chinois de la ville, j'ai été envoyé à la campagne pour découvrir la vie prolétarienne auprès des paysans dans la province de Hangzhou. Là-bas la vie était très dure et nous avions besoin de tickets de rationnement pour nous nourrir. Après quelques années j'ai finalement pu reprendre le chemin de l'école où j'ai étudié pour devenir professeur. J'ai enseigné pendant 6 ans à la campagne avant de sentir le besoin de revenir en 1982 à Shanghai car mes parents commençaient à être âgés. À Shanghai je ne pouvais pas être professeur car mon diplôme n'était pas reconnu alors j'ai travaillé dans le secteur de la construction. A mon retour c'était difficile de m'intégrer car j'étais considéré comme quelqu'un de la campagne alors que pourtant j'étais né à Shanghai. À cette époque la ville était en plein boom et venait de s'ouvrir aux capitaux étrangers, chaque jour de nouveaux immeubles sortaient de terre notamment dans le quartier de Pudong. J'ai alors rencontré ma femme et nous avons eu un enfant. Aujourd'hui la situation de la Chine est vraiment meilleure qu'avant et le pays s'est beaucoup développé. Il y a quelques années, à l'âge de 60 ans j'ai finalement pris ma retraite et j'en profite pleinement même si je ne touche pas beaucoup d'argent. Mon rêve pour le futur et de profiter de ma femme car la vie est courte, je pense qu’il faut apprécier chaque instant. Nous aimerions voyager pour voir d'autres pays et vivre le plus longtemps possible ensemble."

     

    Jane - Shanghai - Chine

     

    "Je suis née à Xi'an en 1969. Quand j'étais petite je rêvais de liberté. J'ai toujours été une personne très pragmatique. Après avoir été diplômée à Xi'an je suis partie à Philadelphie aux Etats-Unis pour étudier dans une école de commerce. En 2002, j'ai obtenu un poste dans une entreprise américaine située à Shanghai, j'étais en charge de la gestion financière. Je pense avoir réalisé en quelque sorte mon rêve de liberté en étant devenue indépendante et en faisant carrière. Il y a quelques années j'ai démissionné afin de me mettre à mon compte et de conseiller des entreprises sur leur gestion financière. Il y a 13 ans j'ai eu ma fille, mon rêve pour le futur est de l'accompagner dans son développement et pouvoir voyager à travers le monde avec elle."

    Rong Wen - Shanghai - Chine

     

    "Je suis né en 1989 dans la région de Hunan, une province rurale de la Chine. Mes parents étaient fermiers comme mes grands-parents avant eux. Mon rêve quand j'étais petit était de devenir riche pour aider tout ceux qui en ont besoin. Grâce au développement de la Chine, j'ai eu la chance d'aller à l'université. En 2013, je suis venu à Shanghai comme de nombreux chinois pour y trouver un emploi. J'ai alors travaillé dans l'immobilier pendant plusieurs années. Mon rêve a toujours été de travailler en finance, alors j'ai quitté mon emploi récemment pour chercher un travail dans une banque d'investissement. Mon rêve pour le futur est de toujours gagner beaucoup d'argent et de m'en servir en aidant les plus démunis en créant par exemple des écoles dans les zones rurales chinoises."

    Songzenxi - Shanghai - Chine

     

    "Je viens d'Harbin, une ville du Nord-est de la Chine. Quand j'étais petit je rêvais de devenir scientifique. J'ai alors fait des études en science et technologie à Nanjing. Après avoir été diplômé j'ai débuté ma carrière dans la finance car c'est un secteur porteur où on peut bien gagner sa vie. En 2012, j'ai emménagé à Shanghai, c'était un rêve de venir ici car le climat est agréable et j'aime beaucoup cette ville où tout est possible. Mon rêve pour le futur est de fonder ma famille et d'offrir les meilleures conditions possibles à mes enfants."

     

    Yixuan - Shanghai - Chine

     

    « J’ai grandi dans une famille modeste d'une ville de troisième classe de la province du Hunan. Mes parents travaillaient tous les deux à la gare de la ville. Quand j'étais petite je rêvais de vivre une vie paisible à la campagne loin de la grisaille de la ville. Lorsque j’ai eu dix ans avec ma famille nous avons déménagé dans la province de Guandong dans le sud de la Chine. Ensuite, j'ai étudié quatre ans à l'université de Pekin avant de travailler pour une entreprise internationale dans la capitale chinoise puis à Shanghai. Je ne me suis jamais considérée comme étant gai ou lesbienne, j'ai toujours pensé que j'étais juste tombée amoureuse d'une fille ! Lorsque je l'ai annoncé à mes parents, ils l'ont bien pris car ils sont plutôt ouverts d'esprit même si ce n'était pas facile au début. Le plus dur reste la pression que le reste de ma famille exerce sur eux. Être gai à Shanghai n'est pas un problème, c'est une ville très ouverte, je n'ai jamais ressenti aucune animosité de la part des gens concernant le fait que je vive avec une femme. Aujourd'hui j'ai 31 ans, je me suis mariée en août dernier en France car ma femme est française et là-bas le mariage homosexuel est autorisé. Ça n'a pas été facile d'obtenir les papiers nécessaires pour nous marier car en Chine l'homosexualité n'est pas reconnue. Depuis 1992 être gai n'est plus pénalement répressible mais il n'y a aucune considération pour le sujet par le gouvernement. Ce mariage était un grand pas pour nous et notre rêve pour le futur est de devenir toutes les deux mamans au même moment. Nous étudions les possibilités de faire cela en Europe. Avant cela nous aimerions voyager et découvrir le monde pour que lorsque nous aurons des enfants nous puissions nous installer dans une petite ville à la campagne comme je l'ai toujours rêvé. Peut-être que nous allons vivre un moment en Europe mais j'aime beaucoup la Chine et je me vois revenir en Chine dans le futur, peut être que d'ici là le mariage gai sera reconnu et notre situation sera plus simple. »

    Pan - Suzhou - Chine

     

    "Je suis né à Suzhou en 1932 avant la seconde guerre mondiale. Durant les années 30 et 40 la situation de la Chine était très instable et difficile. D'abord le pays était dirigé d'une main de fer par le Guomindang, puis il a été occupé par les japonais et enfin il a souffert d’une violente guerre civile entre les communistes et les nationalistes. Durant toutes ces années, il y a eu de nombreux morts, il était courant de retrouver des cadavres dans les canaux de Suzhou, ce qui me terrifiait quand j’étais enfant. À cette époque, mon rêve était simplement que la situation s'améliore et qu'il y ait la paix et la prospérité en Chine. Après la victoire des communistes et la fuite des nationalistes sur l'île de Taïwan en 1959, de nombreuses purges ont eu lieu. Des riches notables, des artistes, des intellectuels ont été tués ou envoyés dans des camps de rééducation. Moi j'étais étudiant à l'université pour devenir ingénieur civil. Lorsque j’ai commencé à travailler, il y a eu une grande famine en Chine et la vie était très difficile malgré les promesses du Parti Communiste. Malgré cela, dans les années 70, je me suis marié et j'ai eu mon fils. Grâce à mon travail, j'ai beaucoup voyagé et j'ai pu constater l'amélioration de la situation économique de mon pays au fil des années à partir de 1980 et de l’ouverture du pays. J’ai pris ma retraite à l’âge de 60 ans mais je n'ai pas arrêté de voyager pour autant car j’adore découvrir de nouveaux pays et comprendre le fonctionnement des pays que je visite pour les comparer à mon pays. La Chine d'aujourd'hui est toujours dirigée par le Parti communiste mais le pays est totalement capitaliste. La politique du gouvernement du président Xi Jinping vise à améliorer la vie des gens grâce au développement économique et je pense que c'est une bonne chose. Les conditions de vie se sont grandement améliorées et la Chine est sur la voie de la prospérité comme j'en rêvais lorsque j'étais enfant. Malheureusement il y a certains effets négatifs de ce développement comme la pollution ou le développement des maladies à cause du changement de nos habitudes alimentaires. Aujourd'hui j'ai 86 ans, mon rêve pour le futur est que mon pays continue à se développer et qu'il n'y ait plus de pauvreté en Chine. Je sais que ça ne se fera probablement pas de mon vivant mais je rêve aussi que Taïwan et la Chine continentale soient enfin réunis pour ne former qu'un seul pays."

     

    Jeff - Hong Kong - Chine

     

    "Je suis né en 1984 dans le nord d'Hong Kong. J'ai deux grands frères car à Hong Kong il n'y a jamais eu la politique de l'enfant unique comme en Chine puisque nous étions une colonie britannique pendant 155 ans avant la rétrocession de l'île en 1997 à la Chine. Quand j'étais petit je rêvais de devenir footballeur professionnel car j'aimais jouer au foot et ça me rendait heureux. Malheureusement, j'avais des problèmes d'asthme et j'allais souvent à l'hôpital ce qui m'a empêché d'être un grand sportif. Je pensais que la vie était courte et qu'il fallait à tout prix que je réalise beaucoup de choses. J'ai arrêté l'école après le lycée car à l'époque il n'y avait pas de bonnes universités ou bien celles-ci coûtaient très chères. J'ai donc fait différents petits boulots comme coursier, vendeur, etc. J'ai finalement travaillé pour une ONG pendant plus de 10 ans. Durant cette période, j'ai aussi pris un an pour aller travailler en Australie car mon rêve était de vivre sur un autre continent afin d'y découvrir un autre mode de vie, une nouvelle culture et apprendre une langue différente. Quand je suis retourné à Hong Kong j'ai continué à travailler pour une ONG et quelques années plus tard j'ai commencé à me poser des questions notamment après avoir fait une chose folle : partir en stop de Vladivostok à Istanbul pendant 17 jours. Ce voyage m'a fait prendre conscience qu'il fallait que je réalise quelque chose de plus stimulant et épanouissant. J'ai alors créé il y a un an et demi ma propre entreprise afin d'aider, d'accompagner et de former des ONG à effectuer des levées de fonds. Cette entreprise était un rêve pour moi et je me sens désormais épanoui chaque jour qui passe. Mon rêve pour le futur est de m'acheter une petite maison proche de la mer, dans le Sud-Est de l'Asie."

    Jerry - Hong Kong - Chine

     

    « Je suis né à Hong Kong, l’ancienne colonie britannique désormais rattachée à la Chine. Quand j'étais enfant je rêvais de devenir un homme d'affaires car Hong Kong est une ville très commerciale qui s’est fortement développée grâce à la finance dans les années 70. J'ai donc effectué des études de commerce à l'université de la ville. Depuis environ cinq ans, je travaille dans le département vente et marketing d’une entreprise locale. La vie à Hong Kong est très chère et il est très difficile de louer un appartement. C'est pour quoi je vis encore chez mes parents alors que j’ai 37 ans. Il s'agit d’ailleurs une situation assez commune ici à cause des prix de l'immobilier. Mon rêve pour le futur est d'avoir une vie tranquille et de rencontrer des gens du monde entier. »

    Daniel - Hong Kong - Chine

     

    "Je suis né en 1985 à Hong Kong. Quand j'étais enfant mon rêve était de voyager à travers le monde car je voulais voir autre chose que mon propre pays. J'ai toujours été une personne hyperactive, je ne voulais jamais rester à la maison une minute. La première fois que j'ai voyagé, c'était en Thaïlande à l'âge de 15 ans, mon rêve de découverte se réalisait alors ! J'ai fait des études dans la logistique, puis j'ai tout de suite trouvé un emploi dans une entreprise de transports hongkongaise mais au bout de deux ans j'ai pris conscience que ce n'était pas un travail pour moi. J'ai alors démissionné afin de devenir commercial car ça correspondait plus à ma personnalité et me permettait de voyager à travers le monde. Au bout de trois ans, j'ai eu un rêve : faire la route de la soie en train. Ce voyage m'a pris un an, de la Chine vers l'Europe. À mon retour, j'ai travaillé pendant deux ans mais j'avais toujours cette grande soif d'aventure. Je suis donc de nouveau parti mais cette fois pour le continent océanique. Mon rêve à l'époque était de vivre en Australie avant mes 30 ans. Je suis ensuite parti en Amérique du Sud pendant quelques mois où j'ai voyagé à pied et à vélo. À ce jour, j'ai visité environ 65 pays et 5 continents. Cela fait un petit mois que je suis rentré en Chine et je viens de trouver un emploi. Mon rêve pour l'avenir est d'avoir parcouru les sept continents, il ne me reste plus que l'Antarctique et l'Afrique à explorer."

    Dr Ho - Baisha - Chine

     

    « Je suis né en 1923 à Baisha dans le compté de Lijiang au pied de la montagne des dragons de Jade dans le sud de la Chine. Mon rêve quand j’étais enfant était de devenir un scientifique reconnu. Mon père était un assez riche fermier du Yunnan. J’ai donc eu la chance d’aller étudier les langues étrangères à l’université de Nanjing. A cette époque, la Chine était en guerre civile entre les nationalistes du Kuomintang, dont Nanjing était l’un de leur principal bastion et les communistes de Mao Tse Dung. J’ai obtenu mon diplôme en 1949, la même année où Mao déclarait la République Populaire de Chine. Malheureusement pour moi après avoir été diplômé, je suis tombé gravement malade et j’ai du rentrer dans mon petit village du Yunnan où les conditions de vies étaient très dures après l’instauration du communisme. C’est à cette époque que j’ai commencé à étudier la médecine traditionnelle chinoise pour me soigner avec les plantes locales. Ayant réussi à me guérir, j’ai commencé à offrir gratuitement mes services aux habitants de la région. Je me suis marié avec une représentante de la minorité Naxi qui peuple majoritairement la province et nous avons eu deux enfants. En 1966, le gouvernement chinois a lancé la révolution culturelle. Comme je parlais anglais, j’ai été accusé d’être en faveur du capitalisme et contraint d’arrêter de pratiquer la médecine pour travailler dans les champs en étant réduit à l’extrême pauvreté. Je me suis alors à plusieurs reprises caché dans la montagne où j’ai beaucoup appris sur les plantes et leurs vertus. Les choses se sont peu à peu calmées et j’ai repris mes activités de médecin. J’ai toujours proposé une médecine centrée sur le patient et sa maladie, en n’appliquant jamais un traitement systématique. J’utilise les plantes et l’acuponctures afin de guérir au mieux mes patients. Mais je suis persuadé que la guérison est pour moitié la responsabilité du médecin, et pour autre moitié celle du patient, il faut bien se nourrir et être heureux, c’est la seule recette de la longévité. J’ai progressivement acquis une très bonne réputation dans la province puis dans toute la Chine. En 1985, le gouvernement chinois m’a officiellement donné une licence de médecin et en 1989 avec mon fils nous avons ouvert notre propre clinique, la Jade Dragon Snow Herbal medical Clinic. Depuis, plus de 300 000 patients de 100 pays différents sont venus solliciter notre avis médical. Nous soignons toutes sortes de maladies chroniques des plus bénignes aux plus graves. Nous avons collaboré avec de nombreux médecins occidentaux et de multiples travaux de recherches ont été réalisés sur notre pratique de la médecine. Notre approche est mondialement reconnue et nous avons fait l'objet de nombreux reportage par la presse internationale. Aujourd’hui j’ai 94 ans, mon rêve pour le futur est que l’humanité toute entière connaisse la paix et la bonne santé. »

    Shulong - Baisha - Chine

     

    « Je suis né en 1958 dans le petit village de Baisha dans la province du Yunnan. J'ai grandi dans une famille modeste de la minorité Naxi qui peuple majoritairement la région. Mon père est un herboriste célèbre et m'a transmis la passion de la médecine traditionnelle chinoise. Mon rêve quand j'étais enfant était d'avoir les mêmes droits que les autres afin de pouvoir devenir médecin. En effet, à cette époque, les minorités n'avaient pas accès aux mêmes droits que les chinois et nous ne pouvions pas faire d'études. J'ai donc été contraint d'arrêter l'école pour travailler dans les champs à l'âge de 10 ans, c'était très difficile car je voulais vraiment devenir médecin. Mais en 1977, grâce une importante réforme sur les droits des minorités en Chine, j'ai pu reprendre le chemin de l'école et réaliser mon rêve en rejoignant une école de médecine. Cela fait maintenant 37 ans que j'exerce en tant que docteur et j'aime énormément mon travail. J'utilise la médecine traditionnelle chinoise et la médecine occidentale afin de soigner au mieux mes patients dans la cliniques que nous avons créé avec mon père. Nous accompagnons les malades vers le chemin de la guérison grâce à la combinaison de notre savoir ancestral issu des plantes et de la médecine actuelle. Nous n'achetons aucune des herbes qui nous servent à soigner nos patients, nous les cultivons sans engrais chimiques dans notre « jardin aux cents plantes » ou les ramassons dans la montagne près de chez nous. Nous avons traité toutes sortes de maladies, du diabète à la leucémie et nos résultats sont mondialement reconnus. De nombreuses personnes viennent de toutes la Chine et même de l'étranger pour nous consulter. Mais notre médecine s'adresse à tous, même à ceux qui n'ont pas les moyens. Nous n'avons jamais fait payé les habitants de notre petit village qui sont majoritairement pauvres et il en va de même pour toutes les personnes qui sont venus nous voir pour se faire soigner et qui n’avaient pas de moyens. Depuis quelques années, j'essaie de transmettre notre savoir en étant professeur dans une école de médecine de la ville de Lijiang. Mon père a désormais 94 ans et ma mère 93 ans, ils sont tous les deux en bonne santé et je rêve qu'ils aient ensemble 100 ans. Avec ma femme, nous avons eux deux enfants et ils ont tous les deux également étudié la médecine. Aujourd'hui, j'ai 59 ans, je vais bientôt prendre ma retraite de professeur mais je n'arrêterai jamais d'exercer la médecine. Mon plus grand rêve pour le futur serait de ne plus avoir de patient. Ça voudrait dire qu'il n'y a plus de maladie. Évidement je sais que c'est irréaliste alors j'ai un autre rêve plus pragmatique. J'aimerais que l'accès à la médecine soit le même pour tous peut importe son niveau de vie. C’est pourquoi, je me suis toujours engagé afin que notre médecine ne soit pas trop chère et accessible à tous car tout le monde a le droit d'être soigné correctement. »

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