• Portraits de rêveurs japonais

    Ashiya - Tokyo - Japon
     

    "Je suis né près d'Osaka en 1945 à la fin de la seconde guerre mondiale. À cette période le Japon était complètement dévasté par les bombardements américains. Quand j’étais enfant je n'avais aucun rêve, la seule chose importante pour moi et ma famille était de survivre. Comme de nombreuses personnes mes parents sont allés s’installer à la campagne pour vivre de l’agriculture. Quelques années plus tard, en plein miracle économique japonais, je suis entré à l’université de Kyoto et j’ai été diplômé en ingénierie industrielle. J'ai tout de suite trouvé un emploi dans l'entreprise Mitsubishi où je suis resté de nombreuses années avant de changer pour une entreprise suisse. J'ai maintenant 72 ans, je travaille toujours dans cette entreprise mais j’aimerais bientôt prendre ma retraite. J'ai deux fils et deux petits-enfants, ils sont ma fierté ! Mon fils ainé est diplômé de la prestigieuse université de Tokyo et travaille aujourd'hui pour une entreprise très renommée au Japon. Mon rêve pour le futur est qu’il puisse évoluer et gravir les échelons dans son entreprise mais surtout que toute ma famille soit heureuse et vive dans la prospérité."

    Suguru - Tokyo - Japon

     

    "Je suis né dans la préfecture d'Ehime sur l'île de Shikoku, la plus petite des quatre îles formant l'archipel du Japon. Quand j'étais enfant mon rêve était d'être un héros comme Sangoku dans Dragon Ball car j'aimais sa force et sa gentillesse. Quelques années plus tard j'ai décidé d'entamer des études de médecine à Tokyo afin de devenir docteur car j'aime particulièrement les humains et l'idée de les soigner. Je viens d'avoir 30 ans et je termine bientôt mon doctorat à l'université de Tokyo. Mon rêve pour l'avenir est de retourner sur mon île natale afin de devenir l'héros que je voulais être en soignant les habitants de Shikoku et en participant à les rendre heureux."

    Sae - Tokyo - Japon
     

    "Je suis née à Tokyo, la capitale du Japon. Lorsque j’avais 3 ans, avec ma famille, nous sommes allés vivre aux Etats-Unis quelques années pour le travail de mon père. A cette époque, mon rêve était de devenir traductrice car je parlais anglais et japonais. Finalement, à mon retour au Japon, je me suis rendu compte que parler l’anglais pouvait me servir pour d’autres choses. J’ai toujours aimé l’art et particulièrement l’art contemporain depuis mon enfance. Après le lycée, j’ai donc rejoint l’université des Beaux Arts de Tokyo. Je vis à Kawasaki, chaque matin je prends le train pendant plus d’une heure pour me rendre à mon école mais j’ai l’impression d’avoir de la chance car j’étudie quelque chose qui me passionne. Mon rêve pour le futur est de devenir conservatrice d’un musée pour faire découvrir l’art au plus grand nombre. Je suis persuadée qu’il faut démocratiser l’art pour permettre à ceux qui n’y connaissent rien de ressentir de nouveaux sentiments."

    Satoko - Tokyo - Japon 

     

    "Je viens de la banlieue de Tokyo, mon père était professeur et ma mère femme au foyer comme de nombreuses femmes au Japon à cette époque. Quand j'étais petite, je voulais dessiner des mangas car j’adorais lire ces bandes dessinées japonaises mais je me suis rapidement rendu compte que ce n’était pas pour moi car je ne sais pas très bien dessiner. J’ai étudié l’art et le cinéma japonais à l'université de Tokyo puis j’ai commencé à travailler dans une école d'art et dans un musée. Pour moi, l’art a toujours été un moyen d’exprimer ses convictions et comme j’en avais beaucoup j’ai aussi travaillé quelques années pour une ONG. Malheureusement, la vie à Tokyo est très chère, l’art et le social ne rapportent pas suffisamment, j’ai donc commencé il y a quelques années un emploi de bureau où je traduis des brevets japonais en anglais. Je ne trouve pas ce travail intéressant mais il me permet de gagner ma vie et d’avoir un peu de temps car je termine à 17h30 tous les jours. Je peux donc avoir d’autres projets à côté de mon travail ce qui n’est pas forcément courant au Japon. Je suis ainsi engagée dans une association de lutte contre les maladies mentales et j’ai par ailleurs, décidé d’apprendre le français. Mon rêve pour l’avenir serait de pouvoir consacrer plus de temps à mes passions et de trouver un équilibre entre mes engagements professionnels et personnels."

    Kobi - Tokyo - Japon


    « Je suis né dans une famille de classe moyenne à Osaka en 1945, six mois avant la fin de la guerre du Pacifique. Mes parents travaillaient beaucoup pour que leurs six enfants ne manquent de rien durant cette époque rude pour le Japon. Je n'ai pas de mauvais souvenir de cette période, mais je me rappelle que tout n'était pas aussi facile qu'aujourd'hui. Quand j'étais enfant, mon rêve était de devenir joueur de baseball professionnel, mais je n'étais pas assez bon pour cela. J’ai rapidement eu un nouveau rêve, je voulais être avocat. J'ai été diplômé en droit privé japonais à l'université d'Osaka mais ensuite, j'ai échoué à l'examen du barreau. Au Japon, il n’est pas rare de passer 4 ou 5 fois cet examen avant de le réussir, mais ma famille n'était pas assez riche pour que je me le permette. En 1967, j’ai alors commencé à travailler à Tokyo pour l’une des plus grandes banques japonaises en tant que simple agent bancaire. En 1973, après avoir été promu, j'ai été choisi pour créer une joint-venture à Honk-Kong. C’est à cette période-là que je me suis marié et que j'ai eu mon premier enfant. Après deux ans à Hong-Kong, je suis rentré au Japon avant d’être de nouveau envoyé à l’étranger quelques années plus tard. Cette fois j’ai vécu 7 ans aux Etats-Unis avec ma famille. Après être rentré au Japon, j’ai une nouvelle fois passé deux ans à Hong Kong pour mon travail. Pendant toute ma carrière, j’ai gravi l'échelle hiérarchique de ma banque jusqu'à ce que je rejoigne le conseil d'administration de l'un de mes clients où j’ai travaillé pendant une quinzaine d’années. A l’âge de 65 ans, j’ai enfin pris ma retraite pour profiter de ma famille et passer du temps à faire ce que j'aime. Avec mon travail, j'ai beaucoup voyagé et découvert différentes cultures ce qui m’a convaincu que le fait de connaître les gens d'autres pays est une très bonne chose. Si tout le monde se connaissait mieux, il n'y aurait pas de guerre entre les pays. C'est pourquoi mon rêve pour l'avenir est de passer du temps avec des étrangers pour leur faire découvrir mon pays et notre culture. D’ailleurs en 2020 Tokyo accueillera les Jeux Olympiques et je pense que c’est une formidable opportunité pour cela. »

    Edwin - Tokyo - Japon

     

    "Je suis né au Salvador, en Amérique centrale. En 1980, lorsque j’avais 7 ans, ma famille a été contrainte de fuir aux Etats-Unis à cause de la guerre civile au Salvador. Mon rêve quand j’étais enfant était de devenir joueur de football professionnel mais aux Etats-Unis ce n’est pas un sport très développé. Alors après le lycée, j'ai rejoint la marine américaine. En 1992, je suis allé en Irak, en Somalie l’année d’après puis j’ai été envoyé au Japon. Je suis tombé amoureux de ce pays et surtout d’une japonaise avec qui j’ai eu ma première fille. Nous avons vécu quelques années aux Etats-Unis avant de nous installer définitivement à Tokyo en 2001. Malheureusement notre mariage n’a pas fonctionné mais depuis je me suis remarié à une japonaise avec qui j’ai eu deux magnifiques enfants. A Tokyo, je travaille en tant que responsable de projet pour une entreprise de télécommunication et j’aimerais créer mon entreprise pour venir en aide aux étrangers qui s’installent au Japon. Mon rêve pour l’avenir est de voir mes enfants réussir leur vie et être heureux."

    Yoko - Tokyo - Japon


    « J’ai grandi dans une famille de médecins à Tokyo. Quand j'étais petite, je rêvais de devenir docteur pour soigner les gens comme le faisaient mes parents. A la fin de mon lycée, nous sommes partis vivre à Hawaï pour le travail de mes parents, c’est là que j’ai fait mes études. A l’université je me suis spécialisée dans les troubles de la communication afin de devenir orthophoniste. Après avoir été diplômée, je suis rentrée au Japon où j’ai ensuite exercé pendant de nombreuses années dans un hôpital. J’ai adoré mon travail, en quelque sorte j’ai réalisé mon rêve d’enfant en aidant les personnes ayant du mal à communiquer. Désormais je suis à la retraite, je profite de la vie, je m’occupe de moi et de ma maison qui se trouve dans la banlieue de Tokyo. Mon rêve pour l’avenir est de continuer à vivre paisiblement et en bonne santé. »

    Joe - Tokyo - Japon


    « Je suis né à Tokyo en 1983 dans le quartier de Harajuku. Quand j'étais enfant, mon rêve était de jouer du Rock and Roll et de devenir populaire dans le monde entier. J'ai découvert ce style musical avec mon père car il écoutait en boucle les plus grands classiques du genre. Très jeune, j’ai appris à jouer du piano mais c’est très difficile de percer dans la musique au Japon. J’ai quitté l’école après le lycée et je suis devenu charpentier. Cela fait maintenant 10 ans que je fais ce travail, mais ce qui me passionne c’est de jouer du Rock and Roll. Tous les week-ends, je retrouve donc mes amis dans le parc de Harajuku et nous nous déhanchons sur les rythmes de nos musiques préférées. Mon rêve pour l'avenir est de pouvoir un jour vivre de ma passion, j’aimerais créer une marque de veste en cuir de style rock and roll et pouvoir la vendre à tous ceux qui comme moi pense que cette musique ne mourra jamais. »

    Kuni - Tokyo - Japon


    « Je suis né dans la préfecture de Shizuoka dans le sud du Japon, mes parents ont divorcé quand j'avais 3 ans, alors je suis venu vivre à Tokyo avec ma mère. Elle travaillait beaucoup pour que l’on puisse vivre correctement et n'était pas toujours à la maison. Je me retrouvais donc souvent seul car je n’avais pas de frères et soeurs. Je crois que c’est pour ça que je suis devenu un enfant assez réaliste et que je n’avais pas beaucoup de rêves. Après le lycée, j’ai tout de suite commencé à travailler dans une entreprise du secteur financier. J’aimais beaucoup mon travail, je vendais des produits d’investissement en tout genre aux japonais. Mais au bout de quelques années j’ai commencé à remettre en question le sens de ce que je faisais car je me rendais compte que nombreux de mes clients perdaient parfois toutes leurs économies. J'ai donc décidé de quitter mon emploi, j'ai déménagé loin de Tokyo et j'ai travaillé dans une association qui aide des personnes aveugles pendant deux ans, ça m’a fait un bien fou de me sentir utile pour les autres. J’ai surtout réalisé que je devais me changer si je voulais être heureux, alors je suis revenu à Tokyo et j’ai décidé d’ouvrir ma propre maison d'hôtes, car mon rêve était de rencontrer des personnes du monde entier. Je n'avais aucune expérience dans l'hôtellerie mais je me suis dit que j’allais apprendre en faisant. Il m’a fallu du temps mais désormais je ne suis plus le petit garçon réaliste que j’étais et j’ai de nombreux rêves. Je veux continuer à rencontrer des gens du monde et entier et faire en sorte que ma maison soit un lieu d’échange où les gens puissent se rencontrer et partager leurs différentes cultures. Ce qui me tient également à coeur c’est de faire découvrir cet état d’esprit à des enfants qui comme moi lorsque j’étais plus jeune n’ont pas la chance de voyager afin de leur ouvrir l’esprit. »

    Yoshi - Tokyo - Japon


    « Je suis né dans la province de Hiroshima dans le sud du Japon. J’ai grandi dans une famille modeste aux côtés de mes deux grandes soeurs, ma grand-mère et mes parents. Mon père travaillait beaucoup et n’était pas souvent à la maison. Quand j'étais petit, j'avais beaucoup de rêves, je voulais être joueur de football professionnel, conducteur de bus ou encore aventurier. J’ai arrêté l’école après le lycée car je ne trouvais pas ça vraiment intéressant et je ne comprenais pas à quoi ça me servait. J’ai donc commencé à faire des petits boulots : déménageurs, serveurs, livreurs etc. Je ne me souviens même pas de tous les jobs que j’ai fait à cette époque. Lorsque j’ai eu 22 ans, j’ai voulu quitter ma routine et changer de vie alors j’ai décidé de partir en Europe pour voir autre chose. J’ai atterri à Copenhague au Danemark car c’était le pays le plus simple pour avoir un visa. Là-bas j’ai travaillé pendant environ un an, d’abord dans un restaurant puis dans la construction. La découverte d’une nouvelle culture était une expérience formidable et j’ai appris à parler anglais. Après cela, je ne voulais pas rentrer tout de suite au Japon alors j’ai passé un an en Allemagne. Pour mes 24 ans, je suis rentré à Hiroshima, j’ai alors travaillé pour une entreprise immobilière, mais je n’avais qu’une seule idée en tête : repartir. Avec l’argent que j’ai gagné je suis allé plusieurs mois aux États-Unis et au Mexique puis un an en Australie et en Nouvelle-Zélande. Je me sentais vraiment libre en voyageant et en rencontrant tout le temps de nouvelles personnes. Avec mes voyages, ma façon de voir les choses a beaucoup changé, mais au bout d’un moment, j’étais un peu perdu car j’étais parti dans tous les sens pendant toutes ces années. Je n’avais pas de diplôme, pas de projet professionnel et pas d’endroit où je me sentais vraiment chez moi. Ce n’est pas commun au Japon de ne pas entrer dans le moule et ça m’a pris pas mal de temps pour l’accepter mais il y a quelques années j’ai sauté le pas et décidé de rentrer au pays. Je me suis installé à Tokyo où j’ai de nouveau travaillé dans l’immobilier. Aujourd’hui je viens d’avoir 30 ans, je travaille depuis quelques semaines pour Google et j’envisage de monter ma propre startup dans l’immobilier pour faire ce qui me rend heureux : être libre et indépendant. »

    Yukako - Tokyo - Japon


    « Je suis née dans la préfecture de Nara dans une famille japonaise typique. Mon père était ouvrier et ma mère, femme au foyer. Quand j'avais 14 ans, j'ai vu un reportage sur une femme japonaise qui travaillait à l'étranger pour une grande entreprise internationale. J'étais tellement impressionnée car à cette époque ce n’était pas commun de voir une femme active et encore moins une japonaise qui travaille à l’étranger. Je me suis alors dit que mon rêve était de lui ressembler en étant moi aussi une femme active et qu’un jour je travaillerais à l’étranger et parlerais l’anglais. J’ai étudié le commerce à l'université d'Osaka et j’ai passé un an aux États-Unis durant mes études, c’était un premier pas vers la réalisation de mon rêve. J’ai ensuite débuté ma carrière professionnelle dans une société japonaise de textile où j’y suis restée 6 ans. En 2000, je suis tombée enceinte pour la première fois et deux ans plus tard, j’ai eu mon second enfant. Mon mari travaillait pour une entreprise informatique et était très engagé dans son entreprise. J’ai donc cessé de travailler pour le bien de ma famille afin de m’occuper de nos enfants. Mais malgré cela être mère n'a pas changé mon rêve d’être une femme active. Au bout de quelques temps, j’ai donc cherché un nouvel emploi et j'ai été embauchée par une entreprise européenne. Après deux ans, j'ai été envoyée à Shanghai pour une année afin d’apprendre à gérer une équipe. Je réalisais ainsi mon rêve d’enfant : j'étais une femme active qui travaillait à l'étranger. Mais même si c’était très intéressant d’un point de vue professionnel, la distance avec mon mari n’était pas facile à gérer surtout avec deux enfants en bas âge. J'ai pris conscience que j’avais besoin d'un équilibre entre ma réussite professionnelle et ma vie personnelle, que l’un ne pouvait pas aller sans l’autre. A mon retour au Japon j’ai retrouvé mon mari et nous nous sommes installés à Tokyo. J’ai pris des responsabilités dans mon entreprise et suis aujourd’hui en charge de l’expansion de notre activité au Japon. Même si la société japonaise a évoluée ces trente dernières années et que le regard sur le travail des femmes a changé, il est toujours vrai que les inégalités homme-femme existent toujours dans le milieu professionnel. Mon rêve pour l'avenir est de voir mes enfants être heureux. Au Japon, nous avons un conte qui dit que quand un enfant est petit, ses parents lui paraissent très grands, mais à mesure qu’il grandit il les trouve de plus en plus petit. C'est exactement ce que je souhaite pour mes enfants, je veux qu’ils construisent leurs propres rêves et qu’ils puissent les réaliser en volant de leurs propres ailes. »

    Momoka - Tokyo - Japon


    « Je suis l’ainée d’une famille de la préfecture d'Ibarakidu dans le nord de Tokyo. A l’école primaire j’avais un très bon ami qui avait des problèmes d’audition, à cette époque, mon rêve était alors de former des chiens pour aider les personnes sourdes. A l’université j’ai fait des études d’anglais, puis j’ai trouvé un emploi dans une banque où je contrôle l’évolution des devises toute la journée. Je trouve mon travail très ennuyeux et très différent de ce qui me faisait rêver quand j’étais petite mais je n’ai pas vraiment le choix car il faut de l’argent pour vivre à Tokyo. Il y a un an j’ai rencontré mon petit ami, il est européen et était en échange à Tokyo. Malheureusement, il a dû rentrer dans son pays et nous vivons une relation à distance depuis. Mon rêve pour le futur est de vivre avec lui au Japon ou dans n’importe quel autre pays du monde. »

    Rina et Eisuke - Kyoto - Japon


    « Nous avons grandi dans une petite ville de l’Ouest du Japon. Quand j’étais petite mon rêve était de travailler pour l'UNICEF afin d’aider les enfants du monde. Eisuke, lui rêvait de devenir conducteur de train. Nous nous sommes rencontrés il y a quatre ans, ça a été le coup de foudre entre nous et depuis nous ne nous quittons plus. Aujourd’hui nous avons 20 ans, j’étudie l'économie à l'université et Eisuke la géographie. J’aimerais vraiment travailler auprès des ONG lorsque je serai diplômée et que Eisuke sera professeur de géographie. Mais notre rêve pour l’avenir est avant tout de nous marier et de fonder une famille. »

    Shoda - Kyoto - Japon

     
    « Je m’appelle Shoda, j’ai 12 ans, je suis né dans la préfecture de Gifu, sur l’île principale du Japon. Mon rêve pour le futur est d’être un grand joueur de baseball car j’adore ce sport, j’y joue depuis que j’ai 8 ans. »

    Kaede - Kyoto - Japon
     

    « Je m’appelle Kaede, j’ai 9 ans et je viens de Kyoto. Mon rêve pour le futur est de devenir une geisha pour promouvoir l’art et la culture japonaise »

    Ran – Osaka – Japon 
     

    « Je m’appelle Ran, j’ai 16 ans, je viens de la préfecture de Gunma dans le nord de Tokyo. Depuis que je suis toute petite je rêve d’être nourrice. J’adore m’occuper des enfants et je souhaite en faire mon métier. »

    Hiroto - Hiroshima - Japon


    « Je suis né dans la province de Matsuyama sur l'île de Shikoku dans une famille de six personnes. Mon père était pêcheur, il passait beaucoup de temps en mer. Quand j'étais enfant, je rêvais de devenir médecin pour m'occuper des personnes âgées. Je suis allé à l'université mais j'ai toujours senti que j'étais entrepreneur parce que je voulais être indépendant et créer de nouvelles choses. Au Japon, nous avons un gros problème de vieillissement de la population. Alors que le nombre de naissance diminue, le nombre de personnes âgées ne cesse d'augmenter. J'ai donc décidé de créer un établissement de soins pour les personnes âgées. Puis, lorsque cette première affaire tournait bien, j'ai créé une crèche pour offrir une solution aux familles qui travaillent afin de faciliter leur vie et les encourager à avoir des enfants. Au début des années 90, je me suis marié et j'ai eu quatre enfants. Mon rêve a toujours été de me dépasser et faire des choses innovantes. Il y a environ un an, j'ai décidé de créer une nouvelle entreprise dans le domaine du tourisme. J'accueille des gens de partout dans le monde dans une maison d'hôtes. Je voudrais relier mes entreprises entre elles et impliquer les personnes âgées dans mon projet touristique. Récemment, j'ai eu mes dixièmes petits-enfants. Je suis très fier que mes enfants fassent des bébés et participent à augmenter le taux de natalité du Japon. Mon rêve pour l'avenir est de contribuer autant que possible à résoudre le défi démographique de mon pays. »

    Éric - Osaka - Japon 


    « Je suis le dernier d’une famille d’une petite ville du Finistère, mon père travaillait dans la marine marchande et ma mère était femme au foyer. J’ai eu une enfance très tranquille, j’étais plutôt casanier, j’allais à l'école à pied, je jouais au foot avec mes copains, mon rêve était de devenir tennisman professionnel comme Yannick Noah. Je n'ai jamais mis les pieds en dehors de la Bretagne avant mes 18 ans, mon père était aux quatre coins du monde huit mois par an alors quand il rentrait ce n’était pas pour voyager à nouveau. Après une classe prépa, je suis entré en école de commerce. Rapidement j’ai eu l’opportunité de partir au Japon pour effectuer un semestre à l’université. A l’époque, dans les années 80, le Japon était la Chine d’aujourd’hui, c’était la seconde économie mondiale et tout le monde pensait qu’elle allait rapidement supplanter les Etats-Unis. Ces 8 mois ont été une révélation : j'aimais voyager et j’avais soif de découvrir le monde ! J’ai donc effectué mes stages aux Etats-Unis puis au Brésil. Ces trois années de découverte étaient l'antithèse de ce que j'avais vécu pendant toute mon enfance et je voulais que ça continue. Le Japon m’avait fasciné à la fois pour sa modernité et son côté traditionnel, j’ai donc décidé de commencer ma carrière là-bas. J’ai travaillé pendant un an pour une petite entreprise locale. C’est à cette époque que j’ai rencontré celle qui allait devenir ma femme et la mère de mes enfants. Mais comme je n’avais pas de perspectives professionnelles, j’ai été contraint de rentrer en France. Je cherchais par tous les moyens à retourner au Japon mais je ne trouvais rien. J’ai alors commencé à travailler pour Decathlon dans mon Finistère natal en bon passionné de sport que j’étais. Au départ c’était surtout alimentaire car je voulais vraiment repartir au Japon et je n'avais aucune idée qu’il y avait une activité là-bas. Mais j’ai tout de suite adoré mon travail et ma femme m’a rejoint en France. Au bout de deux ans en magasin, on m’a proposé un peu par hasard, un poste au Japon dans un bureau de sourcing. J’ai tout de suite accepté, c’était l’opportunité pour nous de retourner vivre notre rêve au Japon. Mais l’activité de Decathlon dans le pays n’était pas très développée et en 2000, j’ai été muté en Thaïlande. Trois ans plus tard, j’ai pris part au projet d’ouverture des magasins Decathlon en Chine. Nous sommes arrivés à Shanghai en 2003 pour deux ans et nous sommes finalement restés onze ans car le projet était extraordinaire. Il y a 3 ans, j’ai eu l’opportunité de retourner au Japon pour prendre la direction du bureau. Aujourd’hui je travaille sur l’ouverture de magasins pour le pays, c’est un challenge extraordinaire qui me fait rêver. J’ai toujours fait beaucoup de sports et je viens de réaliser un de mes rêves en courant le marathon d’Osaka en moins de 3 heures. Mon rêve pour l’avenir est de m’engager sur les enjeux environnementaux. En vivant en Chine, j’ai été confronté aux problèmes de pollution et j’aimerais que mes enfants puissent grandir dans de meilleures conditions. J’aimerais donc que mon entreprise en plus de rendre accessible le sport au plus grand nombre propose un nouveau modèle d’organisation qui prendra plus en compte notre planète. »

    Toshiko - Hiroshima - Japon

     
    « Je suis née à Tokyo, la capitale du Japon. Lorsque j'étais petite je rêvais de devenir avocate afin d'aider les personnes accusées car j’ai toujours pensé que tout le monde a le droit à un procès équitable. Mes parents sont maintenant décédés mais lorsque j'étais enfant mon père dirigeait une entreprise et ma mère était infirmière. A l’université, j'ai effectué des études de littérature anglaise. Après avoir obtenu mon diplôme, j'ai travaillé pour une compagnie d'assurance, cela était très ennuyeux car je devais uniquement assister les hommes de la société qui eux étaient aux responsabilités. Après quelques temps, mon mari a eu l'opportunité d'étudier à Boston, alors nous sommes partis nous installer aux Etats-Unis pendant deux ans. À notre retour au Japon, il a trouvé un travail à Tokushima et je suis devenue professeur d'anglais pour des collégiens. Dix ans plus tard, nous avons déménagé une troisième fois pour la ville d'Hiroshima. J'ai continué à donner des cours d'anglais mais cette fois pour des étudiants plus âgés à l’université. À cette époque, une amie m'a parlée du musée de la paix d'Hiroshima et de l’engagement des survivants de la bombe nucléaire en faveur de la paix. Au début, je n'avais pas vraiment le temps de m'investir dans quelque chose d’autre que mon travail mais il y a trois ans je me suis dis que c'était le bon moment alors je suis devenue bénévole pour le Peace Museum. Le Japon est le seul pays à avoir souffert de la bombe nucléaire à Hiroshima et Nagasaki. Je pense qu'il est important de discuter de ce qu'il s'est passé avec les japonais venant d'autres préfectures mais également avec les étrangers qui visitent Hiroshima. C'est important pour nous de réfléchir à ce qu’il s’est produit et d'avancer en diffusant un message de paix au monde. Je suis d'ailleurs actuellement en train d'écrire un article à propos des survivants de la bombe nucléaire. Mon rêve pour le futur est de pouvoir transmettre les récits des survivants de la bombe A au plus grand nombre. Je rêve également de passer mon temps libre avec mon mari et de voyager lorsque j'aurai pris ma retraite dans deux ans. »

    Takashi - Hiroshima - Japon


    « Je suis né à Hiroshima en 1934. À cette époque, le Japon était sous l'emprise d'un régime militaire très puissant. Comme beaucoup, quand j'étais petit, mon rêve était de rejoindre l'armée pour être capitaine dans la marine, sans savoir ce que cela impliquait. J'ai grandi avec mes parents, mon grand frère et ma soeur aînée. Mon père travaillait en tant qu'ouvrier naval pour la marine et ma mère s'occupait de notre éducation. Lors de l'été 1945, la guerre du Pacifique avait pris un tournant en faveur des Etats-Unis. Je me trouvais au nord d'Hiroshima avec mon école pour être à l'abri en cas de bombardements ou de débarquement américains. Mais je suis tombé malade et j'ai été renvoyé chez moi le 4 août au matin. Deux jours plus tard, à 8 h 15, j'étais à la maison, avec ma mère, quand j'ai soudainement senti un violent flash dans mon dos. En l'espace d'un instant notre maison s'est effondrée sur nous. Quand j'ai repris mes esprits, j'étais gravement brûlé au visage et je me trouvais sous une grande quantité de débris. Je suis parvenu à sortir des décombres et j'ai constaté que ma mère était également toujours en vie mais gravement blessée. Au début, nous ne comprenions pas ce qui se passait, nous n'avions jamais de notre vie entendu parler de la bombe nucléaire. J'ai appris plus tard que nous nous trouvions à seulement moins d'un kilomètre de l'hypocentre de l'explosion de la bombe A. Autour de moi, tout était détruit, la ville était en flamme et tous les lieux que je connaissais n'existaient plus. Il y avait des morts partout à cause du souffle de l'explosion. Les survivants luttaient pour trouver de l'eau car tout prenait feu. Avec l'aide des voisins, nous sommes parvenus à sortir de la ville. En chemin, la pluie noire s'est abattue sur nous, nous ne le savions pas encore mais des milliers de particules radioactives tombaient du ciel. Par chance, nous étions à couvert lorsque cela s'est produit. En ce qui concerne le reste de ma famille, tout le monde allait bien, mon frère et ma sœur étaient loin de l'hypocentre et mon père travaillait dans le port à ce moment-là. Mais malheureusement la chance que nous avions d'être tous ensemble n'a pas duré longtemps... 10 jours après le bombardement, ma mère a succombé à ses blessures. J'étais moi-même dans un état critique, luttant pour survivre, flottant entre la vie et la mort. Je suis resté à l'hôpital jusqu'à la fin de l'année 1945. Pendant ce temps, mon père et mon frère sont retournés en ville pour reconstruire notre maison. Personne ne parlait des radiations résiduelles et ils ont étaient sérieusement exposés à la radioactivité. À cause de cela, mon frère est mort d'un cancer du poumon à l'âge de 52 ans. En 1946, mon état de santé s'était amélioré et nous sommes rentrés chez nous. Je suis retourné à l'école primaire et la vie a continué. Certaines personnes me demandent comment on peut vivre après un tel traumatisme et je n'ai pas d'autre réponse que nous n'avions pas d'autre choix ! À cette époque, la guerre était finie, le Japon avait rendu les armes, il y avait d'importantes pénuries alimentaires et les conditions de vie étaient très difficiles. Je n'avais plus aucun rêve, je me battais juste pour survivre. Après le lycée je n'ai pas eu d'autres choix que de travailler pour une entreprise locale de production d'électricité. J'ai fait ce travail pendant plus de 40 ans. En 1962, je me suis marié et puis j'ai eu trois enfants, deux filles et un fils. Pendant des années, je n'ai pas parlé à quiconque de la guerre ou de la bombe A. Quand j'ai pris ma retraite à l'âge de 63 ans, j'ai commencé à m'engager au sein du Peace Museum de Hiroshima. Étant à plusieurs reprises grand-père, j'ai pensé qu'il était temps de raconter ce que j'avais vécu et de partager au monde un message de paix. En 2016, le président Obama est venu à Hiroshima, c'était la première fois qu'un président Américain faisait le déplacement, son geste a une grande signification pour nous, les rescapés. Pendant de nombreuses années, j'avais des ressentiments envers les Américains car ils avaient tués ma mère et détruit ma vie. Mais avec le temps, j'ai compris que le coupable n'était pas les Américains mais la guerre ! Quel que soit le côté dans lequel vous vous trouvez, la guerre vous fait souffrir de la même manière partout dans le monde. Mes états d'âme étaient donc moins importants que la paix. C'est pourquoi la chose la plus importante pour moi est de militer pour un monde sans guerre. Nous devons dire à nos leaders que nous ne voulons plus d'armes nucléaires. J'ai ainsi commencé à voyager à travers le monde pour diffuser ce message lors de conférences. Je peux enfin dire que je pardonne ce qui m'est arrivé le 6 août 1945. Mon unique rêve pour l'avenir est de voir mes petits enfants grandir dans un monde en paix où les êtres humains respectent leurs différences. »

    All Posts
    ×