• Portraits de rêveurs kiwis

    Ray - Tokoroa - Nouvelle-Zélande


    « Comme tous les enfants en Nouvelle-Zélande, mon rêve quand j'étais petit était de jouer pour les All-Blacks. Je suis le dernier né d'une fraternité de douze enfants d'une famille maori de Tokoroa, une ville de l’île du nord du pays. Quand j'étais petit nous vivions modestement tous ensemble avec mes parents et mes frères et soeurs dans une petite maison de seulement deux chambres, mais nous étions très heureux. J'avais douze ans lorsque la mère est morte dans un accident de voiture et que six mois plus tard mon père est décédé d'un cancer. Après ces épreuves difficiles de la vie, j’ai intégré un collège de garçon maori en internat. Là-bas j'ai beaucoup joué au rugby, j’en ai appris plus sur la culture maori et notamment les différents haka, nos danses traditionnelles connues dans le monde entier mais surtout j'ai commencé à avoir de mauvaises fréquentations. N’ayant plus de parents, j’étais un jeune garçon perdu et vulnérable car je n’avais pas de repères. A l’âge de 17 ans j’ai quitté l’école, je fumais beaucoup de marijuana et j’ai commencé à fréquenter les gangs du coin. Petit à petit j’ai perdu pied et je me suis retrouvé du mauvais côté de la loi. Pendant une dizaine d’année, j’ai vécu dans ma voiture, chez des amis et je faisais des petits boulots licites et illicites en tout genre. J’étais le mouton noir de ma famille car certains de mes grands frères étaient devenus policiers. Puis j’ai rencontré quelqu’un avec qui j’ai partagé ma vie pendant dix-huit ans et avec qui j’ai eu quatre enfants. Durant sa première grossesse, ma compagne s’est fait agressée par un membre d’un gang rival, j’ai alors pété les plombs et je suis allé me venger. Ca m’a couté plusieurs mois de bracelet électronique durant lesquels je n’étais plus autorisé à quitter la maison. C’est à la naissance de mes enfants que j'ai pris conscience qu'il fallait que je change et que j'avais des choses plus importantes à m’occuper. J’ai diminué ma consommation de drogue et d’alcool et j’ai peu à peu changé mes fréquentations en m’aidant du soutien de l’église chrétienne. J’ai pris conscience que mon histoire n’était pas un cas isolé dans la communauté maorie et que l’Histoire de la Nouvelle-Zélande avait quelque chose à voir avec ce qui m’est arrivé. Les maoris, sont les populations natives du pays, bien avant l'établissement de la colonie anglaise au XIXème siècle. À l'arrivée des colons, il y a eu de nombreux actes de violences et de guerres avec les tribus maoris qui à cette époque vivaient de manière assez archaïque. En 1840 le Traité de Waitangi a fixé un cadre de cohabitation entre les colons et les maoris mais les problèmes entre les deux communautés n’ont pas disparus. Les descendants des premiers colons ont rapidement surpassé en nombre les maoris et une longue histoire de violences raciales s’est mis en place. Jusque dans les années 80, les maoris n’étaient pas autorisés à parler leur propre langue qui s’est peu à peu perdue au profit de l’anglais. Aujourd'hui encore la situation des maoris est compliquée, nous faisons partis des classes sociales les plus pauvres du pays et nous nous retrouvons bien souvent dans des histoires de violences et de gangs. Au-delà des problèmes de discrimination, je pense que les maoris sont aussi leurs propres ennemis. Les gangs sont principalement composés de maori et ils recrutent des jeunes perdus comme j'ai pu l'être à un moment dans ma vie et le cercle vicieux est difficile à briser. C’est pour ça qu’aujourd’hui je déteste les gangs et la violence de certains maoris qui sont en colère à cause de l’histoire compliquée de notre peuple. Cela fait 10 ans que je travaille dans une entreprise d'ingénieur en tant que mécanicien et j’aime beaucoup mon métier. Il y a quatre ans, mon ex-compagne a trouvé quelqu'un de mieux que moi et m’a mis dehors du jour au lendemain. Ca a été une période très compliquée pour moi car même si je n’étais pas l'homme parfait, j’ai toujours aimé ma compagne et mes enfants. Le plus dur dans cette histoire c’est que mon ex ne veut plus que je vois mes enfants et la justice lui a donné raison à cause de mon passé de délinquant. Quand mon ex-compagne m'a mis dehors je lui ai laissé la maison et la voiture pour ne pas causer de torts aux enfants. Aujourd’hui je loue un petit cabanon en attendant d’avoir suffisamment d’économie pour m’acheter une nouvelle maison. Mon rêve pour le futur est de pouvoir voir mes enfants grandir dans un environnement paisible et loin de toute cette violence, j’aimerais acheter une petite maison où je pourrais les accueillir quand ils seront plus grands et qui leur reviendra quand je ne serai plus là. »

    Darren - Tokoroa - Nouvelle Zél​ande 
     

    « Mes parents biologiques m’ont abandonné à la naissance en 1971 à Christchurch. Lorsque je n’étais encore qu’un bébé, j’ai été adopté par une famille qui a également recueilli trois autres orphelins. Durant mon enfance, je souffrais d’un sentiment de rejet et de manque d’attention, je n’avais aucun rêve et j’étais un gosse particulièrement difficile. J’ai toujours eu de mauvaises fréquentations, je devais avoir dix ans quand j’ai fumé mon premier joint. Après le collège, j’ai arrêté l’école pour commencer à dealer de la drogue et faire tout un tas d’autres bêtises. J’avais 15 ans lorsque ma vie a complètement basculée, je me rendais à une soirée en moto avec un de mes amis. J’étais complètement défoncé et je n’avais pas de phares car je ne voulais pas me faire remarquer par la police. La dernière chose dont je me souviens c’est le bruit de ma moto, l’instant d’après je me suis réveillé dans un lit d’hôpital. J’ai passé quatre semaines dans le coma, à mon réveil je ne pouvais plus marcher, ni parler, et j’avais complètement perdu l’usage de mon oeil droit. Je suis resté plus de neuf mois à l’hôpital, puis ça m’a pris trois ans avant de pouvoir remarcher. J’ai été entubé pendant plus de trente ans ce qui a totalement modifié le son de ma voix. Après l’accident, ma vie était en ruine, mes parents m’ont soutenu mais ils étaient aussi en colère contre moi car j’étais responsable de ce qui m’était arrivé. Alors comme j’étais complètement brisé, je me suis à nouveau réfugié dans l’alcool et la drogue pour m’évader et supporter les soins et la longue rééducation que j’avais à subir. Un jour, environ trois ans après l’accident, en faisant du stop pour me rendre à l’hôpital, j’ai fait la rencontre d’un homme qui a vu dans l’état calamiteux dans lequel je me trouvais et m’a proposé de m’accompagner à l’église pour trouver du soutien. A ce moment, j’étais un toxicomane, alcoolique et je n’avais jamais mis les pieds à l’église, mais sa proposition m’a rappelé un souvenir qui s’était enfoui au fond de ma mémoire. Lorsque j’étais inconscient dans mon lit d’hôpital, j’ai eu une sorte de vision durant laquelle j’ai vu trois hommes sur des chevaux s’approchaient de moi, l’un d’eux, qui ressemblait étrangement aux images que j’avais vu de Jesus auparavant, s’est approché tout près de moi et m’a dit : « nous ne sommes pas encore prêts pour toi. » Le rappel de ce souvenir m’a fait comme l’effet d’une bombe et le dimanche suivant j’étais à l’église et je découvrais les paroles du seigneur et les valeurs d’entraide et de pardon. Six mois après je me faisais baptiser et je reprenais l’espoir. Malheureusement, ma vie était vraiment difficile à cette époque, je vivais dans ma voiture ou chez des amis et je n’arrivais pas à arrêter la drogue et l’alcool. J’ai continué pendant un moment à osciller entre la drogue et l’église où je sentais qu’un autre avenir pour moi était possible mais il était encore inaccessible. C’est à cette époque que j’ai rencontré pour la première fois Bronwyn, elle faisait partie de l’église protestante et m’a proposé de m’aider en m’hébergeant pendant quelques temps chez elle. C’était la première fois que quelqu’un s’intéressait vraiment à moi et me proposait son aide. Bronwyn était plus âgée que moi, elle était divorcée et avait trois enfants à la maison et était très engagée dans la vie de l’église car elle était sur le point de commencer des études pour devenir pasteur. J’ai passé un an chez Bronwyn et sa famille et ce fût la plus belle année de ma vie jusqu’alors, je me sentais accueilli et accepté pour ce que j’étais. Malheureusement pour moi, Bronwyn a déménagé pour intégrer une école de théologie pendant deux ans et je suis retourné à la case départ. Sans logement et sans travail, j’ai rapidement augmenté ma consommation de drogue et d’alcool que je finançais en faisant des petits vols. Pendant ce temps, j’appelais régulièrement Bronwyn pour lui dire qu’elle me manquait. Chaque fois que je l’avais au téléphone je la demandais en mariage mais elle ne me prenait pas au sérieux et rigolait en me disant que nous n’étions pas fait l’un pour l’autre à cause de notre différence d’âge et notre difference de mode de vie. Mais je sentais qu’elle n’était pas sur d’elle quand elle me disait ça ! Un jour je lui ai demandé, ce que je devais faire pour être assez bien pour elle et c’est après lui avoir posé cette question qu’elle a accepté de se marier avec moi. Je pense que comme moi, elle m’aimait depuis le début mais qu’elle ne voulait pas l’accepter. Nous avons alors emménagé ensemble près d’Auckland, puis nous avons déménagé dans une petite ville de l’île du nord de la Nouvelle-Zélande où Bronwyn est devenue pasteur. Rapidement, mes vieux démons m’ont rattrapé, je me suis mis à boire de plus en plus et au bout d’un an j’ai déraillé et je suis parti du jour au lendemain sans prévenir ma femme. Durant cinq ans j’ai vécu à Christchurch dans des squats sous l’emprise de la drogue. A un moment donné j’ai réalisé ce que la drogue et l’alcool me faisait faire et je me suis senti honteux. J’ai donc pris mon courage à deux mains, j’ai appelé ma femme pour lui donner des explications et m’excuser. Après cinq ans, à ma grande surprise, elle n’était pas trop en colère contre moi et nous nous sommes mis d’accords pour que je fasse les démarches pour demander le divorce. Quelques jours plus tard, je me suis fait arrêter par la police pour conduite en état d’ivresse et au vu de mon passif je risquais la prison. Bronwyn était la seule personne que je connaissais vraiment et elle a accepté de m’aider durant les quelques mois où j’ai eu le bracelet électronique pour que je n’aille pas en prison. Cette histoire et le pardon que m’a accordé Bronwyn m’a fait prendre conscience qu’il fallait que je change définitivement. La femme avec qui j’étais marié et que j’aimais était prête à m’accepter après tout ce que je lui avait fait endurer et je ne pouvais pas la décevoir une nouvelle fois. J’ai donc fait le serment de ne plus jamais toucher à la drogue et à l’alcool. Cela fait maintenant huit ans, j’apprécie chaque instant de ma nouvelle vie. Sans Bronwyn, je ne m’en serais probablement jamais sorti mais son attention et son amour m’ont permis de voir la lumière au bout du tunnel. Il y a deux ans, nous avons déménagé dans une petite maison à Tokoroa et ma femme a pris sa retraite. Depuis, j’ai créé ma petite entreprise de jardinerie, je tonds le gazon des habitants du quartier. Aujourd’hui j’ai une soixantaine de clients et je travaille tous les jours pour ramener de l’argent à la maison. Ma femme s’est occupée de moi pendant quinze ans et m’a supporté malgré tous mes défauts, c’est désormais à mon tour de prendre soin d’elle et de lui faciliter la vie jusqu’à la fin de nos jours. Mon rêve pour le futur est que ma petite entreprise se porte pour le mieux pour que je puisse payer un voyage en Europe à ma femme. Evidemment, je souhaite également me tenir le plus loin possible de la drogue et de l’alcool jusqu’à la fin de ma vie pour ne jamais plus avoir à affronter ces épreuves mais ça c’est pas un rêve, c’est une certitude ! »

    Nicolas et Chrystel - Christchurch - Nouvelle-Zélande

     

    "Quand j'étais enfant je rêvais d'être magicien mais pas n'importe quel magicien, un magicien qui réalise des tours de magie sans trucages. Je suis né dans le nord-est de la France. Lorsque j'avais quatre ans mes parents ont traversé l'Atlantique avec leur quatre fils pour s'installer en Guyane française. Lorsque j'ai eu onze ans, ils ont décidé qu'après avoir voyagé dans tous les pays d'Amérique du Sud, nous allions passer un an sur les routes des Etats-Unis en camping-car. Après cette année je suis rentré en France avec ma mère car mes parents avaient décidé de se séparer. J’ai ensuite effectué mon lycée dans un internat à Lyon. A cette époque, j'étais un peu atypique car j'avais beaucoup voyagé et que j’avais un côté artiste. C'est à ce moment, en 1987 que j'ai rencontré Chrystel avec qui je partage aujourd'hui ma vie. Chrystel est née en 1969 à Lyon, sa mère et son père étaient instituteurs. Depuis toute petite, elle a toujours été très curieuse et intéressée par l'humain. Nous étions tous les deux de grands rêveurs et nous aimions l'aventure donc le courant est vite passé. Après notre rencontre elle a fait une fac de science-éco à Lyon pendant que moi je faisais une école d'ingénieur à Saint Etienne. Puis, j'ai effectué un échange d'un an et demi en Angleterre avant de partir faire mon service militaire. Avec Chrystel nous avons alors entretenu une relation à distance et nous nous écrivions beaucoup de lettre car évidemment il n'y avait pas Internet. Nous partagions le même rêve, celui de voyager et de vivre à l'étranger, on parlait même de partir nous installer en Australie à la fin de nos études. Puis Chrystel a trouvé un boulot dans les Ressources Humaines qui la faisait se déplacer dans toute la France et moi je me suis installé à Paris pour mon premier emploi avec lequel je faisais des missions de trois mois à l'étranger : Egypte, Chine, Jordanie et Inde. En 1996, après 10 ans de relation à distance et beaucoup de voyages en commun j'ai profité d'un plan social pour rejoindre Chrystel qui travaillait dans un petit village du Gers, c’était la première fois que nous vivions vraiment ensemble. Nous nous sommes mariés et avons eu notre premier fils, Kent. Au bout d'un an, comme je ne trouvais pas de boulot, j'ai dû accepter une proposition pour devenir ingénieur en télécommunication à Paris et notre famille s’est retrouvée à nouveau séparée par la distance. Mais Chrystel a ensuite aussi été mutée sur Paris et on a vécu un an ensemble avant de nous lancer dans de nouvelles aventures. En 2000, j'ai saisi l'opportunité d’une expatriation de deux ans aux Etats-Unis. Chrystel venait d'accoucher de notre second enfant, Chloé et nous sommes donc partis en famille à Dallas au Texas. Pendant deux ans, Chrystel qui n'avait pas le visa travail, s'occupait des enfants et a mis au monde notre dernier fils, Neo. En 2002, c'est donc à cinq que nous sommes rentrés en France. J'avais toujours rêvé d'élever mes enfants dans un petit village français avec l’école primaire, le clocher de l'église et les petits commerce. A notre retour, on a donc fait construire une maison dans le beaujolais. Chrystel a trouvé un boulot à responsabilités et moi je faisais du télé-travail depuis la maison et j'avais du temps pour m’occuper des enfants. À un moment Chrystel a décidé de reprendre ses études et a fait une licence de psychologie avant de retrouver un travail dans les Ressources Humaines et j’ai également changé d’employeur. Durant toute cette période on a continué à voyager en famille : Europe, Afrique du Sud, Thailande et on adorait ça ! En 2012, après 10 ans dans notre petit village et alors que nos enfants avaient fini l'école primaire, que nous avions terminé la maison et qu'on avait tous les deux des postes à responsabilités, on s'est dit qu'il était temps pour nous de rebattre de nouveau les cartes car nos vies commençaient un peu à ronronner ! Après en avoir discuté avec les enfants on a décidé de s'expatrier dans un pays anglo-saxon. Au départ, on a de nouveau pensé à l'Australie mais les conditions d’obtention du visa étaient compliquées et nous sommes tombés un peu par hasard sur la Nouvelle-Zélande. Nous avons donc tous les deux démissionnés, vendu notre maison, les voitures et on s'est envolé avec un visa touriste et nos trois enfants en Nouvelle-Zélande. On connaissait rien de la culture, du marché du travail et du système néo-zélandais mais on se sentait vivant car on repartait à l'aventure. Un jour avant notre arrivée à Auckland, on a appris que j'avais été retenu pour un poste d'ingénieur en télécommunication à Christchurch, la plus grande ville de l'île du Sud. On a scolarisé les enfants, acheté une maison et Chrystel a eu plusieurs petites expériences professionnelles et de bénévolat avant de décider de prendre du temps pour elle et son développement personnel. Moi je travaille comme ingénieur télécom et j'adore cela, tous les jours je crée des innovations et nouveaux produits. J'adore la culture kiwi, les nombreuses interactions humaines dans le travail et j'essaie d'apporter du sourire dans le quotidien des équipes. En Nouvelle-Zélande on profite de la nature et des incroyables parcs nationaux pour faire des randonnées, de l'océan pour aller surfer ou faire du kayak, des grands espaces pour faire de la moto et du 4*4. Évidemment, nous continuons à voyager, récemment on a fait un trek de deux semaines au Népal, l'un de nos rêves. Pour moi, réaliser ses rêves, c’est réaliser des petits bouts d'aventures les uns après les autres. Pour le futur, on rêve de partir en exploration autour du monde sans date de retour et sans attaches lorsque nos enfants auront tous les trois pris leur envol. On ne sait pas exactement quand et comment ce rêve se réalisera mais ce qui est sur c'est que l'exploration et l'aventure ne sont pas terminées et qu'on veut profiter pleinement du temps qu'on passe sur cette planète pour faire ce qui nous rend heureux et nous sentir vivant."

    Silvia - Auckland - Nouvelle Zélande


    « Je suis née en Hollande, j’ai travaillé aux Etats-Unis et en France, aujourd’hui je vis en Nouvelle-Zélande et je me sens citoyenne du monde. Jusqu’à mes six ans je vivais sur un bateau car mes parents étaient tous les deux skippers en Europe. Lié ou non, mon rêve à l'âge de huit ans était de voyager. J’allais dans les agences de voyage pour lire les brochures et m'inventer mes prochains voyages. J'ai toujours sentie que là où je vivais n'étais pas le pays dans lequel je ferai ma vie, j'avais besoin d'exploration et de découverte. Dans le village hollandais où j'ai grandi tout le monde connaissait notre famille, il fallait juste nous regarder pour nous reconnaître. C'était quelque chose que je détestais et qui m'oppressait. J'avais l'impression de n'être connu que par mon nom de famille et non pour la personne que j'étais. A l’âge de 17 ans j’ai décidé de prendre mon envol et devenir autonome. J’ai toujours été une jeune fille créative voulant faire bouger les choses. Après avoir exploré plusieurs domaines d’étude et travaillé un temps je suis partie vivre quatre ans aux Etats-Unis où je travaillais en tant que guide touristique. C’est à cette époque que j’ai rencontré le père de mon premier fils. Quand je suis tombée enceinte nous avons tout de suite décidé de nous installer en France, le pays natal de mon partenaire. A la naissance du petit, je me suis aperçue que la vie parisienne n’était pas adaptée pour un nouveau né alors nous avons emménagé dans le sud ouest puis dans le sud est. Nous nous sommes finalement séparés et j’ai rencontré par la suite mon compagnon actuel avec qui je vis depuis 14 ans. Il était sur le point d’immigrer en Nouvelle Zélande mais est finalement resté quelques années supplémentaires en France avant que nous décidions de partir nous installer là-bas. C’est donc avec un visa touriste que nous avons atterri à Auckland et c’est avec surprise que je me suis aperçue quelques jours après notre arrivée que j’étais enceinte de notre fils. Au début j’avais beaucoup de mal à me sentir chez moi car je n’aime pas la montagne et surtout j’avais beaucoup de mal à faire des rencontres. Quand nous nous sommes installés en Nouvelle Zélande je pensais que nous allions rentrer tous les ans voire tous les deux ans en Europe mais il nous a fallu sept ans pour y retourner. C’est à ce moment que j’ai pris conscience que la Nouvelle Zélande n’était pas si mal et que mine de rien je m’étais fait ma petite place. Je travaille depuis quatre ans dans une association de quartier. On représente notre communauté dans les mairies afin de faire bouger les choses et créer du lien entre les habitants. Mon rêve pour le futur serait de créer une communauté intergenerationnelle basée sur l’entraide et le partage. »

    Leilani - Auckland - Nouvelle Zélande 
     

    "Je suis née à Whangarei dans le nord de l’ile du nord de la Nouvelle-Zélande. J’ai grandi dans une famille maori de six enfants. Quand j'étais plus jeune mon rêve était de devenir danseuse car la danse est quelque chose de très présent dans la culture maorie. À l'adolescence j'ai eu de mauvaises fréquentations et je suis tombée sous l'emprise du garçon avec qui j'étais en couple. Il était très mauvais pour moi, il abusait de moi et me prenait pour son esclave. J'étais très vulnérable, j’ai alors quitté l’école et suis devenue accro à la drogue. Durant quelques années, je suis devenue l’ombre de moi-même et je vivais de petits boulots en petits boulots à travers le pays pour me payer de la drogue. J’ai finalement réussi à me sortir de ce cercle vicieux, lorsque je me suis installé à Auckland, il y a un peu plus d’un an grâce à l’église et à la foi. Peu à peu, avec le soutien des membres de l’église, j’ai réussi à m'éloigner des personnes toxiques qui m'entouraient et à arrêter la drogue. Cette année à essayer de devenir clean et à quitter les gens avec qui je trainais depuis longtemps a été la pire de ma vie car c’était très difficile. J'ai fait deux tentatives de suicide et je me demandais si la vie en valait vraiment la peine. L'église a été un vrai pilier pour moi et m’a permis d’aller dans une famille d'accueil pendant environ quatre mois, ces personnes m'ont énormément aidé à sortir la tête de l’eau. Aujourd'hui je travaille dans une association de quartier, j’essaie de connecter les gens entre eux en faisant des activités et en faisant en sorte que la voix des jeunes soit entendue. J’ai repris le dessus sur mes galères et je me sens beaucoup mieux dans mes baskets. En plus de mon travail, j’ai plusieurs engagements associatifs et auprès de l’église pour aider des jeunes en difficulté. Être maori est une partie de ce que je suis, c’est mon identité, mes racines et j’en suis fier. Aujourd’hui, j’essaie d’apprendre à parler la langue de mes ancêtres qui a pratiquement complètement disparue. Mon rêve pour le futur est de devenir une source de motivation pour les personnes qui en ont besoin et leur prouver qu'il est possible de se sortir de toutes les situations, mêmes les plus difficiles. Ma foi m'a aidée à gravir des montagnes et à être là où je suis aujourd'hui, je veux donc partager cela et aider les gens qui sont en difficulté à s'en sortir."

    John - Takapau - Nouvelle-Zélande


    « Avoir un père entraineur de rugby et naître dans le Canterbury une région viticole de la Nouvelle-Zélande m’ont donné les deux plus grandes passions : le rugby et le vin.
    J’ai grandi à la campagne à Waikari au nord de Christchurch dans une famille de fermiers. Quand j’étais petit je rêvais de devenir un joueur des All-Blacks comme de nombreux enfants en Nouvelle-Zélande. J’ai commencé à jouer au rugby à l’âge de 5 ans, d’abord au poste de talonneur puis comme pilier. Après le lycée, j’ai débuté des études de design à l’Université de Wellington mais je ne les ai pas terminés car je passais plus de temps sur les terrains de rugby qu’ailleurs. J’ai ensuite travaillé un moment à Christchurch dans la publicité mais j’ai décidé de changer de métier pour avoir une activité professionnelle qui soit plus physique et me permette de faire travailler mon corps pour être meilleur au rugby. J’ai alors travaillé dans un entrepôt frigorifique à déplacer des marchandises. C’est à ce moment que j’ai rencontré Jo avec qui je me suis marié et j’ai eu trois fils par la suite. Nous avons acheté une petite propriété et je continuais à m’entrainer dur pour réaliser mon rêve de jouer pour l’équipe nationale de rugby de Nouvelle-Zélande. Je jouais alors pour l’équipe provinciale de Canterbury dont de nombreux All-Blacks sont issus. A cette époque le rugby, n’était pas un sport professionnel en Nouvelle-Zélande, ce qui veut dire que nous n’étions pas rémunérés pour jouer. En 1977, j’ai appris par la radio que j’étais sélectionné pour effectuer la tournée européenne des All-blacks. J’étais très fier car mon rêve se réalisait mais j’avais aussi peur car jouer pour les All-blacks c’est beaucoup de responsabilités à la fois pour son pays, pour son équipe et pour sa famille. Je me rappelle parfaitement de mon premier match, c’était contre l’Italie et après ça les choses se sont enchaînées. J’ai joué plus de cinquante matchs pendant huit ans sous le maillot des All-Blacks. Tous les ans je partais trois mois à l’étranger pour jouer des tests-match contre nos adversaires. Durant mon absence, Jo travaillait dur pour pouvoir faire vivre notre famille. En plus du rugby, j’ai toujours eu un autre rêve, celui de devenir fermier comme mes parents. En 84, avec Jo, nous avons donc vendu notre petite maison et acheté une ferme à Takapau sur l’île du nord de la Nouvelle-Zélande. Quand nous nous sommes installés ici, il n’y avait pas grand chose et nous avons travaillé dur pour développer notre exploitation qui compte désormais plus de 3000 moutons, des centaines de vaches et quelques biches. En 86, pour des raisons politiques liées à l’apartheid, la tournée des All-Blacks en Afrique du Sud a été annulée. Certains joueurs dont je faisais partis ont tout de même fait le déplacement en Afrique du Sud pour jouer à titre individuel et ont pris le nom de cavalier noir. Ce fut la dernière fois que j’ai joué au rugby avec les All-Blacks, seulement quelques mois avant la première Coupe du Monde en 1987 que l’équipe de Nouvelle-Zélande a remporté. Après avoir arrêté le rugby de haut niveau, je suis devenu entraineur et je me suis investi dans le sport au niveau local en plus de mon activité quotidienne à la ferme avec ma femme. C’est au cours d’une de mes tournées avec les All-Blacks en France que j’ai découvert le Pinot Noir, un cépage français. Ca a été comme une révélation et petit à petit j’ai commencé à rêver de produire mon propre vin en Nouvelle-Zélande. Dans les années 90, nous avions déjà bien avancé dans le développement de notre ferme, nous avons donc décidé d’essayer de cultiver notre raisin sans vraiment savoir ce que nous faisions. A cette époque, mon fils était étudiant en agriculture à l’université, lorsqu’il a vu ce que nous essayions de faire, il a décidé de se former en viticulture et oenologie pour nous aider. Nous avons commencé petit et c’est en 2000 que nous avons commercialisé nos premières bouteilles de vins qui portent toutes des noms liés au rugby. Notre travail est aujourd’hui reconnu et notre production a eu plusieurs distinctions. Désormais, nous avons 24 hectares de vignes et produisons 40 000 bouteilles par an de nombreux différents cépages dont le pinot noir qui est de loin mon préféré. Ma plus grande fierté est d’avoir une famille unie et aimante, nos trois fils sont impliqués dans la gestion de la ferme et de la production viticole. Petit à petit nous leur passons la main de la gestion de nos activités pour qu’ils prennent la relève. Notre rêve pour le futur est de prendre notre retraite d’ici quelques années pour voyager et vivre dans une petite maison près de la mer. Normalement, nous allons commencer dès l’an prochain en allant au Japon pour la Coupe du Monde de rugby. Par la suite, j’aimerais aussi retourner en France et travailler un petit moment avec un viticulteur. Ce qui est sur c’est que le rugby et le vin seront toujours mes plus grandes passions. »

    Kim - Hastings - Nouvelle Zélande


    "Je suis née en 1968 à Eshowe en Afrique du Sud. Quand j'étais petite mon rêve était d'être dessinatrice de bande dessiné car j'étais fan de la BD de Garfield. Puis en grandissant j'ai toujours senti que je voulais aider les gens. J’ai alors fait des études de psychologie et en 2005, je me suis mariée. Avec mon mari nous avons ressenti le besoin de changement alors au bout d'un an nous avons émigré en Nouvelle Zélande. C'était mon rêve d'aller là bas car j'avais de la famille mais aussi parce que la situation politique de mon pays natal ne me convenait pas. Nous nous sommes installés à la campagne car mon mari faisait de l'asthme en ville et quelques semaines plus tard je me suis aperçue que j'étais enceinte de six semaines de notre fils, James. Nous sommes restés cinq ans puis avons décidé de déménager à Hastings pour raisons professionnelles. Nous avons accueilli par la même occasion notre deuxième enfant, Emma. Après quelques années à m'occuper des enfants j'ai finalement repris des études afin de connaître le langage médical de la Nouvelle Zélande qui me permettrait ainsi d'exercer dans ce pays. Ce travail me convient parfaitement car cela me permet de faire passer ma famille et ma maison en premier. Il y a deux ans, notre fils James est décédé subitement. Cela nous a beaucoup affecté ainsi que notre fille Emma qui a été très bouleversée par la perte de son frère. Depuis le décès de notre enfant je n'ai plus vraiment de rêves. Je souhaite seulement le meilleur pour notre fille, je rêve qu'elle puisse grandir et qu'elle ait une vie remplie et joyeuse. Lorsque nous avons eu nos deux enfants mon mari avait fait une vasectomie. Nous avons décidé il y a peu qu'il était temps d'inverser cette vasectomie afin de nous permettre d'avoir d'autres enfants. Nous aimerions à nouveau remplir notre maison de cris d'enfants, de joie et d'amour."

    Bronwyn - Tokoroa - Nouvelle Zélande


    « Quand j’étais petite mon rêve était de devenir une femme au foyer et d’avoir une maison avec un petit potager mais il semblerait que dieu avait un autre plan pour moi. Je suis née à Palmerston North dans une famille protestante installée en Nouvelle-Zélande depuis 1860, le départ de mes ancêtres d’Angleterre. A l’université, j’ai fait des études pour devenir maîtresse d’école. J’ai exercé ce métier deux ans et demi avant de me marier à l’âge de 21 ans avec celui qui avait été mon tout premier amour à l’école. J’ai ensuite eu trois enfants et nous avons acheté une maison. Malheureusement, mon mari était rapidement lassé de ce qu’il faisait et pendant plusieurs années nous n’arrêtions pas de déménager et recommencer notre vie à zéro. Au bout d’un moment mon mari s’est aussi lassé de moi et a demandé le divorce après dix ans de mariage. Je me suis retrouvée seule avec mes trois garçons et j’ai dû commencer à travailler. Durant toute ma vie, ma foi a été très importante et je voulais aider les autres à trouver le chemin vers Dieu. J’ai alors pensé qu’un bon moyen pour faire ça était de devenir missionnaire et je suis donc entrée dans une école de théologie pendant deux ans. Etudier la théologie, me permettait de subvenir aux besoins de ma famille car l’église nous fournissait un logement. Après mes deux années d’études j’ai commencé à travailler dans une église Baptiste dans le nord d’Auckland dans l’équipe du pasteur où j’aidais à l’intégration des nouveaux membres dans la communauté. En 1998, j’ai décidé de me remarier malgré le fait que ce ne soit pas très courant dans l’église protestante. Darren était plus jeune que moi et avait une histoire de vie très compliquée mais je l’aimais et c’était le plus important pour moi. Au bout de cinq ans, il était tant de changer de direction mais je ne savais pas vraiment comment. J’ai donc repris quelque temps mes études à l’école de théologie et on m’a proposé de rejoindre la classe pour devenir pasteur. Je ne savais pas quoi répondre car je n’étais pas sure qu’une femme puisse devenir pasteur mais je me suis dit que si c’était ce que dieu voulait que je fasse alors je devais l’écouter. Après trois ans d’études, je suis donc devenue l’une des premières pasteurs femme en Nouvelle-Zélande et j’ai été appelée pour m’occuper de la petite église de Caterton en 2004. Accepter une femme, qui plus est divorcée et remariée n’est pas quelque chose de très commun, la seule chose qui peut expliquer ça c’est que dieu voulait vraiment que je fasse ça. J’ai exercé pendant dix ans en tant que pasteur à Caterton, c’était très intéressant et stimulant. En plus des serments du dimanche, j’ai mis en place tout un tas de projet comme des repas communautaire pour les plus démunis ou encore des événements pour Pâques et Noël. Durant tout mon temps à Caterton j’étais payée la moitié du salaire habituel pour un pasteur car l’Eglise était trop petite et n’avait pas les moyens de me donner plus. Comme je voulais me dédier complètement à ce que je faisais, je n’ai pas fait d’autre travail à côté. La vie avec mon mari Darren qui a eu de nombreux problèmes avec la drogue et l’alcool n’a pas toujours été facile mais je me suis toujours dit que Dieu ne l’avait pas mis pour rien sur ma route et je me suis toujours sentie utile pour lui. Il y a quatre ans j’ai finalement pris ma retraite, avec mon mari nous avons déménagé dans la petite ville de Tokoroa où les prix de l’immobilier sont assez bas par rapport au reste du pays. Nous avons acheté une petite maison où j’ai finalement planté mon petit potager. Mon rêve pour le futur est toujours d’être utile à Dieu en aidant les autres. J’aimerais aussi effectuer un voyage en Europe et plus particulièrement en Allemagne pour assister à une représentation de la passion du Christ qui se passe tous les dix ans lors des célébrations de Pâques dans la ville d'Oberammergau. Ce voyage sera je l’espère aussi l’occasion d’aller en Angleterre sur les traces de mes ancêtres. »

    Imogene - Hastings - Nouvelle Zélande


    "Je m’appelle Imogene, j’ai cinq ans et je vis à Maraekakaho, une petite campagne proche d'Hastings. J’adore sauté en l’air, jouer à trape-trape et courir partout. Je suis en première année à l’école primaire. Ce que j’aimerais vraiment c’est d’avoir un très grand poney, mais pas un jouet un vrai poney vivant. Mon rêve pour le futur est de devenir écrivain, j’ai appris à écrire à l’école et j'adore ça. J’aime beaucoup les livres qui font peurs et je voudrais en écrire quand je serai plus grande. »

    Aaron - Fox Glacier - Nouvelle Zélande


    "J’ai grandi dans une petite ville de Californie aux Etats-Unis. C'est au lycée que j'ai commencé à aimer les grands espaces et la nature grâce à un voyage scolaire. Quand j'étais plus jeune mon rêve était de devenir un grand joueur de baseball. Le sport a toujours eu une place importante dans ma vie. À la fin de mes études je suis parti vivre deux ans en Alaska afin de devenir guide de rivière, je faisais du rafting et d'autres activités aquatiques. Il y a quelques mois j'ai décidé de venir en Nouvelle Zélande avec un visa vacances travail. À mon arrivée j'ai été recruté pour travailler quelques mois en tant que ranger dans les montagnes. Il me faut six heures pour arriver jusqu'à une petite hutte dans la vallée, où je travaille pendant dix jours d’affilés. J’aime beaucoup la Nouvelle-Zélande car la faune et la flore sont magnifiques. Je suis également passionné de photographie, j'adore prendre en photo la vie sauvage lors de mes escapades dans la nature. Mon rêve pour le futur est de devenir garde forestier tout en continuant à photographier la nature."

    Swampy - Hastings - Nouvelle-Zélande


    « Enfant je n’avais ni rêve ni ambition, j’étais juste un gosse perdu qui n’a jamais connu son père et à qui sa mère n’avait jamais donné de prénom. Je suis né sur une petite île au large de l’ile du nord de la Nouvelle-Zélande, j’ai grandi avec ma mère et mes demi frères et soeurs près de Napier sur la côte est du pays. Nous vivions à la campagne et je passais beaucoup de temps dans la nature où je me sentais bien. A l'âge de 14 ans j’ai arrêté l’école et quitté la maison pour travailler dans une ferme de production laitière. Je suis ensuite parti en Australie où j’ai vécu pendant 10 ans pour travailler en tant que manager d’une ferme de plus de dix mille vaches. En 1987, je me suis marié pour la première fois et j’ai eu quatre enfants. Malheureusement ce mariage n’a pas marché et je suis rentré en Nouvelle-Zélande. A mon retour, j’avais une trentaine d’années. J’ai toujours aimé les tatouages, j’avais quinze ans lorsque j’ai fait mon premier, mais je n’en avais jamais refait un après cela. A mon retour en Nouvelle-Zélande, j’ai alors commencé à m’en faire des nouveaux et aujourd’hui j’en ai plusieurs dizaines. Chacun d’entres eux a une signification, par exemple les quatre étoiles que j’ai sur le visage sont pour mes quatre enfants que je ne vois malheureusement plus. Lorsque j’ai eu 33 ans j’ai finalement rencontré mon père mais il est mort un an plus tard. Je me suis aussi marié une seconde fois mais cette fois encore ca n’a pas duré, peut-être parce que je suis quelqu’un de compliqué. Malgré cela, ma philosophie de vie est d’accepter qui je suis et d’accepter les autres comme ils sont. J’essaie de vivre sans me plaindre inutilement car la vie est trop courte donc j’en profite à chaque minute. J’avais toujours rêvé d’acheter un bus pour l’aménager et vivre dedans afin de vivre de manière nomade alors c’est ce que j’ai fait pendant quatre ans, après mon second divorce. Il y a huit ans, j’ai dû arrêter mon travail à la ferme car je ne pouvais plus le supporter physiquement, j’avais de gros problèmes aux cervicales et au dos. Depuis je suis chauffeur de camion et transporte des marchandises dans tout le pays. J’aime ce travaille, qui est bien plus facile que celui que je faisais à la ferme. L’an dernier j’ai pris pour la première fois de ma vie deux semaines de vacances pour faire une croisière. Je vis désormais en union libre avec ma partenaire George, on s’entend bien car on est tous les deux des moutons noirs, des personnes différentes. Nous nous sommes achetés un bus dans lequel nous avons vécu pendant deux ans et maintenant nous vivons dans une petite maison que nous venons d’acquérir dans le sud de Hastings. J’ai été un hippie toute ma vie mais comme je vieillis il est temps de me poser pour un moment. Néanmoins, mon rêve pour le futur est de me racheter un bus lorsque je prendrai ma retraite pour à nouveau vivre de manière libre et nomade et profiter des dernières années qu’il me restera. »

    William - Wellington - Nouvelle Zélande


    "Petit, je voulais devenir ingénieur afin de réaliser des choses pratiques, nécessaires et permettant à la société d'avancer. Je suis né en Angleterre et suis arrivé en Nouvelle Zélande à l'âge de 10 ans car mon père avait été muté dans ce pays. Après le lycée, j'ai donc fait une école d'ingénieur. J'ai ensuite occupé plusieurs postes mais mon principal rôle était de designer et réaliser des ouvrages publics. En 1991, je me suis mariée avec Barbara et nous avons eu trois enfants. Nous avons toujours rêvé d'avoir une maison secondaire alors il y a vingt ans nous avons recherché un terrain afin d'y construire notre petit cocon. Au bout de quatre ans de recherche, nous avons finalement trouvé l'endroit idéal à quelques kilomètres de Masterton dans le Sud de l'île du Nord néo-zélandaise, niché entre les montagnes. Cela fait quinze ans que nous construisons petit à petit notre maison au coeur de la nature. Elle sera enfin belle et bien terminée dans les prochains jours. Mon rêve pour le futur est de profiter de cette maison avec mes enfants et petits enfants et de continuer à voyager en retournant notamment en Scandinavie avec ma femme car c'est un pays que nous adorons."

    Derek - Christchurch - Nouvelle Zélande


    "J’ai toujours aimé la nature et les montagnes, quand j’étais enfant je rêvais de vivre au plus proche de ces paysages. Je suis né en 1943 dans une famille d’immigré anglaise qui fut parmi la première à s’établir en Nouvelle-Zélande durant le XIXème siècle. J’ai grandi à Keri-Keri, une petite ville d’environ 1000 habitants dans le nord de l’île du nord. En 1962 je suis entré à l’université de Christchurch, la seconde plus grande ville du pays sur l’ile du sud, pour devenir ingénieur. Après avoir été diplômé j’ai décidé de rester vivre dans l’ile du sud car je suis tombé amoureux des montagnes et des paysages de cette région de la Nouvelle-Zélande qui est la plus sauvage des deux îles du pays. J’ai travaillé en tant qu’ingénieur hydraulique pour la ville avant de me marier en 1967 et d’avoir deux enfants. La vie à Christchurch a toujours été très agréable, je pouvais profiter des week-ends pour partir en randonnée ou faire du camping avec ma famille. Dans les années 80, après avoir couru plusieurs marathons, j'ai même réalisé mon rêve d'escalader le Mont Cook, la plus haute montagne du pays. En 1999 ma femme est décédée d’une grave maladie, ce fut un moment assez difficile pour mes enfants et moi. Puis la vie a poursuivi son chemin et mon travail m'a beaucoup occupé. J’ai pris ma retraite en 2003 et je me suis marié de nouveau avec Margarette avec qui je partage aujourd’hui ma vie. En étant jeune retraité j'ai voyagé en Europe et surtout je n'ai pas arrêté de profiter de la fantastique nature de la Nouvelle-Zélande. Aussi belle que soit la nature de mon pays, elle peut aussi parfois se révéler dangereuse. En février 2011, à 12h51 Christchurch a été frappé par un violent tremblement de terre d’une magnitude de 6.3 sur l'échelle de richter. A ce moment, je me trouvais dans la rue et j’ai senti la terre trembler dans tous les sens, c'était terrible. En ville, de nombreux immeubles se sont effondrés et il y a eu plus de 185 victimes au total. Tout le monde à Christchurch était traumatisé par ce qui venait de se passer et les nombreuses répliques du tremblement de terre qui ont eu lieu pendant des mois étaient terrifiantes. Heureusement pour nous notre maison n'était pas détruite mais tout ce qui se trouvait à l'intérieur était sans dessus dessous. Après le séisme, il a fallu des mois pour organiser la reconstruction de la ville et faire jouer les assurances. Aujourd'hui encore, le chantier n'est pas encore fini car 80% de la ville a dû être reconstruite. Désormais, j'ai 75 ans, je profite de ma retraite et de mes quatre petits enfants. Je m'occupe également en jouant le rôle de Gandalf, le magicien du Seigneur de Anneaux dans les reconstitutions organisées pour les fans de la saga. Mon rêve pour le futur est que l'humanité prenne en compte les enjeux du changement climatique pour que mes petits-enfants aient la chance de profiter de la nature comme j'ai pu en profiter. Je suis optimiste pour l'avenir de l'humanité mais je pense que le monde va traverser des étapes difficiles avant que les choses ne s'améliorent. Je ne vais probablement pas les voir mais mes enfants et petits-enfants eux seront là. Je me sens donc responsable pour eux et pour le reste de l'humanité, j'essaie donc de faire ma part pour contribuer à un monde meilleur."

    Georges - Takapau - Nouvelle-Zélande


    « Je suis né et j’ai grandi à Liverpool en Angleterre. Quand j’étais gamin mon rêve était bien évidemment de devenir un joueur de football professionnel comme tous les mômes de Liverpool. Je fais parti de la génération des baby-boomers nés après la guerre, dans ma famille nous étions sept enfants et mon père était maçon. Liverpool est une ville industrielle et assez grise où la plupart des gens sont assez pauvres. J’ai fait des études d’ingénieur en apprentissage après le lycée, puis j’avais envie de voir le monde. Je suis alors parti travailler en Afrique du Sud pendant un an et demi. Mon expérience là-bas était interessante mais je ne me sentais pas à l’aise dans ce pays à cause de la ségrégation raciale et l’apartheid qui étaient en vigueur. En rentrant à Liverpool, j’ai trouvé un travail et j’ai rencontré ma première femme. Rapidement j’ai réalisé que je ne me sentais pas bien dans mon pays et que je devais partir de nouveau pour trouver un endroit où faire ma vie. En 1979, avec ma première femme nous avons donc émigré en Nouvelle-Zélande. Après nous être installés à Wellington, la capitale du pays, nous avons eu nos deux premiers enfants et j’ai obtenu la nationalité kiwi. Après 5 ans en Nouvelle-Zélande, mon ex-femme voulait retourner vivre en Angleterre pour se rapprocher de la famille alors nous avons tout vendu et sommes rentrés à Liverpool. Au bout de seulement six mois, on s’est rendu compte que nous nous étions vraiment habitués au mode de vie kiwi et que nous étions beaucoup plus heureux là-bas alors on a fait marche arrière et nous sommes retournés en Océanie mais cette fois en Australie. On s’est alors installés à Perth où j’ai trouvé un travail dans le forage pétrolier off-shore. Nous avons eu trois autres enfants en Australie, puis j’ai commencé à avoir des missions de travail de plus en plus loin : Singapour, Indonésie, Corée du Sud. Petit à petit notre mariage s’est délité et nous avons décidé de divorcer. J’ai alors continué à travailler un peu partout en Asie tout en restant basé en Australie où je revenais quelques semaines par an. En 1997, lors d’une mission en Malaisie j’ai rencontré Bee une malaisienne avec qui je me suis marié. Elle est venue s’installer en Australie avec moi où j’ai travaillé pendant un moment dans l’industrie minière. Nous sommes ensuite parti vivre un an et demi en Inde puis un an en Nouvelle Calédonie pour que je réalise différents contrats en tant qu’ingénieur minier. A ce moment, nous approchions de l'âge de la retraite et notre rêve à tous les deux était de nous installer en Nouvelle-Zélande où j’avais passé les plus belles années de ma vie et où Bee avait également vécu et avait de la famille. Nous avons donc acheté un appartement à Auckland et dès que mon dernier contrat s’est terminé nous sommes partis en Nouvelle-Zélande. Malheureusement, j’ai eu quelques petits problèmes de santé et je ne pouvais plus supporter la vie en ville alors nous avons vendu rapidement notre appartement pour acheter une maison à la campagne à Hawke's Bay dans le centre de l’ile du nord néo-zélandaise. Aujourd’hui, nous vivons dans une petite maison avec plusieurs hectares, une vache et des moutons qui nous tiennent bien occupés. Pour le futur, nous envisageons de déménager pour une toute dernière fois et vivre près de la mer dans une petite maison qui nous demandera moins de travail à entretenir. Avant cela, nous voulons acheter un camping-car pour sillonner le pays afin de trouver l’endroit de nos rêves. »

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    Cet itinéraire a été créé à l'aide du site Le planificateur de voyages