• Portraits de rêveurs philippins

    Robelyn - Angat (Gawad Kalinga, The Enchanted Farm) - Philippines

     
    "Je suis née à Las Piñas dans la région de Manille, la capitale des Philippines. Quand j'étais petite mon rêve était de devenir docteur, je voulais porter l'uniforme médical pour deux choses : soigner les gens et le salaire qui me permettrait d’aider ma famille. J'ai arrêté l'école après le lycée car je ne pouvais pas poursuivre mes études, cela coûtait très cher à mes parents. J'ai donc commencé à travailler comme blanchisseuse dans un pressing. C'est en avril 2014 que j'ai rencontré une personne de la ferme enchantée de Gawad Kalinga qui m'a parlé l'école Seed qui permet à des jeunes issu de famille défavorisée, comme moi, de se former afin de devenir entrepreneur social. En arrivant ici ma vision des choses a complètement changée, j’ai pris conscience que je n'avais pas besoin de devenir docteur pour aider les gens et surtout que je n'avais pas besoin de gagner des tonnes d'argent pour réussir ma vie. J'ai compris que je pouvais devenir acteur de changement et contribuer à résoudre les défis de mon pays. J'ai d'abord passé deux ans à l'école Seed avant d’intégrer le département touristique de la ferme enchantée au poste de coordinatrice évènementiel. En parallèle de cela je me suis consacrée à la création de mon entreprise sociale appelée Tinta ni Juan avec mes deux amis d'école. Nous produisons des tee-shirts sur lesquels sont inscrits des phrases inspirantes. Mon rêve pour le futur est de voyager à travers mon pays afin de pouvoir voir à quoi il ressemble et de contribuer à la diminution de la pauvreté aux Philippines. »

    Hanan - Angat (Gawad Kalinga, The Enchanted Farm) - Philippines


    "Je viens d'une famille de neuf enfants sur l’île de Mindanao, dans le sud des Philippines. Quand j’étais petite mon rêve était de devenir une femme d’affaires mais malheureusement à l’école primaire, je n’avais pas vraiment le droit de rêver car j’étais très souvent humiliée et confrontée à des moqueries constantes. A la suite de cela, je n’avais plus confiance en moi et je ne savais pas de quoi mon avenir serait fait. Quelques années plus tard, j’ai intégré une association et j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à combattre des choses difficiles en étant témoin de l'extrême pauvreté de certaines familles de mon pays. J’ai alors commencé à rêver de nouveau afin de devenir une personne importante qui ait un impact sur la vie des autres malgré ma timidité. Mes parents voulaient à tout prix que je fasse des études dans l’éducation afin d'avoir une bonne situation, c’est ce que j’ai fait mais à la fin de mes études j’avais terriblement peur de me retrouver face à des enfants en classe, je n’ai donc jamais exercé. C’est à cette époque que j’ai entendu parler de l'école SEED de Gawad Kalinga qui permet à des jeunes issus de famille pauvres de se former afin de devenir entrepreneurs sociaux. Comme je remplissais les conditions pour rejoindre ce programme, j’ai eu la chance d'intégrer la quatrième promotion de l’école. C’est une vraie chance pour moi de pouvoir apprendre de nouvelles choses et surtout cela me permet de gagner davantage confiance en moi grâce au travail de leadership que nous effectuons. Récemment, j’ai réussi à combattre mes peurs en parlant devant une audience de plus de 300 personnes et c'est une grande fierté. Mon rêve pour le futur est de créer ma propre entreprise sociale afin d’aider ma famille mais aussi de participer à la mission de Gawad Kalinga qui est d'éradiquer la pauvreté aux Philippines."

    Jay Ann - Angat (Gawad Kalinga, The Enchanted Farm) - Philippines


    « Je suis née en 2001 sur l’île de Mindanao dans le sud de l’archipel des Philippines. Je viens d’une famille de sept enfants très pauvre, mon père n’a pas d’emploi, il travaille dans les champs. Depuis toute petite j’ai envie d’aider les autres autour de moi, je disais à tout le monde dans ma communauté, il faut qu’on construise une école, un hôpital, que nous soyons solidaire.. Mon rêve était d’aider les autres car je voyais bien que la vie était difficile. Dans mon village, on se moquait de moi et on me disait tu n’es qu’une enfant pauvre, tu ne peux pas faire ça. A l’age de huit ans, j’ai commencé à travailler dans les champs avec mes parents lorsqu’ils avaient besoin de moi, mais je n’ai jamais quitté l’école contrairement à d’autres enfants de mon âge qui eux avaient été contraints d’arrêter l’école car leur famille avait besoin d’eux tous les jours. Comme je ne pouvais pas accepter que mes amis n’aient pas la même chance que moi, je leur faisais l’école pour qu’ils puissent apprendre à lire. Je me suis alors dit que je devais devenir maîtresse mais après le lycée mes parents étaient trop pauvres pour me payer les études à l’université. C’est alors que j’ai découvert l’école SEED, un des membres de ma communauté m’a recommandé pour intégrer ce programme qui aide des jeunes comme moi à devenir entrepreneurs sociaux. En juin dernier, j’ai donc intégré la quatrième promotion de l’école. Je suis très heureuse car j’ai pris conscience que l’entrepreneuriat social est exactement ce que je veux faire, je vais enfin pouvoir réaliser mon rêve d’aider les autres et cela de manière durable. En ce moment même je travaille sur un projet de soupe naturelle. Je ne serai probablement pas maîtresse mais je ne le regrette pas car je peux aider encore plus les gens et notamment les personnes de ma communauté en étant entrepreneur social. En effet, en apprenant les bases de la gestion d’entreprise aux plus pauvres ont leur donne les moyens de s’en sortir car ils ont énormément de ressources et de créativité. Aujourd’hui, j’ai seulement 17 ans, mon rêve pour le futur est de devenir une des plus grandes entrepreneuses sociales dans le monde pour aider mon pays à éradiquer la pauvreté. Je sais que c’est très ambitieux mais je me suis toujours dit rien n’est impossible si je m’en donne les moyens et aujourd’hui j’ai le soutien de Gawad Kalinga donc il ne me reste qu’à travailler dur et mon rêve se réalisera. »

    Onick - Angat (Gawad Kalinga, The Enchanted Farm) - Philippines


    « Je suis né en 1997 à Iloilo dans les Visayas au centre de l’archipel des Philippines. Mes parents ont divorcé lorsque j’étais enfant et ma mère est partie travailler à Hong Kong afin d’envoyer de l’argent à notre famille. Moi, j’ai grandi avec mes oncles et mes tantes et le reste de ma famille. Mon rêve lorsque j’étais enfant était de devenir pilote de ligne. Après le lycée, j’ai commencé des études d’ingénierie naval mais je ne les ai jamais terminées car durant mon adolescence je suis passé par une période très difficile de ma vie. J’ai commencé à prendre de la drogue et à avoir de mauvaises fréquentations. Rapidement, je faisais parti d'un gang avec lequel j’avais l'habitude de faire tout un tas de bêtises. Régulièrement, nous nous battions contre des bandes rivales jusqu’à ce qui devait arriver arriva. En 2014, j'ai fait parti d'une rixe qui a mal tournée et qui a coûté la vie à un homme. J’ai passé un mois en prison avant qu’un témoin de l'accident ne me mette finalement hors de cause. Après ça et en voyant ma mère souffrir de mon comportement, j'ai pris conscience qu’il fallait vraiment que je change. J'ai donc commencé à chercher un travail afin d'aider ma famille. Durant trois ans j’ai écumé les petits boulots pour m’en sortir et surtout j’ai complètement arrêté la drogue. Il y a deux ans, ma famille a rejoint un village Gawak Kalinga et j’ai appris des valeurs de partage et d’entraide qui m’ont beaucoup fait changer. Et puis l’an dernier, j’ai découvert l'école SEED qui propose à des jeunes comme moi de se former pour devenir entrepreneur sociaux et améliorer leurs conditions de vie ainsi que celle de leur communauté. Je me suis dit que c’était exactement ce dont j’avais besoin et que je devais saisir cette seconde chance que me donnait la vie. L’été dernier, j’ai intégré la quatrième promotion de SEED Philippines et c’est une vraie chance pour moi. Cette école m'a beaucoup fait changer et elle me permet de devenir une nouvelle version de moi-même, j’ai appris ce qu'était de prendre soin des autres, la manière de gérer les conflits et tout un tas d’autres choses. J’ai compris que l'entraide, l'amour et le respect de chacun sont des choses très importantes. Désormais je souhaite entreprendre et lutter contre la pauvreté dans mon pays pour que personne n’ait à vivre la même chose que ce que j’ai vécu dans mon enfance. Mon rêve pour le futur est d'aider d’autres personnes qui comme moi ont fait des erreurs dans leur vie pour qu’elles aient l’opportunité d’avoir une seconde chance. »

    Luis - Angat (Gawad Kalinga, The Enchanted Farm) - Philippines


    « Je suis né en 1970 dans une famille de la classe moyenne philippine sur l’île de Negros dans les Visayas. Quand j’étais enfant mon rêve était d’avoir une famille heureuse et prospère. Rapidement, j’ai réalisé que ce rêve ne pouvait pas se réaliser si la communauté dans laquelle je vivais n’était pas également heureuse et prospère. Car à la minute où mes proches ou moi, sortions de notre maison, nous étions confrontés à la réalité du monde extérieur et en particulier aux nombreux problèmes de pauvreté dont souffrent les Philippines. En 1986, à l’age de 16 ans j’ai fait la rencontre d’un homme qui a changé ma vie. Il s’appelle Tony Meloto et avait comme rêve de mettre fin à la pauvreté aux Philippines en soutenant les jeunes des communautés pauvres du pays. Je me suis alors engagé à ses côtés en tant que bénévole. En aidant les plus démunis à réaliser leurs rêves je pensais que je réalisais aussi mon rêve d’avoir une famille heureuse car j’améliorais l’environnement dans lequel nous vivions. Après des études d’ingénieur, j’ai commencé à travailler pour une entreprise privée mais il me manquait quelque chose pour me sentir épanoui, j’avais besoin de sens et d’engagement. Alors en 97, j’ai quitté mon emploi pour travailler avec Tito Tony auprès des jeunes dans les bidonvilles les plus pauvres des Philippines. Notre travail était de tenter d’éduquer ces jeunes pour qu’ils puissent avoir une meilleure vie que celle de leurs parents. Mais en faisait cela, nous avons pris conscience qu’il manquait quelque chose à notre démarche. Ce n’était pas suffisant de dire aux jeunes qu’il ne devaient pas faire parti d’un gang ou prendre de la drogue car dès qu’il rentrait dans leur bidonville, leurs conditions de vie étaient tellement difficiles qu’ils n’avaient pas vraiment d’autres choix. Pour lutter contre la pauvreté, il fallait donc non seulement éduquer la jeunesse mais aussi changer l’environnent dans lequel vivaient les plus pauvres. En 2001, nous avons alors commencé une expérimentation qui aujourd’hui s’appelle Gawad Kalinga. Notre idée a été d’améliorer les conditions de logement des plus pauvres en impliquant les habitants des bidonvilles dans la construction de communauté où ils pourraient vivre décemment. Nous avons commencé avec le bidonville de Bagong Silang près de Manille où les habitants de cette zone ont construit ensemble le premier village Gawad Kalinga. Lorsque les maisons ont été terminées, nous les avons attribuées à ceux qui les avaient construites grâce à un système de tirage au sort, ce qui a permis que chacun s’implique totalement dans la construction de chacune des maisons. Cette expérimentation a été un succès et nous l’avons donc répliquée dans tout le pays. Depuis, nous avons construit plus de 73 000 maisons, créé 10 000 communautés et transformé la vie de plus d’un million de personnes à travers le pays grâce à des centaines de milliers de volontaires. Notre rêve a toujours été de mettre fin à la pauvreté aux Philippines et nous avons développé au fil des années de nouveaux projets comme la ferme enchantée ou l’école SEED Philippines pour le réaliser en formant les jeunes les plus pauvres à devenir entrepreneurs sociaux. Notre but est de connecter les 5 millions de personnes pauvres philippins et de leur donner les moyens de mettre fin à leur pauvreté, que ce soit à travers l’entrepreneuriat social, l’éducation, ou un autre moyen. En 2002 je me suis marié et j’ai depuis eu trois garçons. Etre père et avoir ma propre famille est l’aboutissement de mon rêve d’enfant, c’est la plus belle chose qu’il me soit arrivé dans ma vie. Mon rêve pour le futur est d’être un bon père pour mes fils et d’être capable de leur transmettre les valeurs d’altruisme et d’humanité qui sont les miennes pour qu’un jour, ils s’engagent eux aussi dans la construction d’un monde meilleur.»

    Bench - Manille - Philippines


    « Je suis né en 1993 dans le bidonville de Taguig située dans le grand Manille. J’ai grandi dans une famille très pauvre, mon père est maçon et ma mère femme au foyer. Quand j'étais petit mon rêve était de devenir architecte afin de pouvoir construire des immeubles en dur. J’ai dû arrêter mes études après le lycée car mes parents n'avaient pas les moyens de me faire rentrer à l'université. À l'âge de 17 ans j'ai commencé à travailler pour une chaine de fast-food américaine. Au bout de deux ans, j'ai arrêté ce travail pour aller aider ma grand mère à cultiver la terre et vendre des légumes sur les marchés dans la campagne philippine. Je suis resté trois ans là-bas, avant de revenir en ville où j’ai de nouveau fait des petits boulots. C’est quelques temps après mon retour qu’en allant à l'église, j’ai découvert l'association "Life project for youth". Le but de cette association est de former pendant une année des jeunes qui ont arrêté l'école pour qu’ils puissent trouver un emploi décent. C’était comme un rêve pour moi de retourner sur les bancs de l'école. Il y a quelques mois j’ai finalement trouvé un travail qui me plait beaucoup et me permet d’apprendre de nouvelles choses. Mon rêve pour le futur est d'ouvrir ma propre entreprise dans le domaine agricole dans les prochaines années. »

    Ainie - Naval, Biliran - Philippines


    « Quand j'étais petite mon rêve était d'avoir une maison à étages qui puisse accueillir mes parents, mon frère et moi. Avec mon frère nous avons grandi avec notre tante car nos parents travaillent à Manille depuis que je suis toute petite. J'ai étudié dans l'éducation car ma famille n'avait pas l'argent nécessaire pour me payer des études de comptabilité sur l'île de Cebu. Ma mère m'a donc convaincu de me diriger dans ce domaine afin de devenir maîtresse d'école car ce sont l'une des seules études qui ne sont pas onéreuses aux Philippines. Après l'obtention de mon diplôme en 2010, je suis partie rejoindre mes parents à Manille où j'ai enseigné dans une école privée pendant 4 ans. En 2015, je suis retournée sur mon île natale à Biliran afin de m'y installer durablement et travailler dans une école publique. J'enseigne aujourd'hui à des enfants entre 9 et 10 ans. Mon rêve pour le futur est toujours le même que mon rêve de petite fille. Je souhaite avoir ma propre maison afin de rassembler ma famille. C'est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur car je n'ai jamais vraiment vécu avec eux, je veux juste qu'ils reviennent ici et que nous puissions vivre comme une vraie famille unie. »

    Mark - Bohol - Philippines


    "Je suis né en 1986 sur l'île de Bohol dans les Visayas. Je suis l'avant dernier d'une fratrie de treize enfants. Mon rêve quand j'étais petit était d'entrer dans l'armée. Comme ma famille n'était pas très riche j'ai travaillé en tant que gardien de sécurité dans un centre commercial après le lycée. Mon grand frère lui était marin et cela me faisait rêver car il gagnait bien sa vie. Je lui ai alors demandé s'il pouvait m'aider à payer mes études pour devenir marin et il a accepté. Je suis donc parti étudier trois ans à Manille à l'école de marine marchande des Philippines. En 2008 j'ai embarqué pour mon premier voyage sur un cargo en direction de l'Europe vers la mer baltique. C'était la réalisation de mon rêve, j'étais très fier d'avoir un travail et de pouvoir ramener de l'argent à ma famille. En 10 ans en tant que marin, j'ai sillonné des milliers de kilomètres à travers les sept océans : le Pacifique, l'Atlantique, l'Arctique, l'Océan Indien.. Depuis mon premier voyage, je collectionne quelques billets de monnaies locales des pays où nous faisons escale. J'ai déjà plus d'une trentaine de monnaies différentes et je les conserve précieusement pour un jour montrer à mes enfants et futurs petits-enfants tous les endroits où je suis allé. En 2014, je me suis marié et j'ai eu mon premier enfant. Ma femme est maîtresse d'école et s'occupe de notre fils avec l'aide de ses parents pendant les neuf mois par an que je passe en mer. Depuis l'an dernier j'ai été promu second officier et mon rêve est d'un jour devenir capitaine d'un navire. Pour le futur, je rêve que la situation de mon pays soit la meilleure possible pour mes enfants. Pour cela je compte sur le président Duerte qui est en train d'éradiquer le trafic de drogue aux Philippines. Je pense que c'est une bonne chose pour le futur de mes enfants et de mes petits-enfants qu'il n'y ait plus de problèmes de sécurité dans mon pays. Je rêve que les Philippines se développent tout en gardant notre âme et notre joie de vivre."

    Monette - Manille - Philippines


    « Je suis née en 1988 dans un bidonville de la banlieue de Manille. Depuis toute petite ma vie n’a pas été simple car mes parents étaient très pauvres et avaient sept enfants à élever. Dans la famille tout le monde devait contribuer à ramener un peu d’argent, moi j’avais tout un tas de petits boulots après l’école. Quand j’étais enfant, mon rêve était de devenir professeure des écoles, mais malheureusement ma famille était trop pauvre pour que je poursuive mes études après le lycée. A l’âge de 16 ans j’ai donc commencé à travailler dans une usine de produits alimentaires pour aider ma famille. En 2007, après six mois de travail, je suis tombée enceinte et j’ai perdu mon emploi. J’étais très jeune et je devais m’occuper d’un bébé sans aucun revenu fixe. Pour vivre, je vendais des petits plats dans la rue, je faisais de mon mieux pour essayer d’avoir de l’argent pour élever mon enfant mais cela ne suffisait pas, c’était trop difficile ! Lorsque mon fils a eu trois ans, j’ai dû le donner à ma belle-mère pour qu’elle s’en occupe. C’était très difficile car j’avais l’impression d’abandonner mon enfant. J’ai ensuite continué à vivre de petits boulots en petits boulots et en 2013 puis en 2016 je suis devenue maman pour la seconde et troisième fois de ma vie. Cette fois-ci, j’étais plus âgée et donc plus en capacité d’élever des enfants et de leur apporter ce dont ils ont besoin. J’ai toujours été une fille indépendante et les pères de mes enfants ne m’ont jamais vraiment aidé. Aujourd’hui, je vis avec ma mère et mes deux plus jeunes enfants. Malheureusement, nous habitons toujours dans un bidonville de Manille ce qui est très dangereux pour mes enfants car notre maison a déjà pris feu à trois reprises. En 2017, j’ai découvert l'association "Life project for youth" qui aide des jeunes comme moi à avoir accès à une formation professionnelle pour que nous reprenions pied dans la vie. Retourner à l’école était vraiment un rêve pour moi et pendant un an je devais marcher plusieurs heures par jour pour aller étudier car je n’avais pas les moyens de payer les transports en commun. Mes enfants eux passaient la journée à la garderie de l’association. Durant cette époque, je vivais très modestement car je ne pouvais plus travailler mais je me suis accrochée pour avoir la chance d’avoir un avenir meilleur. Il y a six mois, j’ai finalement obtenu un diplôme. Depuis, j’ai trouvé un emploi en tant que caissière dans une entreprise de grande distribution. Je suis très reconnaissante car pour la première fois une entreprise me fait confiance et me donne une chance alors que je n’ai aucune experience dans ce domaine. Désormais, j’ai un salaire fixe tous les mois ce qui me permet de venir en aide à ma mère et offrir de meilleurs conditions de vie à mes enfants. Tous les jours je fais quatre heure de trajet en transport en commun pour me rendre sur mon lieu de travail, c’est long mais je le fais pour mes enfants. Je travaille dur et je fais attention à ce que je dépense pour qu’avec ma famille nous puissions déménager et avoir une petite maison à nous loin des bidonvilles. Pour le futur, je rêve que mes enfants puissent faire de belles études, je veux qu’ils aient la chance de pouvoir faire ce qui leur plait et que jamais ils n’aient à connaitre les mêmes difficultés que moi. »

    Sheena - Naval, Biliran - Philippines


    « Je suis née en 2006 à Naval située sur l'île de Biliran dans les Visayas. Je suis passionnée par la science et les mathématiques et mon rêve est de devenir maîtresse d’école. En attendant, j'aide ma mère aux tâches quotidiennes et j'apprends à cuisiner le riz. Mon père est actuellement entrain de construire une nouvelle maison pour notre famille car celle dans laquelle nous vivons actuellement est située dans un endroit où il y a d’importants glissements de terrain. Suite au dernier typhon qui a dévasté les Philippines en décembre 2017, nous avions peur que notre maison soit ensevelie ou emportée par les coulées de boue. Par chance, la dernière coulée de boue n'est pas arrivée jusqu'à notre maison mais c'est un endroit trop dangereux pour continuer à y vivre. Nous n'avons qu'une seule pièce dans notre maison et gardons nos affaires dans une valise afin de pouvoir partir le plus vite possible s'il y a une catastrophe naturelle. Le bon côté des choses c'est que notre nouvelle maison sera plus proche de l'école et que j'aurai moins à marcher. Mon rêve pour le futur est que ma famille soit heureuse et que je puisse devenir une bonne maitresse d’école. »

    Nila - Naval, Biliran - Philippines

     

    « Apprendre à lire et à écrire aux autres enfants était mon plus grand rêve, depuis mon plus jeune âge je désirais devenir professeur des écoles. Je suis née en 1975 et suis la toute dernière d’une fratrie de 7 frères et soeurs. Nous avons grandi dans un milieu modeste et nos parents ont toujours fait en sorte que nous réalisions nos rêves. Comme nous étions beaucoup dans la famille, il fallait que nous alternions nos études car nos parents ne pouvaient pas nous payer nos frais de scolarité au même moment. C’est donc à l’âge de 15 ans que j’ai arrêté l’école afin de travailler une année à Manille en tant que femme de ménage en attendant que ma soeur m’appelle pour que je revienne faire des études pour devenir professeur. J’ai finalement pris mes fonctions en Juillet 1997 en tant que Maîtresse d’école pour des élèves entre 9 et 12 ans. Il y a deux ans, ma soeur nonne dans un couvent, a donné mon contact à une femme qui travaille pour Enfants du Mékong, une ONG française qui change la vie de million d’enfants en Asie. J’ai alors rencontré la coordinatrice de cette ONG pour permettre aux enfants de notre communauté d’aller à l’école grâce à un système de parrainage, par des donateurs occidentaux. Depuis la mise en place de ce partenariat je suis devenue Coordinatrice de projets avec une autre maitresse, nous nous occupons de reverser l’allocation des parrains auprès des filleuls afin de leur permettre d’être scolarisés, nourris et habillés. Cette action me rend heureuse et cela compte beaucoup pour moi car chaque enfant a le droit de réaliser ses rêves. Pour le futur je rêve d’avoir une vie heureuse avec mon mari et mes enfants. Je souhaite également que tous les filleuls d’Enfants du Mékong terminent leurs études, trouvent un bon travail, aident leur famille et réalisent leurs rêves. »

    Fabien - Angat (Gawad Kalinga, The Enchanted Farm) - Philippines

     

    « Je suis né en 1989 à Cherbourg en Basse-Normandie. Avec mon frère et ma soeur nous n’avons jamais manqué de rien même si nous avons grandi dans une famille modeste issue du milieu agricole. Quand j’étais enfant mon rêve était de devenir un grand joueur de basketball, malheureusement je crois qu’il me manquait quelques centimètres pour cela. Après le bac, je suis entré dans un master entrepreneuriat à Grenoble. En 2011, je suis parti aux Philippines pour effectuer un stage chez Gawad Kalinga, une ONG locale dont je ne connaissais pas grand chose. J’avais simplement compris qu’on me proposait de participer au développement de « la ferme enchantée », un projet de créer une silicone vallée de l’entrepreneuriat social près d’Angat dans le nord de Manille afin de mettre fin à la pauvreté endémique du pays. J’étais très attiré par ce challenge et très content d’atterrir aux Philippines, pays où le basketball est le sport national. Pourtant quand je suis arrivé pour trois mois de stage j’ai été très déçu, il n’y avait rien de concret, les gens ne parlaient pas anglais et la vie à la ferme était très rude. Je me disais comment peut-on mettre fin à la pauvreté avec seulement trois poules et deux cochons. Mais au bout de quelques semaines, le président des Philippines est venu visiter le lieu et je me suis rendu compte de l’énorme potentiel de ce rêve fou qui pouvait faire déplacer des personnes aussi importantes que le chef d’état philippin. A cette époque, je vivais dans une famille de la communauté autour de laquelle s’est construite la ferme, les gens vivaient très simplement et étaient tellement gentils que je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose pour les aider. J’ai alors décidé de prolonger mon stage et de rester pour quelques mois de plus à la ferme enchantée afin d’essayer d’utiliser mes compétences en entrepreneuriat pour aider les gens d’ici et plus particulièrement ma famille d’accueil. Le père de famille était charpentier, alors j’ai travaillé avec lui sur un projet de création de jouets en bambou que j’ai appelé CarpenToys. Pourquoi les jouets ? Parce que j’avais envie de donner autre chose que des bouteilles en plastique et des pneus aux trente millions d’enfants philippins en guise de divertissement. Comme je voulais contribuer à développer l’économie locale grâce aux ressources à disposition, j’ai choisi le bambou comme matériel principal. Initialement mon but était de lancer le projet puis de rentrer en France mais au bout de sept mois il restait beaucoup à faire alors j’ai de nouveau prolongé pour six mois. Au bout de ces six mois, je devais rentrer en France pour effectuer ma dernière année de master entrepreneuriat. C’est là que j’ai pris la décision la plus importante mais aussi la plus folle de ma vie en arrêtant les études pour continuer à développer mon projet. En un peu plus d’un an à la ferme, j’avais donné un sens à ma vie et je ne pouvais pas m’arrêter en chemin. Entre temps CarpenToys avait évolué pour devenir Plush & Play, une entreprise de conception de peluches philippines conçues par les « titas », les nombreuses mamans philippines qui ont perdu leur emploi dans les usines de l’industrie textile. Aujourd’hui, on a vendu plus de 150 000 peluches grâce au travail de nombreuses titas qui ont pu retrouver un travail digne afin de maintenir leur famille. Plush & Play est la première entreprise de peluche 100% locale et artisanale qui fait désormais concurrence aux grandes marques américaines et japonaises du secteur. En plus de Plush & Play, je fais parti du conseil d’administration de la ferme enchantée et je suis en charge des nombreux partenaires français du projet. Entre mon arrivée il y a sept ans et aujourd’hui, le projet a beaucoup grandi et de nombreuses entreprises sociales ont émergées afin de lutter contre la pauvreté aux Philippines. C’est une vraie fierté pour moi d’avoir contribué à un si beau projet avec les hauts et les bas que cela implique. Mon rêve pour le futur est de continuer à participer à la lutte contre la pauvreté aux Philippines pour qu’en 2024 elle soit complètement éradiquée comme nous le rêvons tous chez Gawad Kalinga. Aujourd’hui je me sens autant philippin que français et c’est pourquoi je souhaite établir un pont privilégié entre ces deux pays afin de créer un monde plus vertueux.»

    Ritchie - Siquijor - Philippines

     

    « J’ai toujours été un enfant très manuel, réparer des objets me rendait heureux. Petit, je rêvais de devenir un bon technicien alors j’ai orienté mes études dans ce domaine afin d’en faire mon métier. En 2005, j’ai été diplômé mais je n’avais pas l’argent nécessaire pour construire mon propre magasin. J’ai alors travaillé quatre ans en tant que vendeur, puis en 2009, j’ai senti qu’il était temps que j’arrête cela afin de me mettre à mon compte et d’ouvrir mon propre petit magasin de réparation. Je me suis marié en 2014 et j’ai eu mes deux filles par la suite. Nous vivons tous les quatre derrière l’atelier de mon petit magasin. L’année dernière nous avons acheté un bout de terrain afin d’y construire notre propre maison et de pouvoir agrandir notre magasin en occupant également l’espace où nous vivons aujourd’hui. Mon rêve pour le futur est que l’activité de mon entreprise se développe afin de permettre à mes filles d’avoir une bonne éducation et de permettre également à quelques philippins d’avoir un travail et un salaire grâce à moi. »

    Marnelle - Siquijor - Philippines

     

    « Je suis la sixième fille d'une famille de dix enfants de la région de Cebu dans les Visayas. Quand j'étais petite mon rêve était de devenir maîtresse d'école car enseigner est un métier très important aux Philippines. Les professeurs peuvent apporter beaucoup dans la vie de leurs élèves, ils les encouragent à réaliser leurs rêves et c'est ce que je voulais faire. Je suis allée à l'école jusqu'au lycée, après cela j'ai rejoint une école de théologie baptiste pour étudier les évangiles durant trois ans. J'ai ensuite repris mes études avant de travailler dans l'administratif pendant quelques années. En 2013 je me suis mariée avec un membre de la même communauté Baptiste que moi. Nous avons eu deux filles et nous nous sommes installés sur la petite île de Siquijor d'où vient mon mari. Aujourd’hui je m’occupe de mes deux enfants et soutien mon mari dans la gestion de son petit commerce avant de reprendre une activité professionnelle. Je suis aussi très impliquée dans la communauté baptiste afin de partager le message de Jesus et d’aider ceux qui en ont besoin. Mon rêve pour le futur est que ma famille soit heureuse et que l’entreprise de mon mari fonctionne bien pour que nous puissions subvenir aux besoins de nos enfants. Je rêve aussi de pouvoir être de nouveau une femme active et avoir un travail qui permet d’avoir un impact sur ma communauté. »

    Cécile - Leyte/Samar - Philippines

     

    « « Aide », « découverte » et « ailleurs » sont des mots qui ont toujours raisonnés chez moi. C’est au collège que j’ai compris que j’avais envie d’aider les autres et de leur apporter quelque chose. C’est ainsi que je me suis dirigée dans le secteur de la santé. En terminal, je voulais faire des études de médecine mais j’ai pris conscience que le rythme de la faculté ne me convenait pas et qu’il fallait que je choisisse une autre voie tout en restant dans ce secteur, le métier d’infirmière était alors exactement ce que je recherchais. En parallèle de mes études je suis aussi devenue pompier volontaire. J’accomplissais peu à peu mon rêve d’aider les autres mais j’avais toujours cette soif de découverte et de voyage. C’est en troisième année d’école d’infirmière que j’ai saisi cette opportunité en montant un projet de A à Z me permettant de partir deux mois au Cambodge pour travailler dans un hôpital et participer à la construction d’un orphelinat grâce à l’argent que j’avais réussi à récolter. Mes années en tant que pompier volontaire m’ont permis de m’adapter rapidement à toutes les situations. Je travaillais dans un hôpital plutôt pauvre avec des moyens très limités, il fallait donc faire avec ce que nous avions et être capable de s’adapter au plus vite. A mon retour en France, je me suis alors dit que c’est exactement ce que je recherchais et que ces deux mois m’avaient permis de me tester et de savoir que j’en étais capable. Diplômée et passionnée de rugby, je suis partie vivre un temps à Bayonne où j’ai intégré le club de rugby de la ville. C’est en 2017 que j’ai entendu parler du Volontariat de Solidarité International. Après quelques recherches j’ai eu la chance d’être acceptée chez Enfant du Mékong en tant que Coordinatrice de programmes pour les îles de Leyte et Samar aux Philippines. Le but de cette ONG est de donner la chance à un enfant d’aller à l’école pour lui permettre d’aider sa famille et son pays. Les valeurs de cette ONG m’ont tout de suite conquises et étaient en accord avec ce que je recherchais. Cela fait presque un an que je vis mon rêve ici aux Philippines et j’ai demandé à reconduire cette aventure pour une seconde année. Je ne sais pas encore où je serai assignée mais qu’importe du moment qu’il y a de l’humain et que je peux donner pour recevoir. Mon rêve pour le futur est d’avoir un rôle important dans une ONG internationale, en travaillant 80% à l’étranger et 20% en France ou bien de créer ma propre ONG en lien avec les enfants. »

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