• Portraits de rêveurs uruguayens

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    Lucia et sa famille – Montevideo - Uruguay

     

    "Je suis née à la campagne dans la petite ville de Florida en Uruguay, mon père était vétérinaire et m’a transmis sa passion pour les animaux et la nature. Lorsque j’étais adolescente, mes parents ont décidé de déménager à Montevideo afin que nous ayons accès à une bonne éducation. Mais je ne suis jamais allée à l’université, j’étais plutôt du genre entrepreneur. A 19 ans j’ai ouvert une entreprise d’importation d’ampoule électrique, puis on a rapidement créé la première usine de fabrication d’ampoule du pays. A la même époque, j'ai rencontré Marcelo, il avait 18 ans et étudiait pour devenir vétérinaire. Notre rêve était de partir nous installer à la campagne et d’avoir notre ferme, mais nous sommes restés à Montevideo car mon entreprise était florissante. Mais quelques années plus tard, la vie nous a rappelée à notre rêve. En 1991, mon frère a eu un grave accident et mon père a eu besoin d'aide pour la gestion de la coopérative laitière qui se situait à la campagne. Marcelo s’est donc proposé et a commencé à faire des allers-retours entre Montevidéo et la coopérative. Après un an, la distance devenait difficile à gérer, je me suis alors demandée, laquelle des deux entreprises étaient la plus importante, l’usine d’éclairage ou mon mariage et j’ai décidé de tout plaquer pour partir m’installer à la campagne avec Marcelo. A cette époque, c’était une décision difficile mais je la referai sans hésiter ! Au début c’était compliqué parce que nous habitions et travaillions avec mes parents, mais après plusieurs mois nous avons acheté notre propre ferme et vécu notre rêve à deux. Sofia notre première fille est née en 93, puis il y a eu nos deux derniers en 1996 et 1997. Ce fut une époque formidable même si nous travaillons beaucoup dans les champs et auprès des animaux. Mais parfois la vie vous oblige à changer vos plans. En 2005, au cours d'une très grande sécheresse, notre ferme a pris feu et tout est parti en fumée, notre maison, notre production, nos économies cachées sous le matelas et surtout notre rêve ! Nous nous sommes retrouvés sans rien et nous avons été contraints de revenir à Montevideo pour trouver de l’aide. Mais le plus important nous l’avions, c’était la famille, nous étions tous sains et saufs, c’était un miracle. Alors nous avons de nouveau dû recommencer à zéro, mais cette fois avec trois enfants. Pour leur permettre d’aller à l’école Marcelo a pris un travail de professeur à la faculté vétérinaire et moi j’ai commencé à travailler comme gérante dans différentes entreprises textiles. En tant que femme, j’ai toujours essayé de trouver l’équilibre entre ma carrière professionnelle et mon rôle de mère et d’épouse. Mais avec ce travail, je voyageais beaucoup et j’étais loin des enfants et de mon mari et de nouveau la vie m’a rappelée à l’ordre. En 2011 lors d’un voyage professionnel, j’ai fait un AVC. Même si je n’ai eu aucune séquelle, ça a été un déclic, j’ai décidé de quitter mon emploi et de redevenir une mère et épouse pour ma famille. Aujourd’hui, notre rêve pour l'avenir est de retourner vivre à la campagne et d’avoir de nouveau notre ferme. Pour cela nous faisons confiance à la vie !"

    Matilde – Montevideo - Uruguay
     

    "Je suis née dans une famille d’immigré irlandais à Montevidéo la capitale de l’Uruguay. Depuis toute petite ce qui a toujours été important pour moi c'est la famille. A l'adolescence, j'avais deux grands rêves : être mère et aller en Irlande sur la terre de mes ancêtres. Il m'a fallu de nombreuses années pour réaliser ces rêves ! D'abord parce que j’ai eu beaucoup de mal à tomber enceinte. Parfois la nature n'aide pas beaucoup mais j'ai toujours su que je voulais avoir un enfant peu importe le temps que ça prendrait. J'ai donc suivi de nombreux traitements pour y arriver, ca a été un processus long et éprouvant. À un moment s'est devenu trop difficile pour moi, la préparation au traitement in vitro me faisait très mal, je prenais du poids et mon humeur changeait constamment, je me suis alors dit "ça suffit !" Avec mon mari, nous avons décidé d'entamer une procédure d'adoption. En Uruguay, ca prend environ 4 ans pour adopter un enfant. Au bout de deux ans, un ami docteur spécialisé dans la fertilisation m'a convaincue d'avoir à nouveau recours à un traitement in vitro. C'était ma dernière tentative car j'avais 40 ans et ça a été la bonne ! Quand j'ai eu ma fille je me suis sentie la personne la plus chanceuse au monde. En tout, ça m'a pris presque 7 ans pour réaliser mon rêve et même si c'était parfois difficile je n'ai jamais désespéré. Mon autre rêve a toujours été d'aller visiter l'Irlande, le pays de mes ancêtres. Lorsque j'ai eu assez d'argent j'ai décidé avec mon frère de partir un mois là-bas. Il m'a fallu attendre d’avoir 38 ans pour réaliser ce rêve, je voulais attendre le bon moment et passer du temps là-bas afin de ressentir l’âme de ce pays et retrouver mes racines. Mon rêve pour le futur est de voir ma fille grandir et être heureuse, j'aimerais beaucoup l'amener en Irlande pour qu'elle puisse elle aussi découvrir d'où elle vient."

    Solange – Montevideo - Uruguay

     

    "Je suis née en Uruguay à Montevideo, lorsque j’étais enfant mon père m’inventait toujours des contes de fées et j’adorais ça car je rêvais alors d’une vie remplie d’aventures. Quand j'avais 4 ans, mes parents ont divorcé, mon père est allé vivre à Buenos Aires en Argentine et moi je suis restée avec ma mère à Montevideo. A cette époque, il y avait une violente dictature militaire en Uruguay. Deux ans plus tard nous avons été contraints de déménager au Brésil pour ne pas être embêtés à cause des convictions politiques du nouveau mari de ma mère. J’avais 6 ans et je ne voulais absolument pas quitter l’Uruguay ! A notre arrivée au Brésil c'était très difficile pour moi car c’est un pays très différent de ce que je connaissais. J'étais timide et c'était un gros défaut pour les brésiliens car tout le monde est très avenant là-bas. Lorsque j’ai eu 15 ans, j'ai dit à ma mère que je voulais retourner vivre en Uruguay mais elle n'a pas accepté alors j’ai décidé de préparer mon propre plan d’évasion. Lors des grandes vacances d'été en Uruguay chez mes grands-parents, j’ai entamé les démarches pour m’inscrire dans une nouvelle école et je ne suis jamais retournée au Brésil.
    C’est là que j'ai découvert que j’avais un plus gros problème que prévu parce que l'Uruguay que j'avais tant rêvé était très différent de la réalité. J’étais complètement déracinée, je me suis sentie complètement perdue pendant mes années en Uruguay où j’ai étudié la mode et le design, j’avais probablement beaucoup changé en vivant au Brésil.
    Alors, mon rêve à cette époque était de trouver où je pouvais me sentir heureuse ! J'ai donc décidé d'aller découvrir le monde, j'avais 21 ans et j'ai voyagé en Europe avec l'idée de trouver ma place. J'ai passé l'été à travailler en Espagne, puis j'ai voyagé jusqu'à Londres, où j'ai trouvé ce que je voulais, des gens comme moi qui pensaient de la même façon. Mais après un an, je devais revenir parce que je n'avais pas de papiers, c'était très frustrant. Je suis complètement opposée au concept de frontières, je pense que c'est ridicule, nous sommes tous humains et nous devrions avoir le droit d’aller où bon nous semble. A mon retour en Uruguay j'ai étudié la photographie et le cinéma, puis j'ai commencé à travailler pour différentes sociétés de production publicitaire. Cela fait maintenant 20 ans que je fais ce métier, à un moment donné de ma carrière je suis retournée vivre au Brésil à Rio de Janeiro. J'ai toujours eu de nombreux rêves, je n'ai jamais eu un seul objectif dans ma vie mais j’ai toujours tâché de ne jamais oublier mes rêves car je suis convaincue que si on y croit vraiment alors ils se réalisent. Aujourd’hui, mon rêve est de quitter de nouveau l’Uruguay pour m’installer en Europe à Barcelone. Je dois le faire, j'en ai besoin pour me sentir en paix avec moi-même."

    Castro – Montevideo - Uruguay

     

    "Je suis né en 1964 à Montevideo en Uruguay, mon père était maroquinier et ma mère s’occupait de mes frères et moi. Mon rêve quand j’étais petit était de devenir footballeur professionnel. Vers 16 ans j’ai été appelé pour jouer pour la sélection nationale junior uruguayenne, c’est un souvenir fantastique ! Mais à 18 ans j’ai été contraint d’arrêter le football car ma famille n’avait pas assez d’argent et je devais travailler pour payer les factures. Je suis alors devenu chauffeur de camion et j’ai sillonné mon pays et son voisin l’Argentine. J’ai découvert la culture et l’histoire de ce pays 20 fois plus grand que l’Uruguay et j’en suis tombé amoureux. Alors comme 1,5 millions d’uruguayens sur les 3 millions que compte le pays j’ai décidé d’émigrer. Cette année, ça va faire 37 ans que je vis en Argentine et je me sens autant argentin qu’uruguayen. Je reviens régulièrement à Montevideo pour voir mes proches mais aussi pour pêcher. Désormais, je profite pleinement de la retraite. Mon rêve pour l'avenir est de vivre en paix comme je le fais aujourd’hui, je ne manque de rien, ma seule préoccupation c’est où je vais aller à la pêche demain matin."

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