• Portraits de rêveurs vietnamiens

    Mama Tsub - Sapa - Vietnam 
     

    "Je suis née en 1968 dans la communauté Hmong de Hau Thao près de Sapa, dans le Nord du Vietnam. Je suis la quatrième d'une fratrie de 9 enfants, malheureusement comme les conditions de vie dans mon village étaient très pauvres et qu'il n'y avait pas de docteur, six de mes frères et sœurs sont morts lorsque j'étais petite. Avec ma famille, nous sommes les descendants d'une longue lignée d'hommes et de femmes qui cultivent le riz dans la vallée de Muong Hoa. Durant mon enfance la vie était très dure, nous manquions de tout, je n'avais donc pas beaucoup de rêves. Il n'y avait pas d'école dans mon village alors j'ai commencé à travailler très jeune avec mes parents à la confection de nos vêtements traditionnels et dans les rizières. A cette époque, nous souffrions de beaucoup de discrimination de la part des vietnamiens. Comme nous ne parlions pas leur langue et que nous n'avions pas les mêmes vêtements, nous étions rejetés par les gens de la ville. Lorsque j'ai eu 19 ans, mon mari a demandé ma main à mes parents, il a payé deux buffles soit l'équivalent de 80 millions de dôngs à ma famille pour pouvoir se marier avec moi. Nous avons ensuite emménagé ensemble et eu nos premiers enfants. Dans les années 90, de plus en plus de touristes sont venus découvrir nos rizières et notre mode de vie. Au début je marchais à côté d'eux pour leur vendre notre artisanat, puis avec le temps j'ai appris l'anglais en parlant avec tous ceux qui le voulaient bien. Je ne sais ni lire ni écrire mais je peux maintenant échanger avec des gens du monde entier. Depuis deux ans, j'ai décidé d'accueillir des touristes dans ma maison à Hau Thao et de leur faire découvrir les alentours de la vallée. Chaque jour, je me rends dans la ville de Sapa à une quinzaine de kilomètres de Hau Thao pour proposer mes services aux voyageurs. Je n'ai jamais eu la chance de voyager en dehors de la province de Sapa mais grâce aux touristes que j'ai rencontrés, c'est comme si j'étais allée dans le monde entier. Dans notre culture, les femmes travaillent beaucoup, en plus de nous occuper de la famille, nous confectionnons les vêtements traditionnels, nous coupons du bois, nous nous occupons des plantations de riz, de maïs, de banane où encore de canne à sucre. Mon mari lui est le chaman, il soigne les petits tracas des habitants du village grâce aux herbes médicinales. Notre vie s'est considérablement améliorée au village, depuis quelques années, nous avons l'électricité et surtout une école pour les enfants. Avec mon mari nous avons eu sept enfants, ils ont aujourd’hui entre sept et vingt-sept ans. Mon fils et mes deux filles se sont mariés et je suis déjà grand-mère de cinq petit-enfants. Mon rêve pour le futur est que la condition sociale de ma famille s’améliore et que mes enfants et petits-enfants aient une belle vie."

    Lam - Sapa - Vietnam
     

    "Je m'appelle Lam, j'ai sept ans. Je suis née dans le village de Hau Thao dans la communauté Hmong Noir. J'aime beaucoup ma vie au village : aller à l'école, jouer avec mes amis, ramasser du bois et apprendre à coudre comme ma maman. Mon rêve pour le futur est de devenir maîtresse pour mon village car l'école est quelque chose de très important où je me sens bien."

    Ju - Sapa - Vietnam
     

    "Je m'appelle Ju, je viens du petit village de Hau Thao dans la province de Lao Cai. Je fais parti de la communauté Hmong qui peuple la vallée. Je vis au village avec mes parents et mes 6 frères et sœurs. Mon rêve pour le futur est de devenir footballeur professionnel."

    Mama Sésé - Sapa - Vietnam 
     

    "Je suis née dans le petit village de Hau Thao près de Sapa. J'ai grandi dans la communauté Hmong noir, une des principales minorités locales. Ma mère était très malade et elle est décédée lorsque j'avais une quinzaine d'années. Je ne sais pas exactement l'année précise à laquelle je suis née et surtout je ne veux pas le savoir ! Quand j'étais petite la vie était très rude, nous n'avions pas à manger tous les jours. Comme nous avions des vêtements distinctifs et pas de chaussures, les vietnamiens nous rejetaient. Il n'y avait pas d'école dans le village alors j'ai dû travailler très jeune. Chez les Hmong, nous vivons de la culture du riz qui nous occupe six mois par an. Le reste du temps nous confectionnons des vêtements et nous nous occupons de nos familles. J'ai quatre enfants qui aujourd'hui ont la chance d'aller à l'école du village qui est gratuite. Malheureusement cette école s'arrête à l'âge de 16 ans et nous n'avons pas les moyens de leur payer une scolarité en ville. Depuis quelques années, le tourisme s'est beaucoup développé dans la région. Beaucoup d'étrangers sont venus dans notre vallée pour voir les terraces de riz. Au début nous leur vendions notre artisanat, puis à force de marchander avec eux nous avons appris phonétiquement à parler anglais. Je ne sais ni lire ni écrire mais désormais je parle anglais ce qui me permet d'être guide et faire découvrir ma région aux touristes du monde entier. Quand je ne travaille pas à la culture du riz je me rends à Sapa en moto-taxi afin de trouver des touristes que je pourrais guider et accueillir modestement chez moi. À Sapa il y a très souvent du brouillard et on ne voit pas toujours les paysages mais comme je le dis aux touristes le plus important et que l'on se voit les uns les autres car le plus beau c'est les rencontres humaines. Dans ma culture nous vivons au jour le jour et nous n'avons pas de grands rêves pour l'avenir. Ce qui compte pour moi c'est de toujours garder le sourire et d'être heureuse quoiqu'il se passe."

    Dam - Hanoi - Vietnam 
     

    "Je suis né dans la province de Hai Duong dans le Nord du Vietnam. J'ai grandi dans une famille de fermiers dans un petit village rural. Quand j'étais enfant je rêvais de découvrir le monde car j'étais passionné de géographie. Malheureusement je n'ai jamais quitté le Vietnam car c'est un pays pauvre et ma famille n'a pas les moyens de voyager. Néanmoins, je suis incollable sur toutes les capitales et les drapeaux de chacun des 197 pays du monde. C'est une manière pour moi de vivre mon rêve d'enfant, je découvre le monde à travers ce que j'apprends dans les livres. Aujourd'hui, j'ai 27 ans, je travaille dans l'administration chez Samsung à Thai Nguyen, proche d'Hanoi. Je profite de mes vacances pour voyager à travers mon pays et découvrir ses richesses. Mon rêve pour le futur est de pouvoir un jour quitter le Vietnam et découvrir le monde."

    Jessie - Hanoi - Vietnam
     

    "Je viens de la province de Hai Duong, pas très loin de la ville de Haïphong dans le Nord du Vietnam. Quand j'étais petite je voulais devenir guide touristique car j'avais une grande passion pour le voyage. En 2005, j'ai malheureusement loupé l'examen me permettant de rentrer à l'université de langues pour réaliser mon rêve. Je suis alors allée vivre à Hanoï pour effectuer des études de comptabilité à l'université de la ville. Depuis 2010, je travaille en tant que comptable pour une entreprise vietnamienne. J'aime bien mon travail mais mon rêve pour le futur est d'ouvrir ma propre entreprise. Je ne sais pas exactement quel projet je souhaite créer mais je commence à me former sur certains sujets comme la finance pour être prête à me lancer dans les prochaines années."

    Tien - Hanoi - Vietnam
     

    "Je suis né en 1996 dans la province rurale de Thanh Hóa dans le Nord du Vietnam. J'ai grandi dans une famille d'agriculteurs. Mon rêve quand j'étais enfant était de voyager pour découvrir de nouvelles choses. J'ai toujours été un enfant curieux, en quête de découverte et de nouvelles expériences. Je rêvais dans un premier temps de découvrir mon pays puis d'aller sur d'autres continents pour voir comment les gens y vivent. Aujourd'hui, j'ai 21 ans, je suis étudiant en ingénierie à Hanoi et serai diplômé en 2019. Je n'ai jamais eu l'opportunité de voyager à l'extérieur de mon pays car cela coûte beaucoup d'argent et que notre monnaie, le dong, n'est pas très forte pour être convertie. Alors, afin d'assouvir une partie de mon rêve de voyage et ma soif de découverte, j'ai décidé d'aller directement à la rencontre des touristes qui visitent le Vietnam. Je les arrête dans la rue ou je me rends dans des clubs de langues pour pouvoir rencontrer des étrangers et échanger avec eux. Cela me permet aussi d'améliorer mon anglais et de me faire des nouveaux amis du monde entier. Mon rêve pour le futur est toujours de voyager, j'aimerais trouver à la fin de mes études un travail dans une entreprise internationale qui me permette de voir du pays."

    Ha - Hoi An - Vietnam
     

    "Je suis née en 1976 à Hoi An dans le centre du Vietnam. Je viens d'une famille très modeste, mes parents étaient agriculteurs. Quand j'étais petite je rêvais d'aller à l'école pour étudier mais malheureusement, j'ai arrêté l'école à l'âge de 10 ans pour travailler avec mes parents. À cette époque, la vie était très difficile au Vietnam car le pays était très pauvre. Je me suis mariée et j'ai eu trois enfants, une fille de 19 ans et des jumeaux de 15 ans. En 2009, à l'âge de 33 ans, j'ai finalement réalisé mon rêve d'enfant, j'ai fait une formation de massage à Danang dans une école spécialisée. Depuis bientôt 9 ans maintenant, j'ai ouvert mon propre salon de massage vietnamien et je suis très heureuse. Je fais vivre ma famille et fait travailler plusieurs personnes grâce à mon salon qui je l'espère va continuer à se développer. Mon rêve pour le futur est de gagner assez d'argent pour élever correctement mes enfants et qu'ils puissent continuer leurs études le plus longtemps possible."

    Thi Thanh - Ba Ria - Vietnam

     

    "Je suis née en 1944 à Ba Ria une petite ville du Sud du Vietnam. À cette époque la vie était très dure et ma famille était très pauvre. Nous n'avions pas d'électricité et à peine de quoi nous nourrir. Mes parents étaient agriculteurs, ils cultivaient du riz. Nous étions 5 frères et sœurs mais deux de mes sœurs sont mortes à cause des mauvaises conditions de vie et d'hygiène. Je ne suis jamais allée à l'école car je devais aider mes parents dans les champs. Quand j'étais enfant, je travaillais beaucoup et je n'avais pas de rêve en particulier. À l'âge de 20 ans ma famille a choisi mon mari. Il venait du même village que moi. Nous avons vécu plus de 52 ans ensemble et avons eu 6 enfants. Malheureusement il est décédé l'an dernier à l'âge de 74 ans. Au fil des années, nos conditions de vie se sont améliorées car nous avons travaillé durs. Mon mari travaillait dans les salines et moi dans les rizières. Dans notre culture, nous croyons aux enseignements du bouddha. Lorsque j'étais jeune je cuisinais pour les invités du grand temple du village. Depuis maintenant 10 ans je suis à la retraite et je vais chaque jour au temple pour accueillir les visiteurs. Nos cinq enfants sont désormais grands et j'ai 13 petits-enfants. Une de mes filles vit aux Etats-Unis où elle est esthéticienne. Les conditions de vie de ma famille sont bien meilleures qu'avant. Néanmoins, un de mes fils reste très pauvre, il est agriculteur. Mon rêve pour le futur est que sa vie soit meilleure et que ses enfants ne manquent de rien. Je rêve aussi de vivre en bonne santé le plus longtemps possible pour voir grandir mes petits-enfants."

    Tuan - Cat Ba - Vietnam

     

    "Je suis né en 1969 dans la ville d'Halong au Nord du Vietnam. Je suis le quatrième d'une fratrie de neuf enfants. Quand j'étais petit mon rêve était de rejoindre l'armée afin de devenir un homme respectable. À cette époque, être dans l'armée était quelque chose de très bien vu. J'ai arrêté l'école à l'âge de 16 ans et j'ai commencé à travailler pour gagner ma vie. Je n'ai jamais été appelé pour rejoindre l'armée et c'est une chance car le Vietnam a beaucoup souffert de la guerre pendant de nombreuses années. En 1988, la situation économique de mon pays était désastreuse, il n'y avait pas de travail et nous n'avions plus rien à manger. J'avais alors 19 ans, j'ai décidé de fuir pour avoir l'opportunité de me construire un avenir meilleur. Comme de nombreux vietnamiens, je suis allé à Hong Kong. Mais à mon arrivée je me suis retrouvé dans un camp de migrants duquel je n'ai jamais pu sortir, c'est là-bas que j'ai rencontré ma femme. En 1994, nous sommes rentrés au Vietnam et nous avons eu deux enfants. Nous avons alors vécu de la pêche, tous les jours nous nous rendions dans la baie d'Halong pour pêcher et nous vendions les poissons sur les marchés. En 1996, nos conditions de vie étaient toujours très difficiles alors j'ai décidé de m'enfuir à nouveau du Vietnam pour retenter ma chance à Hong Kong. Cette fois, c'est avec mon bateau de pêche que j'ai rejoins l'île qui était sous protectorat britannique. Malheureusement à mon arrivée, j'ai été renvoyé chez moi car je n'avais pas de visa. J'ai alors immédiatement retenté ma chance par la voie terrestre. Cette fois ça a fonctionné et j'ai eu la chance de trouver un travail qui m'a permis d'envoyer de l'argent à ma famille. Malheureusement sept mois plus tard, Hong Kong a été rétrocédée à la Chine par les britanniques. À ce moment, le gouvernement local a voulu faire le ménage sur l'île et tous les travailleurs illégaux ont été renvoyés dans leur pays. Pour la troisième fois de ma vie je suis rentré au Vietnam et j'ai du recommencer de zéro. Comme j'avais appris l'anglais et que le tourisme se développait dans la baie d'Halong je suis devenu guide pour les étrangers, tout en continuant mon métier de pêcheur. En 2003, j'avais économisé suffisamment d'argent pour réaliser un de mes rêves et ouvrir un restaurant de poissons sur l'île de Cat Ba. Désormais j'ai 48 ans, les conditions de vie de ma famille se sont grandement améliorées. Mon fils à la chance de pouvoir aller étudier à l'université en Corée du Sud et je suis très content pour lui. Mon rêve pour le futur est qu'il n'y ait plus de guerre et de pauvreté qui forcent les gens à immigrer. Je veux vivre paisiblement sur mon île et continuer à gagner ma vie grâce à mon restaurant dans mon pays natal sans ne plus jamais être contraint de le quitter par nécessité."

    Kim - Vung Tau - Vietnam

     

    "Je suis née en 1953 à My Tho dans le delta du Mekong. Mon rêve quand j'étais enfant était d'être une fille bien élevée et de devenir une bonne mère de famille. Je suis allée à l'école jusqu'à la fin du lycée, ensuite j'ai commencé à travailler en tant que couturière à Saigon. À cette époque le Vietnam était en guerre civile et la vie n'était pas facile. Je me suis mariée en 1977 à l'âge de 28 ans et trois ans après j'ai eu la première de mes deux enfants. Après avoir travaillée quelques années dans l'administration, j'ai ouvert mon propre petit commerce car je voulais être à mon compte. En 2009, je me suis remariée avec un vietnamien qui a vécu vingt-cinq ans en France. Nous nous sommes installés à Vung Tau, près de la mer pour profiter de notre retraite. Mon rêve de petite fille s'est réalisé : ma fille et mon fils sont désormais grands, ils ont une bonne situation et j'ai deux petits-enfants. Mon rêve pour le futur est de profiter au maximum de ma famille et d'apprendre à parler le français pour pouvoir obtenir la nationalité française comme mon mari."

    Oanh - An Binh - Vietnam

     

    "Quand j'étais enfant je rêvais de devenir maîtresse d'école mais malheureusement ma famille était trop pauvre pour cela. J'ai dû quitter l'école à l'âge de 16 ans pour travailler sur les marchés comme ma mère. Je suis née en 1966 sur l'île de An Binh qui se situe au milieu d'un des bras du Mékong près de la ville de Vinh Long dans le sud du Vietnam. Mes parents étaient fermiers, ils travaillaient dans les rizières pour nourrir leurs six enfants. Comme chaque famille dans le delta du Mekong nous vivions au rythme du fleuve. Sur notre île, durant mon enfance, la vie était très pauvre et dangereuse. Le sol était marécageux et lorsqu'il pleuvait il y avait souvent des accidents qui pouvaient coûter la vie aux enfants du village qui glissaient et se noyaient dans le Mékong. Dans les années 2000, j'ai commencé à travailler sur la terre ferme à Vinh Long dans un salon d'esthétique où je faisais des manucures. En 2010, je me suis mariée, j'ai eu ma fille unique et j'ai déménagé à Saigon, la plus grande ville du Sud du pays. Là-bas, mon mari travaillait dans le bâtiment et moi dans une école primaire où je m'occupais des enfants. En quelques sortes mon rêve d'enfance se réalisait et surtout nos conditions de vie commençaient à s'améliorer. Malheureusement en 2015, mon mari a été diagnostiqué comme souffrant d'un cancer du sang et il nous a quitté très rapidement. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée seule avec ma fille à Saigon. J'ai alors décidé de revenir sur ma petite île natale pour vivre près de ma famille. Aujourd'hui, j'ai 41 ans, je suis en train de faire construire une petite maison où nous pourrons vivre avec ma fille de sept ans. Désormais les conditions de vie à An Binh se sont grandement améliorées, il y a une école et les infrastructures sont meilleures. Mon rêve pour le futur est que ma fille puisse faire des études et avoir un bon travail."

    Thuy An - An Binh - Vietnam

     

    "Je m'appelle Thuy An j'ai 6 ans. J'habite sur l'île de An Binh qui se trouve au milieu du fleuve du Mékong dans le sud du Vietnam. Je vis avec ma maman, ma tante et son mari. Il y a deux ans mon papa est décédé, j'étais très triste mais maintenant ça va mieux. Tous les jours je vais à l'école en moto, j'aime beaucoup l'école car j'ai plein de copines. Ma matière préférée est les mathématiques. Mon rêve pour le futur est de devenir policière car je veux aider les gens et faire le bien autour de moi."

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    Cet itinéraire a été créé à l'aide du site Le planificateur de voyages